Trophée de l’apprentissage : rencontre avec Alexandre Gayet, plus jeune lauréat national

Par Florian Dacheux, publié le 19 Juillet 2021
4 min

À seulement 15 ans au moment du concours, Alexandre Gayet est le plus jeune lauréat national du Trophée de l’apprentissage. Meilleur apprenti de France en tant que crémier-fromager, il cultive un vrai savoir-faire et une passion pour le terroir.

L’émotion était palpable au soir du 21 juin dernier au Théâtre du Chatelet à Paris (75). Rejoint sur scène par son formateur Bernard Mure-Ravaud, Alexandre Gayet, 16 ans, vient de remporter le trophée du Meilleur apprenti de France 2020 (MAF) en tant que crémier-fromager.

À seulement 15 ans au moment du concours, cet Isérois est le plus jeune lauréat national. Pourtant, rien n’était gagné d’avance. "Au collège, j’avais des notes plutôt correctes mais j’ai refusé de m’orienter en voie général, confie ce fils d’agriculteurs. Selon mes professeurs, l’apprentissage, c’était presque une voie de garage, alors que je savais précisément ce que je voulais faire. Mes vœux, en fin de 3e, ont été refusés, mais j’ai finalement réussi à trouver ma voie."

Du CAP au BTS

Alexandre au côté de son formateur Bernard Mure-Ravaud.
Alexandre au côté de son formateur Bernard Mure-Ravaud. // © Société Nationale MOF

Contre l’avis incompréhensible de ses professeurs, Alexandre fait ses valises pour l’École Nationale des Industries du Lait et des Viandes à Pont-de-Claix (38). Inscrit en CAP crémier-fromager, il se forme alors au côté de Bernard Mure-Ravaud de la fromagerie Les Alpages à Grenoble (38) où il avait déjà effectué son stage de 3e.

"C’est quelqu’un d’hyper important pour moi. Il m’a donné ma chance alors qu’il n’avait aucune idée de ce que je pouvais valoir sur le long terme. C’est quelqu’un de très exigeant. S’il voit qu’on se donne du mal pour s’améliorer, il donne beaucoup en retour."

À la fois déterminé et ambitieux, Alexandre est désormais engagé dans un bac professionnel commerce. Attaché à croiser ses compétences pour aller au bout de ses projets, il se dirige vers un BTS gestion management.

"Au fond de moi, je crois que je fais cela car j’aime valoriser les petits producteurs. Ce sont des façons de travailler qui sont en train de se perdre. L’affinage, la production, ça me parle. On participe d’une certaine manière à remettre en avant le terroir français. Face aux formages industriels sans goût, on donne accès à des fromages plus qualitatifs pas forcément plus chers. Tout en remettant les éleveurs à leur juste place."

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Le titre MAF, un passeport pour l’emploi

// © Société Nationale MOF

Véritable passeport pour l’emploi, son obtention du titre de MAF l’aidera sans doute à se distinguer peu à peu sur le marché du travail. Désireux d’ouvrir à moyen terme sa propre boutique, il compte d’ores et déjà s’inscrire au concours de Meilleur ouvrier de France accessible dès l’âge de 22 ans.

"J’espère ouvrir la voie à plein d’autres apprentis. C’est sûr que ce type de concours apporte de la visibilité. Désormais, mon titre est inscrit sur ma veste de travail, ça fait plaisir. Ce type d’études est selon moi trop dénigré. J’ai fait ce choix par passion. Et je peux vous dire qu’on peut extrêmement bien réussir sa vie en choisissant l’apprentissage."

Son rêve ultime ? Ouvrir un bistrot dédié aux accords mets et vins, à base de Beaufort des Alpes, du Bleu du Vercors-Sassenage, du Picodon de la Drôme et autres chèvres crémeux de Rony.

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