Quels débouchés professionnels et quels salaires après des études de psychologie ?

Par Etienne Gless, publié le 25 Mars 2021
6 min

INFOGRAPHIE. Taux d'emploi, secteurs d'activité, salaires... Découvrez les conditions d'emploi des diplômés en psychologie et les débouchés professionnels auxquels mènent ces études très prisées.

"L'insertion professionnelle des diplômés en psychologie n'est pas si catastrophique qu'on le dit !", sourit Benoît Schneider, professeur émérite à l'université de Nancy et vice-président de la FFPP (Fédération française des psychologues et de psychologie). "Contrairement à une idée répandue, la psychologie n’est pas si mal lotie comparée à bien d'autres professions qui sortent des facs de sciences humaines. Les taux d’insertion y sont corrects, même si c’est lent".

Le nombre de psychologues en hausse de près de 33% sur quatre ans

La France comptait 56.000 psychologues enregistrés en 2016. Ils sont désormais 74.000 en 2020, soit une hausse de près de 33% en quatre ans. Le nombre de praticiens augmente donc fortement et ce n'est pas fini ! Filière très demandée à l'université, la licence de psychologie enregistre de nombreuses candidatures chaque année sur Parcoursup.

Mais rassurez-vous : la filière n'est pas bouchée, elle fournit du travail. Pour celles et ceux qui vont jusqu'au bout et obtiennent un master en psychologie, vous n'aurez pas de problème pour trouver un emploi. Même si votre insertion sera peut-être plus lente et laborieuse que pour d'autres professions.

Neuf diplômés sur dix en emploi après 18 mois

Ainsi, 18 mois après l’obtention de leur master, les diplômés de 2017 étaient 90% en emploi. À 30 mois, ils étaient 94% à travailler, selon les données du ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation (Mesri). Très largement (95%) les diplômés occupaient aussi des postes de cadres ou de professions intermédiaires.

Près d'un emploi sur deux en contrat précaire en début de carrière

En revanche, les conditions d'insertion s'avèrent plus difficiles que pour l'ensemble des bac+5 : 18 mois après l'obtention du diplôme, seuls 53% des titulaires d'un master en psychologie occupent un emploi stable (CDI, fonctionnaire titularisé), 47% doivent se contenter d'un contrat précaire (CDD). À 30 mois, ce sont cette fois les deux tiers (67%) des diplômés qui occupent un emploi stable.

Autre bémol : l'importance des emplois à temps partiel dans la profession. "La psychologie est beaucoup plus touchée par le temps partiel que d’autres professions", souligne Benoît Schneider. Ainsi, un an et demi après la fin de leurs études, moins de deux diplômés sur trois (64%) occupent un poste à temps plein. À 30 mois, ils sont 71% à travailler à temps plein mais encore 29% à temps partiel.

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Établissements de santé et cabinets libéraux : plus gros pourvoyeurs d'emplois

Plus du quart des psychologues (25,7%) exercent dans des hôpitaux et autres établissements de santé, qu'ils soient publics, privés à intérêt public ou privés lucratifs. Plus d'un quart (26,5%) des praticiens travaillent également en libéral, que ce soit en cabinet individuel ou en cabinet de groupe.

Autre grand débouché, les services et établissements sociaux, médico-sociaux et éducatifs dans lesquels travaillent 17% des psychologues : ils exercent dans des établissements pour personnes âgées, pour personnes handicapées ou encore dans des institutions dédiées à la protection de l'enfance.

Même si la crise sanitaire a révélé la détresse psychique à l'œuvre chez de nombreux élèves et étudiants, les établissements scolaires et universitaires n'accueillent que 6,6% des psychologues en exercice. La fonction publique d'État (ministères, services déconcentrés…) ou territoriale (mairies, départements, régions…) en emploie davantage : 8,8%. Par contre, le secteur des entreprises privées offre des débouchés limités : un petit millier seulement de psychologues en France est en poste, soit 1,6% des praticiens.

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Salaires : corrects mais avec des perspectives d'évolution limitées

En début de carrière, le salaire brut annuel estimé varie de 26.300 euros (18 mois après l'obtention du diplôme) à 27.800 euros (30 mois). Une lecture rapide de la grille des rémunérations peut laisser paraitre des montants tout à fait honorables. Pour les diplômés de 2017, le salaire net mensuel médian s'élevait à 1.680 euros un an et demi après l'obtention du diplôme : la moitié gagnait moins, la moitié plus. 30 mois après, le salaire médian grimpait de 100 euros, à 1.780 euros net par mois.

Mais une lecture plus approfondie amène à nuancer les montants. En effet, ces salaires concernent les rémunérations pour un emploi à temps plein, dans une profession où les postes à temps partiel conservent une part importante. De nombreux praticiens cumulent en fait un temps partiel comme salarié tout en exerçant une autre partie du temps en libéral. "5% des psychologues salariés hospitaliers du secteur public et 12% des salariés hospitaliers du secteur privé déclarent ainsi une activité mixte", précise Benoît Schneider.

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L'essor des maisons de santé booste l'exercice en libéral

"L'exercice en libéral va continuer à prendre de l'essor, porté par le développement des maisons de santé qui accueillent plusieurs professionnels de santé sous le même toit", ajoute Benoît Schneider, le vice-président de la FFPP. Actuellement, 1.617 maisons de santé fonctionnement et 450 sont en cours de création. Le besoin de soulager la souffrance psychique étant éternel, vous ne manquerez jamais de travail en embrassant cette profession.

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