Pour réussir ses études, peut-on se passer des groupes Facebook de classe ?

Par Marc Bonomelli, publié le 12 Septembre 2017
4 min

Les groupes Facebook se sont multipliés dans le cadre de la vie scolaire et étudiante. Échanges de cours, informations sur la vie de la classe, groupes de travail, ces communautés ont rapidement trouvé leur place. Mais si elles paraissent de plus en plus indispensables à leurs utilisateurs, attention aux dérives.

Échanges d'informations sur la vie de la classe

Un moyen de s'intégrer ?

Aussi, les étudiants esseulés peinant à s’intégrer au début de l'année scolaire ou universitaire peuvent trouver là un moyen de sociabiliser. De manière indirecte, surtout, comme en témoigne Sarah : "Les groupes ne sont pas magiques mais permettent au moins de mettre un nom sur un visage, de se mettre en groupe pour des travaux… ça peut parfois déboucher sur des amitiés. Et puis, ils servent aussi à tenir au courant des soirées étudiantes, des week-ends d'intégration, des événements des BDE et des associations".

Mattéo, en master de e-business dans une promo d'une quarantaine de personnes, va aussi dans ce sens : "Quand tu es timide, que tu n'oses pas aller vers les gens, il suffit que tu fasses un commentaire un peu marrant sur le groupe pour que tes camarades te remarquent, ça aide à se faire des potes". Une technique ne fonctionnant pas forcément dans les promos plus nombreuses, où "les conversations en ligne n'aboutissent que rarement sur des amitiés hors ligne", nuance Yaël.

Attention toutefois à ne pas confondre groupe Facebook de classe et site de rencontre. Un écart qu'ont tendance à commettre certains membres, comme le regrette Yaël : "Il y a pas mal d'étudiants, surtout des mecs, qui "stalkent" un peu ces groupes, et si ils y trouvent des filles mignonnes, ils n’hésitent pas à essayer de te retrouver dans la fac et venir vers toi ou t'envoyer un message Facebook pour te demander une info."

Des usages parfois abusifs

De même dispenser à l’échelle d’une promo des cours entiers n’est pas sans risque, et peut flirter avec l’illégalité. Étudiant en droit à Bordeaux, Eva estime que "les profs voient d’un mauvais œil que leur cours soient partagés sur Internet, parce que des personnes qui ne sont pas leurs étudiants peuvent y avoir accès". À cet égard, la loi garantit aux professeurs d’université leurs droits d’auteur sur leurs cours, y compris si ceux si sont donnés oralement. "Lors des derniers examens, raconte Clara, étudiante en droit à Assas, un professeur de l'université a menacé d'agir en justice contre les administrateurs du groupe pour non respect de ses droits d'auteurs, car ses cours avaient été diffusés sur le groupe sans son autorisation."

Enfin, les groupes Facebook peuvent, à l’instar de tout lieu social, être le théâtre de railleries, voire de harcèlements. Du moins, au collège et au lycée, comme le dénonce Elsa, lycéenne : "Les "victimes" de la classe y sont souvent critiquées". Des comportements cependant marginaux.

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