DOSSIER : OPTER POUR UN MBA

Formation en gestion et management, le MBA (Master of Business Administration) est un diplôme de niveau bac+5. Conçu initialement pour booster la carrière des cadres et accélérer les reconversions professionnelles, certains sont ouverts à de jeunes diplômés.

Se lancer dans un MBA : utile pour qui ?

Aux États-Unis, c’est la formation phare des business schools, le sésame pour grimper dans les organigrammes des grosses entreprises. En France, le MBA (Master of Business Administration) ne s’est implanté que récemment.

Il se développe à vitesse grand V dans les écoles de commerce de l’Hexagone, sous la pression de l’internationalisation des carrières, et pour répondre à une demande croissante de formation continue. Mais derrière ce diplôme qui vend du rêve américain en 3 lettres se cache une multitude de réalités. Car l’appellation "MBA", contrairement à celle de "master", n’est absolument pas contrôlée.

Les "vrais" MBA

Le "vrai" MBA , calqué sur le modèle américain – est proposé dans une vingtaine d’écoles de commerce françaises. Plusieurs formules existent : à temps plein, ou à temps partiel, avec des enseignements délivrés les vendredis après-midi et les week-ends. Ces formations d’1 ou 2 ans, généralistes, se vendent comme des "accélérateurs de carrières".

Le candidat type ? Un ingénieur, un pharmacien, un juriste ou un biologiste qui a fait le tour de son poste et souhaite évoluer vers des fonctions plus larges, par exemple au sein d’une direction générale.

"Dans notre MBA, les participants ont en moyenne 32 ans et 7 années d’expérience professionnelle ; 70 % ont une formation initiale scientifique", détaille Patrice Houdayer, directeur général délégué de l’EM Lyon. Les recruteurs l’affirment : c’est pour ces profils dits spécialisés que les MBA sont le plus efficaces – bien plus que pour quelqu’un qui a suivi à la base un cursus en management. Mais attention : l’investissement varie entre 25.000 et 40.000 €, et même jusqu’à 45.000 € pour celui de HEC (sur 16 mois).

Un accélérateur… de mental

Une fois admis, les participants se sentent souvent "boostés" : ils prennent du recul sur leur métier, apprennent de nouvelles techniques, travaillent en équipe, font fructifier leur réseau, et sont "coachés" sur le plan personnel. De nombreux MBA, comme par exemple celui proposé à l’EM Strasbourg, incluent des voyages d’études à l’étranger (en Chine, en Inde ect), où les participants visitent des entreprises et rencontrent des managers locaux.

Mais, à la sortie, le jeu en valait-il la chandelle ? Cela dépend des projets, mais les MBA sont la plupart du temps efficaces pour accompagner une réorientation. Une chose est sûre : en matière de salaire, il ne faut pas s’attendre à des miracles. "Les augmentations sont souvent limitées à court terme. Mais à moyen terme, un MBA peut aider à atteindre des postes à fortes responsabilités, avec de hauts salaires", constate Françoise Dissaux-Doutriaux.

Dans tous les cas, s’ils envoient un signal positif aux recruteurs, les MBA ne sont jamais des passages obligés, "à part peut-être dans le domaine de la finance, qui est très internationalisé", relève Rémi Fouilloy. Qui poursuit : "En France, le diplôme de formation initiale garde une importance capitale, qui va primer sur le MBA."

Se consituer un réseau pointu

Cette stratégie peut aussi se révéler payante pour se constituer un réseau dans un secteur précis. C’est le cas notamment pour les MBA très spécialisés qui se sont développés ces dernières années : Wine MBA à Bordeaux École de management, MBA développement durable à l’EM Strasbourg, maritime MBA à Euromed Marseille, MBA tourisme à l’ESC La Rochelle, etc.

Toutefois, avant de postuler, "il faut faire attention à la réputation de l’établissement. Et ne pas oublier que les masters pro à l’université sont parfois mieux identifiés par les recruteurs", juge Rémi Fouilloy, spécialiste des ressources humaines au cabinet de recrutement Michael Page.

Mais avant de se lancer, mieux vaut avoir conscience de l’impact de cette décision sur sa vie privée. "La quantité de travail demandée, l’éloignement éventuel et le coût financier bouleversent la vie de famille, avertit Françoise Dissaux-Doutriaux. Pour cette raison, il est essentiel que le partenaire soit pleinement d’accord avec le projet." Une boutade dit qu’en se lançant dans un MBA, on quitte son emploi et son conjoint ! D’où l’importance de bien mûrir son projet avant de se lancer.

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Vidéos

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Le MBA selon William Hurst, ancien élève du MBA de la SDA Bocconi
- Pourquoi faire un MBA? L’avis de la directrice des MBA à l'ESCP-Europe

Dossier : Postuler en MBA, des candidatures commentées

Jessica Gourdon
Septembre 2011

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