1. Ma vie d’étudiante à Arts et Métiers : Julie, en Bachelor de technologie à Bordeaux
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Ma vie d’étudiante à Arts et Métiers : Julie, en Bachelor de technologie à Bordeaux

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Julie, étudiante en Bachelor de technologie à Arts et Métiers. // © Photo fournie par le témoin
Julie, étudiante en Bachelor de technologie à Arts et Métiers. // © Photo fournie par le témoin

Étudiante sur le campus bordelais d’Arts et Métiers, Julie ne prépare pas un diplôme d’ingénieur mais un Bachelor de technologie. Cette formation, unique en son genre, permet aux bacheliers STI2D d’obtenir en 3 ans un diplôme à la fois technique et généraliste. La jeune fille, qui espère poursuivre ses études en cursus ingénieur, apprécie l’accompagnement des profs et la vie associative du campus.

À la théorie Julie a toujours préféré la technique. Au lycée, la jeune fille s'est donc orientée sans trop d'hésitations vers un bac technologique STI2D. Les matières de la filière lui plaisent : elle découvre la gestion de projet, les logiciels de modélisation 3D... et entend bien continuer d'explorer ces sujets une fois son bac en poche. "Il était donc clair que je ne poursuivrais pas en CPGE [classe préparatoire aux grandes écoles]", raconte Julie, qui aurait pu rejoindre une prépa TSI (technologie et sciences industrielles), réservée aux bacheliers technologiques.

Arts et métiers - Campus Bordeaux Talence

Après avoir regardé du côté des DUT (diplômes universitaires de technologie), la lycéenne entend parler d'une toute nouvelle formation, proposée par l'école d'ingénieurs Arts et Métiers. Réservé aux STI2D, le Bachelor de technologie est alors en plein recrutement, pour la rentrée 2015. 48 étudiants doivent être sélectionnés, la moitié sur le campus de Châlons-en-Champagne, l'autre moitié sur le campus de Bordeaux-Talence. Cela tombe bien, Julie habite Bordeaux et prépare son bac au lycée Gustave-Eiffel de la ville. "Nous nous sommes renseignés sur les inscriptions, avec plusieurs autres camarades, se souvient l'étudiante. Ce cursus répondait à mes attentes : une formation généraliste courte – de 3 ans –, associée à d'importantes périodes de stage."

L'accompagnement des profs et des élèves ingénieurs

Sélectionnée sur dossier et entretien après une inscription sur APB, Julie intègre l'école d'ingénieurs à la rentrée 2015 et fait ainsi partie de la première promotion de ce Bachelor. De son propre aveu, les premiers mois ne sont pas de tout repos. Le rythme est soutenu – 8 h-18 h, 5 jours par semaine – et les cours sont denses. "Quand on sort du lycée, on ne se connaît pas vraiment, concède l'étudiante. On ne sait pas à quel moment il faut travailler, à quel moment il vaut mieux faire une pause sous peine de perdre en efficacité... Heureusement, les profs étaient très présents pour nous accompagner dans notre travail."

En plus des cours, les élèves de première année se réunissent chaque soir pour suivre des heures d'études obligatoires. À raison de 6 heures par semaine, ils révisent ensemble, épaulés par des élèves ingénieurs de deuxième année. "Quand je parlais de mon rythme de travail à des amis inscrits en DUT, ils ne comprenaient pas : des heures d'études ? Mais pourquoi ?" rigole Julie, qui reconnaît volontiers que la densité du programme se rapproche de celle d'une CPGE.

Des stages dès la première année

Mécanique, physique, maths... Durant les 3 années d'études, la formation se veut généraliste. "Cela nous permet d'avoir une idée plus précise de ce qui nous plaît et  de ce qui nous intéresse moins, apprécie Julie. Les erreurs de parcours sont ainsi limitées."
À côté des cours magistraux, les étudiants travaillent également au sein d'"ateliers", durant lesquels ils doivent plancher en groupe sur un projet. Des sorties "out of the box" permettent aux élèves de visiter des entreprises, dans le cadre de leur cursus.

Autre moment fort de la formation : les stages. Après 1 mois de stage en première année, Julie effectue actuellement son stage de deuxième année, d'une durée de 3 mois. De quoi découvrir le monde de l'entreprise et mettre en pratique la théorie apprise en cours.

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Un Bachelor, puis un diplôme d'ingénieur

Conçu pour permettre à ses diplômés d'entrer très vite sur le marché du travail, le Bachelor permet également aux étudiants de poursuivre leurs études, en école d'ingénieurs. Julie espère ainsi intégrer le cursus ingénieurs d'Arts et Métiers. "J'ai toujours su que je voulais faire des études d'ingénieur, précise-t-elle. J'aime concevoir mais aussi et surtout gérer des équipes, organiser un projet. Pour moi, la formation ingénieur permet d'apprendre tout cela."
Si la jeune fille espère rester à Arts et Métiers, c'est qu'elle y apprécie la vie étudiante et les valeurs.

Une association pour gérer la vie étudiante

Appartenant à la première promotion "Bachelor" d'Arts et Métiers, Julie et ses 23 camarades ont dû inventer toute une vie extrascolaire, pour fédérer les troupes et tisser des liens avec les élèves ingénieurs, bien plus nombreux sur le campus. "Il existe entre nous une entente cordiale", souligne Julie.

Très attachés à l'esprit de corps, les élèves ingénieurs ont dû apprendre à "apprivoiser" ces nouveaux élèves. Pas question pour autant de proposer aux Bachelors la PTV (période de transmission des valeurs) : cette intégration, qui s'étale sur plusieurs semaines en première année de cycle ingénieurs, est un passage obligé pour tous les étudiants.

À défaut, Julie et les autres étudiants ont créé une association, qui propose des sorties, des ateliers et autres rendez-vous festifs. Le but ? "Faire en sorte que tous les étudiants se connaissent, espère l'étudiante. Et créer un véritable esprit de groupe."

Bachelor en écoles d'ingénieurs : le début d'un mouvement

Très présents en écoles de commerce, les Bachelors, qui forment les étudiants en 3 ou 4 ans, sont encore très rares en écoles d'ingénieurs. Arts et Métiers a été la première à se lancer en 2014. Après ses campus de Bordeaux-Talence et de Châlons-en-Champagne, ce cursus sera proposé aussi, dès la rentrée 2016, sur les sites d'Angers et de Cluny.

Quelques écoles, à l'image de l'ESEO ou du groupe des Écoles centrales, ont aussi annoncé le lancement d'un Bachelor. "En France, nous avons besoin d'un diplôme d'ingénieur intermédiaire, à la fois technique et généraliste, expliquait Arnaud Poitou à EducPros en septembre 2015. Il me semble important d'apprendre des écoles de commerce, qui proposent à la fois un cursus grande école et un autre, de type Bachelor. Le but n'est pas de présenter un diplôme phare et un de moindre qualité, mais au contraire deux produits différents, très qualitatifs."

Si les écoles d'ingénieurs sont encore peu nombreuses à avoir franchi le pas, toutes y pensent. La création d'un tel cursus fait consensus, mais il reste plusieurs questions fondamentales à régler, notamment le public visé par ces formations. Certains acteurs veulent viser les bacs professionnels, d'autres les bacs technologiques.