1. Ma vie d'étudiante à l'ISA : Geneviève rêve d'agriculture connectée et d'entrepreneuriat
Témoignage

Ma vie d'étudiante à l'ISA : Geneviève rêve d'agriculture connectée et d'entrepreneuriat

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Geneviève, étudiante en 4e année à l'école d'ingénieurs ISA. // © Photo fournie par le témoin
Geneviève, étudiante en 4e année à l'école d'ingénieurs ISA. // © Photo fournie par le témoin

Future ingénieure et étudiante en 4e année à l'Institut supérieur d'agriculture, Geneviève, 22 ans, hésite entre deux voies. D'un côté, l'entrepreneuriat dans l'agriculture connectée. De l'autre, un emploi en R&D, dans la sélection végétale.

Son sourire est communicatif. D'emblée, Geneviève le dit : elle a trouvé sa voie. "Je sais que j'ai de la chance !", lance-t-elle. Cette étudiante en 4e année spécialité agriculture à l'ISA (Institut supérieur d'agriculture), école d'ingénieurs privée de Lille, n'a qu'un seul regret : "devoir quitter l'école l'année prochaine".

Une école postbac "pour se donner du temps"

Après un bac S obtenu au lycée Jacques-Monod à Clamart (92), Geneviève privilégie une école d'ingénieurs postbac à une prépa. "Cela me semblait plus adapté à mon profil. Je voulais un diplôme reconnu, faire des stages, prendre du temps pour réfléchir à mon projet professionnel, être intégrée à une école, avec des professeurs accessibles", détaille-t-elle. Intéressée par les SVT et le secteur de l'environnement, elle postule à l'ISA, pour "son côté technique des sciences de la vie". Dossier accepté, entretien qui se passe "très bien". Elle est prise.

À 18 ans, l'étudiante quitte donc la région parisienne pour poser ses valises à Lille. Avec bonheur : "C'est une ville géniale, surtout pour les étudiants. Les villes du Nord sont globalement très accueillantes, donc quitter Paris n'était pas un problème pour moi".

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Premiers cours, premiers amphis

Dès la première semaine, en septembre 2013, elle est séduite. Des présentations et parrainages sont organisés à l'ISA pour souder la promotion de 150 élèves fraîchement formée.

En revanche, Geneviève doit s'habituer à des cours différents de ceux du lycée. "Pendant les deux premières années – la prépa intégrée – nous suivions, en gros, le même enseignement que les CPGE BCPST (classes préparatoires aux grandes écoles en biologie, chimie, physique, sciences de la Terre), mais aussi des cours de comptabilité et de management. Les premiers amphis à 150, cela surprend ! Mais la promo s'est entraidée, les profs étaient très disponibles. J'en garde de bons souvenirs", lance Geneviève.

Sept semaines de stage en ferme...

Premiers cours, mais aussi premiers pas dans le monde du travail. En première année, c'est sept semaines de stage ouvrier agricole pour tout le monde. "J'ai travaillé dans une ferme laitière en Mayenne. Cette expérience m'a apporté les connaissances de base du monde agricole", souligne Geneviève.
En deuxième année, changement de cadre : elle plonge dans l'industrie agro-alimentaire. L'étudiante choisit la pâtisserie lilloise Méert, célèbre pour ses gaufres. En tant que "petite main", elle aide à la préparation des cakes et des tartes.

... puis un job dans un camping de yourtes

Entre la deuxième et la troisième année, vient la "Rupture". Pendant cinq mois, l'ISA demande à ses étudiants de partir à l'étranger pour travailler comme salariés. Geneviève choisit le Yorkshire, en Angleterre, puis le Canada. Elle travaille notamment dans un camping de yourtes et dans un pub. "C'est l'une des particularités de l'ISA. La "Rupture" porte bien son nom : il faut sortir de ce que l'on apprend à l'école. On se projette dans une autre culture et on apprend à être autonome", s'enthousiasme la future ingénieure. 

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L'agriculture, plus que l'environnement

Ce break est le bienvenu car l'arrivée en troisième année est synonyme de cours plus techniques. Et de journées bien rythmées. En parallèle, Geneviève intègre l'AE, l'association des étudiants, l'équivalent du BDE (bureau des élèves) à l'ISA. "Je suis responsable des sponsors et de l'association des alumni (les anciens élèves). Je fais donc le lien entre les étudiants, les diplômés et l'administration. L'école compte sur nous pour nous engager dans des associations, en interne ou en externe, pour nous voir prendre des responsabilités", déclare Geneviève. Une "opportunité plutôt sympa, selon elle, pour aider l'école et être à l'écoute", tout en travaillant en équipe.

Durant cette troisième année, l'étudiante se questionne sur son projet professionnel dans l'environnement. Pour en avoir le cœur net, elle réalise un stage d'assistante ingénieur en gestion de crise nucléaire civile à la DREAL (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement)... Et en ressort pas forcément convaincue. "C'était intéressant, mais ce n'était pas pour moi. Je ne me voyais pas dans ce secteur toute ma carrière", explique-t-elle. L'agriculture l'attire : ce sera finalement son choix de spécialisation. Elle se voit bien travailler dans la sélection végétale, soit "l'amélioration des semences pour les rendre plus résistantes aux maladies et optimiser le rendement", ou l'agriculture connectée.

Créer sa start-up ?

Mais une autre possibilité de carrière a germé dans l'esprit de Geneviève. Avec trois camarades de promo, elle a remporté le prix "Farming by Satellite" 2017, un concours à l'échelle européenne dont le but est de promouvoir l'utilisation des satellites dans l'agriculture. La possibilité de créer leur propre start-up fait donc son chemin. 

"L'idée de notre projet est d'optimiser les couverts végétaux (ou plantes de couverture) sur la parcelle pour améliorer le rendement et le sol. Les données utilisées sont récupérées via un satellite. Depuis que nous avons gagné ce prix, nous sommes très motivés. Nous avons visité l'incubateur EuraTechnologies, à Lille, et l'ISA nous permet de travailler sur notre start-up comme projet de groupe, ce qui nous laisse un jour par semaine de libre pour se développer", précise-t-elle. L'étudiante ajoute : "Être chef d'entreprise dès la sortie de l'école paraît un peu effrayant. Je n'avais pas forcément pensé à créer ma start-up, mais nous sommes bien accompagnés à l'école, donc j'y crois".