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Enquête

5 compétences à cultiver en confinement selon les astronautes de la Nasa

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Anne C. McClain (au premier rang à gauche) et les astronautes de la Nasa préconisent de cultiver 5 compétences clés en situation de confinement. // © NASA
Anne C. McClain (au premier rang à gauche) et les astronautes de la Nasa préconisent de cultiver 5 compétences clés en situation de confinement. // © NASA

Communication, adaptabilité, travail en équipe... Les astronautes de la Nasa dévoilent les compétences qui leur sont nécessaires lors d'un confinement prolongé dans l'habitacle exigu d'une station spatiale. Découvrez les 5 compétences douces, ces fameuses "soft skills", que vous déployez pendant le confinement lié à l'épidémie de coronavirus et que vous pourrez mettre en avant auprès des recruteurs afin de faire la différence pour décrocher un poste.

"S’il y a une chose pour laquelle les astronautes sont doués, c’est vivre dans un espace confiné durant une longue période de temps !", confie Anne McClain. Cette astronaute américaine de 40 ans s’est envolée en décembre 2018 pour effectuer une mission à bord de l’ISS, la station spatiale internationale. Elle n'est revenue sur Terre qu'en juin 2019.

Alors que le confinement est actuellement imposé à plus de la moitié de la planète, Anne McClain et trois autres astronautes de la Nasa ont livré leurs secrets pour vivre et travailler enfermé avec d’autres personnes dans l’étroit habitacle d’une cabine spatiale. Cela vous rappelle quelque chose ? Découvrez les 5 compétences clés qui sont mobilisées et doivent être cultivées lorsqu'on s'embarque pour une longue expédition de confinement.

1. Savoir communiquer

Que vous soyez confiné chez vous ou dans une cabine spatiale, la communication est une compétence clé à maîtriser. Vous devez savoir vous exprimer de manière à être clairement compris par vos différents interlocuteurs. Bien communiquer en atmosphère close implique d’avoir une écoute active, de repérer les indices non verbaux, d’identifier les éventuels conflits, d’en discuter et de travailler à les résoudre.

"Pratiquer une bonne communication exige de partager l’information et de pouvoir exprimer librement ses sentiments", observe Anne McClain. Il est important aussi de parler de ses intentions avant de passer à l’action (dire ce qu’on va faire), puis, une fois les mesures prises, discuter de ce qui n’a pas marché quand elles ne donnent pas les résultats attendus. "Prenez le temps de débriefer après un succès, un échec ou un conflit", conseillent les astronautes de la Nasa. Une bonne communication passe aussi par la répétition des messages pour s’assurer qu’ils sont compris de tous et savoir admettre quant on s’est trompé !

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2. Savoir travailler en groupe

Que vous soyez le leader ou le subordonné, vous avez votre rôle à jouer dans une équipe pour vous adapter à des situations très changeantes. Selon les astronautes de la Nasa, le rôle du leader sera de tout faire pour améliorer la capacité du groupe à atteindre son objectif en exerçant sur lui une influence positive.

"Le leader doit diriger, par l’exemple. Donner une direction, de l’information, du feedback, de l’accompagnement (coaching) et des encouragements", conseille Anne McClain. Il doit également s’assurer que ses équipes ont les ressources pour mener à bien la mission qui leur est assignée. Le rôle du subordonné est de contribuer activement à aller dans la direction tracée par le leader. Il ne faut pas hésiter à poser des questions et parler quand quelque chose ne va pas. Mais attention, il faut aussi proposer des solutions pas se contenter de pointer les problèmes.

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3. Savoir prendre soin de soi

Depuis le début du confinement, c’est la phrase la plus employée dans les échanges professionnels : prenez soin de vous ! "Prendre soin de soi signifie surveiller son état de santé sur les plans physiologique et psychologique", explique Anne McClain. Dans le détail, vous devez surveiller, outre votre hygiène de vie, votre gestion du temps, votre temps de sommeil et le maintien de votre forme et de votre (bonne) humeur.

Savoir prendre soin de soi est une compétence clé qui prouve votre capacité et votre dynamisme à vous maintenir en bonne santé. Bien prendre soin de soi exige aussi de se connaitre et de bien évaluer ses forces et faiblesses et l’impact qu’elles peuvent avoir sur le reste du groupe. Savoir se gérer soi-même exige encore d’être à l’écoute de ses émotions. "Vous devez agir pour atténuer votre propre stress ou négativité et ne pas le transmettre au reste du groupe", préconise l’astronaute de la Nasa qui conseille encore de ne pas s’isoler. Au total, vous devez trouver l’équilibre entre le travail, le repos et du temps pour soi. Cultivez votre sens de l’organisation pour trouver le bon équilibre.

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4. Savoir prendre soin de l’équipe

Après le devoir d’égoïsme (savoir prendre soin de soi), le souci des autres ! L’exercice exige de savoir se décentrer pour surveiller le bien-être de tout le groupe sur les plans physique, psychologique et logistique. L’état de forme du groupe, comme celui de l’individu, est influencé par le stress, la fatigue, la maladie, la charge de travail ou les questions matérielles et d’intendance. Tout l’enjeu va être d’entretenir une performance optimale de l’équipe en dépit des difficultés rencontrées.

Concrètement, comment prendre soin de l’équipe ? "Faites preuve de patience et de respect de l’autre", conseillent les astronautes de la Nasa. Autres recommandations : restez vigilants face aux éventuels signes de stress ou de fatigue des autres membres de l’équipe, cultivez des relations positives par exemple en encourageant les personnes. Proposez votre aide (et sachez accepter celle d’autrui) et pourquoi pas vous porter volontaire pour les tâches ingrates !

5. Savoir vivre en collectivité

Cette compétence découle de la précédente. Il s’agit pour chaque personne de coopérer avec les autres pour former une équipe et atteindre un but commun. Elle implique de composer avec des personnalités, des opinions, des cultures, des compétences et des perceptions différentes.

Le secret du savoir vivre en groupe ? "La coopération plutôt que la compétition", assure Anne McClain. "Il faut cultiver activement la culture de groupe en utilisant la culture de chaque individu pour bâtir celle de l’ensemble". Un préalable : respecter les rôles, les responsabilités et la charge de travail de chacun. Toujours pour améliorer la cohésion d’équipe, pensez à faire des compliments, restez calme en cas de conflit… Bref, travaillez inlassablement à préserver une attitude positive au sein de toute l’équipe.

3 questions à Rikke Smedebol, responsable projets, employabilité et ingénierie pédagogique à Grenoble Ecole de Management :

La situation de confinement génère de la frustration, de la pression, du stress. Peut-on néanmoins tirer profit de cette période pour développer des compétences particulières ?
Oui. Cette situation de confinement est l’occasion de développer des compétences d’adaptabilité, de prise de recul et de gestion du stress. Ces trois compétences sont particulièrement importantes pour soigner son employabilité. Elles sont généralement demandées par les recruteurs. Les étudiants peuvent démontrer qu’ils ont pu s’adapter efficacement à la situation inattendue créée par l’épidémie et prendre du recul pour en tirer des leçons pour avancer dans la vie.

S’agissant de la gestion du stress, peut-on s’en servir utilement ?
Certains étudiants ont été bloqués, voire paniqués par le stress au départ. C’est normal qu’on se sente bloqué ou perdu, mais beaucoup peuvent se relever et faire preuve de résilience, c’est-à-dire de cette capacité à surmonter les difficultés et en ressortir plus fort. La plupart d‘entre eux, avec le temps, ont su surmonter leur stress et le gérer efficacement. Par exemple en profitant du temps dégagé par le confinement pour apprendre de nouvelles choses, ou même juste pour réfléchir à soi et à sa situation pour en ressortir "plus fort", même si je n’aime pas l’expression, mais disons avec une sagesse autre qu’avant.

La situation inédite créé par le confinement fournit aussi un cas d'école grandeur nature pour apprendre à gérer les imprévus…
Oui, savoir gérer l’incertitude et les imprévus est une compétence très utile. Devoir prendre des décisions en période d’incertitude ou d’imprévus est une situation que l'on retrouve fréquemment en entreprise. Avec le confinement, les étudiants ont été confrontés à l’imprévu au départ, mais aussi au quotidien. Ils ont dû apprendre à vivre dans l’incertitude : comment cela va-t-il se passer pour les examens, pour mon diplôme, mon stage ? En entreprise aussi, tout n’est pas prévu, et je serai obligé de l’accepter et de continuer à avancer. Par exemple, mes étudiants en gestion de projet ont su s’adapter : ils avaient prévu d'organiser un événement qui a dû être annulé. Sans renoncer au projet, ils ont appris à modifier leurs livrables. Ils ont même su, pour certains d'entre eux, développer à cette occasion une certaine créativité pour proposer d’autres choses et innover.