1. Affaire Fernando-Pessoa : le Clesi condamné à la fermeture
Décryptage

Affaire Fernando-Pessoa : le Clesi condamné à la fermeture

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Centre universitaire Fernando Pessoa - Site de Toulon (La Garde) // © Camille Stromboni
Centre universitaire Fernando Pessoa - Site de Toulon (La Garde) // © Camille Stromboni

Le Clesi (Centre libre d’enseignement supérieur international), lié à l’origine à l’université portugaise privée Fernando-Pessoa, doit fermer. Le Tribunal de grande instance de Toulon en a décidé ainsi. Mais la bataille juridique continue : le Clesi va faire appel. Pendant ce temps, plus de 300 étudiants sont dans l’expectative.

La justice a tranché : le Clesi (Centre libre d'enseignement supérieur international) a été condamné à la fermeture par le Tribunal de grande instance de Toulon (83), le 18 septembre 2014. S'il ne cesse pas son activité, l'établissement sera contraint de verser 100 € par jour de retard dans un délai d'un mois suivant le jugement.

Une mutation juridique

Grâce à une convention signée avec l'université portugaise privée Fernando-Pessoa, le Clesi proposait depuis 2012 des formations en santé (pharmacie, odontologie, orthophonie, kinésithérapie) payantes qui permettaient de contourner les numerus clausus. Mais en mai 2014, la fac portugaise a tourné le dos à l'établissement français et rompu la convention... Celle-ci court toutefois jusqu'en 2017. À ce jour, le Clesi n'a pas signé de nouvelle convention avec une autre université étrangère. Et n'est pas accréditée par l'État.

"Le tribunal a jugé qu'en changeant de nom notamment [le Clesi s'appelait anciennement Centre universitaire Fernando-Pessoa France, NDLR], nous avions fait une mutation juridique, nous avions créé une entité juridique nouvelle non autorisée", déclare Bruno Ravaz, le président de l'établissement. Son nom, mais aussi son objet social, ses statuts, ses dirigeants...

Le Clesi fait appel, la bataille continue

Après une longue bataille juridique de deux ans, les syndicats d'étudiants et professionnels de santé, notamment l'UJCD (Union des jeunes chirurgiens-dentistes) à l'origine de la requête, ont donc marqué un point. Mais Bruno Ravaz a annoncé qu'il faisait appel. "Je pense qu'on veut atteindre le niveau de confiance des étudiants. Pour le moment, les parents comprennent les choses", a assuré le responsable juste avant d'entrer en réunion avec des familles.

300 étudiants en attente

Que vont devenir les étudiants ? En septembre 2014, plus de 300 élèves ont fait leur rentrée à La Garde (près de Toulon) et Béziers (34). "Nous sommes allés les voir et nous leur avons expliqué pourquoi nous voulions que l'établissement soit fermé, pourquoi ils ne devaient pas rester, déclare Alexandre Hajjar, président de l'UNECD (Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire).

L'étudiant conseille aux élèves du Clesi d'intégrer plutôt une université française. Mais beaucoup ont déjà épuisé leurs chances aux concours en France... "Ils peuvent également partir dès maintenant dans une fac privée européenne. Pourquoi rester deux ans au Clesi [le nombre d'années prévues par l'établissement avant d'envoyer les étudiants finir leur formation à l'étranger, NDLR] ?", interroge-t-il, tout en admettant qu'il s'agit là d'une solution peu satisfaisante, car financièrement inéquitable.