Accompagnement à l’université : à Aix-Marseille, un dispositif dédié aux étudiants de milieux défavorisés

Par Amélie Petitdemange, publié le 25 May 2020
5 min

#OUVERTURESOCIALE [Série spéciale]. Afin d’accueillir des publics plus variés à l’université et les accompagner vers la réussite, les universités créent des programmes personnalisés. L’université d’Aix-Marseille s’est focalisée sur les jeunes des quartiers prioritaires.

Aix-Marseille Université a créé le dispositif "Ascenseur social" en 2014 afin d’accompagner les élèves issus de quartiers prioritaires. Chaque année, 40 à 50 étudiants de licences scientifiques bénéficient de ce dispositif.

"Depuis plusieurs années, nous avons la volonté d’ouvrir l’enseignement supérieur aux jeunes des quartiers prioritaires. Mais cela a été la douche froide quand on a vu leur taux de réussite en 1ère année. Il était de 17%, contre 35% en moyenne. Nous n’avons pas voulu rallonger leurs études car il ont moins les possibilités financières de faire des longues études. Nous avons plutôt fait le choix d’étayer leur parcours, notamment en première année", raconte Anne Ribaud, responsable du dispositif.

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Partenariat avec des lycées

L’université Aix-Marseille est partenaire de six lycées de quartiers prioritaires. "Nous y allons pour leur présenter nos formations. Ensuite, les élèves viennent assister à des cours à l’université. Enfin, on retourne dans les établissements et on leur présente le dispositif d’aide", explique Anne Ribaud.

Les élèves intéressés peuvent alors candidater. Leurs professeurs principaux émettent un avis favorable ou pas, puis l’université regarde s’ils habitent également dans un quartier prioritaire de la ville ou s’ils sont boursiers à un échelon élevé.

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Méthodologie et soutien scolaire

Les étudiants sélectionnés font leur rentrée une semaine en avance. "On fait de la méthodologie, ils s’approprient les lieux, ils rencontrent des amis… C’est très important, sinon ils sont noyés dans la masse et n’ont pas l’impression d’être à leur place", affirme Anne Ribaud. Les élèves reçoivent aussi des conseils d’une spécialiste en neurosciences sur l’apprentissage, la prise de note ou encore la gestion du stress.

Cet accompagnement personnalisé continue pendant toute la première année. En parallèle de leur licence de sciences de la vie et de la terre, de chimie, de physique ou encore d’informatique, les étudiants ont 60 heures de cours de soutien scolaire par semestre. Ce renforcement est réalisé par les enseignants des lycées partenaires.

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Apprendre à se dépasser

Au premier semestre, 20 heures sont aussi dédiées à un module sur le dépassement de soi. "Souvent, ils ont un problème de confiance en eux et de persévérance. Ils sont accompagnés par un psychosociologue qui travaille avec des jeux qui les mettent en difficulté. Cela peut être de l’accrobranche par exemple. Pendant un de ces cours, une étudiante devait traverser une piscine sur une planche en bois et s’était mise à pleurer. En examen, elle s’était mise à pleurer de stress puis elle a repensé à ce moment. Elle s’était alors concentrée et a poursuivi son examen, pas à pas", raconte Madame Ribaud.

De l'accrobranche est prévue pour gagner de la confiance.
De l'accrobranche est prévue pour gagner de la confiance. // © Aix-Marseille université

Au deuxième semestre, ce sont des cours de français et d’expression orale qui s’ajoutent au renforcement. Les deuxième et troisième années de licence ne sont pas aussi suivies, mais les étudiants disposent d’un enseignant référent.

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Accompagner jusqu’à l’emploi

Enfin, ils sont accompagnés pour la sélection en master, dans la rédaction de leur CV et de leur lettre de motivation par exemple. La majorité des étudiants continue ses études, en master de biologie, d’informatique ou encore de SVT, ou parfois en réorientation dans une autre licence.

Pour la première fois cette année, l’université est aussi en relation avec l’association Nos quartiers ont du talent, qui les aide à intégrer le marché du travail. "L’objectif, c’est que le travail accompli pendant trois ans ne se heurte pas à la discrimination à l’embauche", souligne Anne Ribaud.

Parmi les jeunes qui bénéficient de ce dispositif, la réussite oscille entre 40 et 50% en première année. L’objectif de l’université est désormais d’étendre ce dispositif à d’autres domaines, comme l’eco-gestion, les lettres et sciences humaines, et le droit.

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