Grève massive dans l’éducation nationale pour dénoncer la gestion de la crise sanitaire

Par Clément Rocher, publié le 13 Janvier 2022
4 min

Partout en France, enseignants, personnels de direction, assistantes sociales, parents d'élèves et lycéens, sont descendus dans les rues, ce jeudi, pour manifester leur mécontentement face à une stratégie de lutte contre l'épidémie jugée chaotique du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

Le slogan "Blanquer Démission" résonne dans les rues de la capitale. Un mouvement de grève dénonçant la gestion de la crise sanitaire par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, se tient ce jeudi 13 janvier à Paris et dans le reste de la France. Enseignants, personnels de direction, assistantes sociales, infirmières, AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap), parents d'élèves, lycéens dénoncent notamment la valse des protocoles successifs par le ministre.

Une mobilisation contre la gestion de la crise sanitaire

En effet, depuis la rentrée du 3 janvier, le protocole sanitaire a subi plusieurs modifications. Une professeure, membre du syndicat SNUIpp-FSU, ne décolère pas face à cette désorganisation. "Il est impossible d'appliquer correctement le protocole sanitaire. C'est une marque d'irrespect de la part de notre hiérarchie. Mais c'est aussi de la maltraitance pour les enfants, les enseignants et les parents." Si elle défile aujourd'hui, c'est pour réclamer la fermeture d'une classe pendant une semaine lorsqu'un élève est déclaré positif au Covid-19.

"Des masques, du gel, des remplaçants. On veut enseigner et être protégés", peut-on entendre dans le cortège du syndicat Snudi-FO. Dans les mégaphones, beaucoup de syndicats réclament des moyens matériels tels que des purificateurs d'air ou des capteurs de CO2 afin d'appliquer le protocole sanitaire.

Les personnels de vie scolaire sont également mobilisés. "Il y a un énorme manque de communication et d'organisation dans la gestion de la vie scolaire. Nous avons eu des cas positifs au Covid-19 parmi les assistants d'éducation et ils ne sont pas remplacés. Nous demandons au ministre qu'il vienne travailler avec nous le temps d'une journée pour se rendre compte de la situation", explique une CPE (conseillère principale d'éducation).

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Un mouvement soutenu par les parents

Marseille, Rennes, Nantes, Lyon, Lille… Partout en France, la participation à cette journée d'action a été forte. Si le ministère de l'Education nationale a annoncé 38,5% d'enseignants grévistes dans les écoles. Le premier syndicat d'enseignants du premier degré, le SNUipp-FSU, évoque quant à lui 75% de grévistes.

Une fois n'est pas coutume, le mouvement, initié par les syndicats enseignants a reçu un large soutien, au-delà des professionnels de l’éducation. À commencer par les parents. La FCPE, la plus grande organisation de parents d’élèves, a par exemple signé l'appel à la grève.

Parmi les manifestants, une parent d'élève, furieuse, demande la démission du ministre de l’Éducation nationale. "Je suis très remontée contre la politique de notre ministre. La situation dans nos écoles est inadmissible aujourd'hui." Louis est élève de terminale au lycée Diderot dans le XIXe arrondissement de Paris. Il a également voulu apporter son soutien à la manifestation. "Il y a beaucoup de cas positifs dans mon lycée. On manque de purificateurs d'air. Je comprends totalement cette mobilisation."

Dans une volonté d'apaiser les tensions, le Premier ministre, Jean Castex, recevra les organisations syndicales représentant les personnels de l'éducation nationale en fin d'après-midi. Cette rencontre se déroulera en présence de Jean-Michel Blanquer et du ministre de la Santé, Olivier Véran, connecté en visioconférence après son test positif au Covid.

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