Jeux vidéo : des métiers aussi pour les filles

Par Raphaëlle Orenbuch, mis à jour le 22 Novembre 2022
4 min

En 2021, le secteur du jeu vidéo a créé entre 1.000 et 1.500 emplois en France. Malgré une dynamique récente vers la parité, la place des femmes dans ces métiers techniques reste faible.

Les jeux vidéo connaissent chaque année un nombre d’adeptes croissant. Et contrairement aux idées reçues, les joueuses sont quasiment aussi nombreuses que les joueurs : chez les 16–24 ans, 91% des hommes déclarent jouer aux jeux vidéo contre 86% de femmes.

Peu de femmes dans le secteur

Pourtant, dans l’industrie du jeu vidéo, c’est une toute autre réalité. Selon le baromètre du SNJV, on comptait en 2021 seulement 22% de femmes dans les studios de développement, et 26% dans les écoles qui forment à ces métiers. "De manière générale, les filles sont moins poussées vers des carrières techniques que les garçons", analyse Harmonie Freyburger, vice-présidente de l’association Women in Games.

L’éducation genrée, dès l’enfance, est aussi pointée du doigt. "Que ce soit à la maison ou à l’école, les filles sont encore très peu sensibilisées aux jeux vidéo", explique Pauline Gomy, responsable de la licence informatique parcours jeux vidéo du Cnam-Enjmin, l’école publique du jeu vidéo à Angoulême (16). Dans cette licence, on compte sept filles pour 78 étudiants sur les trois années confondues.

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Programmeur, un métier très peu féminisé

Mais cette faible mixité cache une autre réalité : celle de l’immense diversité de cette industrie. Il existe en effet une cinquantaine de métiers différents dans le secteur du jeu vidéo. Et certains attirent le public féminin plus que d’autres. "Ce sont souvent des profils moins typiques et plus artistiques, les filles vont davantage se diriger vers le game design ou le narrative design", explique Pauline Gomy.

Le métier phare de programmeur est donc peu plébiscité par les filles. Elles représentent seulement 6% des employés dans la programmation contre près de 20% dans la direction artistique.

Marion Saouter, diplômée du master jeux et médias interactifs numériques de l’Enjmin en 2021, a fait le choix de s’orienter vers la programmation. "Il faut passer outre les réflexions qui disent que ce métier n’est pas fait pour les filles : c’est faux, tout le monde peut faire de la programmation", insiste la jeune femme qui travaille aujourd’hui chez Kalank, un petit studio de développement qui emploie une quinzaine de personnes.

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Une dynamique en faveur de la mixité

Pour encourager les filles à s’orienter vers ces filières, de nombreuses initiatives sont mises en place ces dernières années. "Dans notre manière de recruter les étudiants, on essaye de prendre en compte d’autres critères que les compétences en code, comme les interactions sociales ou encore la rigueur", explique Pauline Gomy qui a vu le nombre de candidatures féminines considérablement augmenter ces dernières années.

L’association Women in Games multiplie aussi les actions pour sensibiliser les filles à ces métiers, notamment en intervenant dans les établissements scolaires et les médiathèques. Autre action phare de la structure : la mise en avant de "role models", de femmes inspirantes qui travaillent dans le jeu vidéo, sur des plateformes comme Twitch. L’association a également créé un Discord sur ces questions d’orientation qui regroupe près de 2.500 personnes du milieu.

L'association est aussi active auprès des salariés. "Les problématiques de harcèlement et de rémunération sont bien réelles", regrette Harmonie Freyburger. En France, on estime que plus d’un tiers des femmes qui travaillent dans la tech quittent leur poste avant d'atteindre cinq ans d’ancienneté. Cela n'empêche pas la dynamique d'être enclenchée : les femmes représentaient 14% de l’industrie en 2014 contre 22% en 2021.

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