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Enquête

Jeunes diplômés, les entreprises vous attendent malgré tout en 2020 !

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Plusieurs mesures sont envisagées pour éviter un boom du chômage des jeunes diplômés cette année. // © Prostock-studio / Adobe Stock
Plusieurs mesures sont envisagées pour éviter un boom du chômage des jeunes diplômés cette année. // © Prostock-studio / Adobe Stock

Comment éviter l'apparition d'une nouvelle "génération sacrifiée" ? Grandes écoles, universités, associations d’apprentis ou représentant le secteur du conseil… Plusieurs acteurs proposent des mesures d’urgence pour éviter l’explosion du chômage des jeunes diplômés en 2020. Ils auront aussi de nouvelles cartes à jouer pour aider les entreprises à innover.

"Nos propositions doivent être envisagées comme des outils de relance économique. Nous appelons les entreprises qui le peuvent à prendre des engagements forts pour l’embauche des jeunes", explique Jacques Fayolle, directeur de Télécom Saint-Etienne et président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi). "Nous lançons aussi un appel aux pouvoirs publics à prendre des mesures comme l’exonération totale de charges patronales et salariales pour l’embauche en CDI des jeunes diplômés, ou l’aide à la recherche du premier emploi."

700.000 nouveaux diplômés attendus sur le marché du travail en 2020

Pas loin de 700.000 jeunes diplômés pourraient faire cette année leur entrée dans la vie active. Pour éviter que la promotion 2020 des jeunes diplômés ne soit "sacrifiée" sur l’autel de la récession économique, plusieurs instances plaident auprès des pouvoirs publics pour des mesures temporaires destinées à faciliter leur insertion professionnelle.

Le 16 avril dernier, la Cdefi, la Conférence des grandes écoles (CGE), la Conférence des présidents d’université (CPU), l’organisation professionnelle Syntec, la fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises (FNEGE) ou l’association nationale des apprentis de France (ANAF) ont proposé cinq mesures d’urgence. Mais cet appel veut éviter d’être trop alarmiste.

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Ne pas geler les embauches pour encourager le rebond

"Ce n’est pas le moment pour les entreprises de se replier sur elles-mêmes, de faire une pause en attendant de voir l’an prochain ou l'année suivante", estime Laurent Champaney, directeur général d’Arts et Métiers et vice-président du chapitre des écoles de management de la CGE. "C’est vraiment le moment de privilégier les jeunes et de les mettre dans l’emploi tout de suite. Le rebond, le dégel, ne se fera pas en gelant toutes les embauches ! Les entreprises auront d’autant plus besoin des jeunes diplômés qu’ils sauront surfer sur la vague et transformer l’emploi avec tout ce qu’a amené le confinement en termes de moyens de communication et d’organisation du travail à distance."

Comme lui, d’autres responsables de grandes écoles font valoir qu’avant la crise du Covid-19, beaucoup d’entreprises s’arrachaient habituellement leurs diplômés et peinaient même à les recruter : geler toutes les embauches d’un coup en 2020, voire 2021, serait catastrophique pour les faire revenir.

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Une génération de diplômés vitale pour innover et affronter les enjeux globaux

Outre le maintien du lien de confiance avec les jeunes diplômés, les entreprises ont besoin des jeunes générations, de leurs idées nouvelles, pour faire face aux enjeux globaux de développement durable, de changement climatique, de transition écologique. "Les entreprises vont vraiment avoir besoin des jeunes pour basculer sur des systèmes de fonctionnement différents", ajoute Laurent Champaney.

Et de citer l’exemple de grandes entreprises qui produisent de l’acier ou du ciment et qui font face à des enjeux environnementaux très forts : "Elles sentent bien, malgré cette période, que sans embaucher de jeunes diplômés, elles n’arriveront pas à relever ces défis. Ce ne sont pas les anciens qui pourront faire évoluer les choses. Elles ont besoin de jeunes pour mettre en œuvre des idées nouvelles et ne veulent pas rater le coche".

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Sauver l’apprentissage : des aides aux entreprises pour des embauches à tous les niveaux de formation

Alors que le nombre d’apprentis n'a jamais été aussi élevé en 2019 (près de 500.000), l’année 2020 pourrait stopper net la dynamique. "L’apprentissage est très sensible à la conjoncture économique : il faut être indulgent cette année avec les employeurs d’apprentis", plaide Aurélien Cadiou, président de l’ANAF. "C’est pourquoi nous demandons d’élargir l’éligibilité à l’aide au recrutement d’apprentis. Jusqu’ici, cette aide est limitée aux entreprises de moins de 250 salariés et aux apprentis qui préparent un diplôme à niveau bac ou infra bac. Facilitons l’embauche d’apprentis au moins à la rentrée : rendons tous les employeurs éligibles à l’aide, quel que soit le diplôme préparé et la taille de l’entreprise d'accueil", préconise le représentant des apprentis.

"Au même titre que les jeunes diplômés, les apprentis recrutés en cette période peuvent être des outils de relance économique", veut croire Jacques Fayolle. L’économie, c’est 50% de psychologie. Inutile de rajouter du stress à un climat principalement anxiogène. La situation de l’emploi est grave ? Raison de plus pour faire preuve d’un optimisme de combat !

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5 mesures d'exception envisagées pour faciliter l’entrée des jeunes diplômes sur le marché du travail en 2020
La CPU, la CGE, la Cdefi, Syntec Conseil, l'ANAF et la FNEGE ont proposé 5 mesures exceptionnelles pour faciliter la transition entre la fin des études et l'entrée dans la vie active.

1– Exonérer totalement de charges patronales et salariales les salaires pour l’embauche en CDI des jeunes diplômés.

2– Augmenter l'aide aux employeurs d'apprentis et la rendre éligible à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, et pour tous les niveaux de qualification (en rouvrant notamment la possibilité de l’aide unique à l’embauche pour un contrat d’apprentissage dans le supérieur).

3– Donner aux entreprises la possibilité de prolonger pour une période équivalente à la durée du confinement les conventions de stage en cours avant la remise du diplôme (parties intrinsèques des formations).

4– Restaurer l’aide à la recherche du premier emploi (ARE) pour les jeunes disposant de faibles ressources.

5– Demander aux banques un report général des premières mensualités de remboursement des prêts étudiants tant que les étudiants concernés n’auront pas trouvé de premier emploi.