Mutuelle étudiante : comment ça marche ?

Par Oriane Raffin, publié le 24 Septembre 2020
4 min

En complément de la Sécurité sociale, les mutuelles remboursent une grande partie des dépenses de santé. Et mènent - entre autres - des actions de prévention. Est-on obligé d'y souscrire ? Comment choisir ? Nos explications et conseils pour y voir clair.

Organisme à but non lucratif, une mutuelle mène des actions de prévoyance et de solidarité autour de la santé. Concrètement, chaque adhérent verse une cotisation au pot commun. Quand il engage une dépense de santé, l’organisme complète la prise en charge de la sécurité sociale.

Est-on obligé de souscrire à une mutuelle ?

Non. Mais, la Sécurité sociale ne prend en charge qu’environ 70% des dépenses (même moins en cas de dépassement d’honoraires). La mutuelle complète le remboursement. "Les étudiants s’estiment souvent en bonne santé, explique Marianne Bye, experte santé à la Direction de la santé de la Mutualité Française. Mais une mutuelle permet de s’assurer contre un aléa, un gros coup dur comme une hospitalisation." Car là, le montant non remboursé par la Sécurité sociale augmente vite ! Une simple appendicite, par exemple, grèvera lourdement le budget…

Avoir une mutuelle, c’est également un moyen de se soucier de sa santé. "On observe que les étudiants ont tendance à mettre ces questions de côté. C’est une erreur : il faut s’en soucier dès le début, car les bonnes habitudes nous suivent", appuie Abdoulaye Diarra, président de la LMDE, une des mutuelles étudiantes.

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Comment choisir sa mutuelle ?

Dans de nombreux cas, celle des parents peut continuer à prendre en charge les enfants majeurs. "Les offres de ces mutuelles ne sont pas toujours adaptées aux besoins spécifiques des étudiants", prévient cependant Abdoulaye Diarra. Un étudiant aura par exemple moins de risque de se voir détecter un cancer colorectal que la population en général, mais en revanche, les besoins de suivi psychologique sont plus souvent nécessaires, "dans une tranche d’âge où le mal-être est particulièrement important". Des données intégrées dans les offres des mutuelles spécialisées.

"Nos gammes sont conçues par des étudiants, pour des étudiants", confirme Pierre Faivre, porteparole d’HEYME, autre mutuelle étudiante. Contraception, protections hygiéniques, rendez-vous chez le psychologue : des forfaits adaptés sont proposés. "Et puis si on dépend de la mutuelle parentale, on manque d’autonomie. Ce sont eux qui vont recevoir les relevés, avec le détail de nos consultations… on n’a pas toujours envie que les parents soient au courant !", souligne Pierre Faivre.

Les principales mutuelles généralistes proposent aussi des offres spécifiques à destination des jeunes. Il y a donc l’embarras du choix.

Comment s’y retrouver dans les différents contrats ?

"Il va falloir identifier ses besoins. Si on part à l’étranger, si on porte des lunettes, etc.", détaille Abdoulaye Diarra. Sur les campus, des conseillers peuvent aider à faire le point. Tout comme les sites Internet des mutuelles, qui poseront les bonnes questions. Comptez entre 5 et 40 euros de cotisation par mois selon les options.

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Quelles aides pour les étudiants ayant de faibles ressources ?

Les principales mutuelles ont développé des offres basiques, pour les soins principaux pour environ 5 euros par mois. Pour ceux qui ont de grosses difficultés, une autre solution existe : "Quand un étudiant autonome dispose de ressources très basses, il peut, comme tout un chacun, accéder, sous condition de ressources, à la CSS (la Complémentaire santé solidaire)", explique Marianne Bye. "Une personne seule, gagnant moins de 753 euros par mois, pourra ainsi bénéficier d’une complémentaire gratuite." Pour ceux gagnant entre 753 et 1.116 euros, la CSS offre une complémentaire à tarif adapté, en fonction de l'âge, dans les 8 euros par mois environ.

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