Quel avenir pour les métiers de l’industrie ?
L’industrie a mauvaise presse et peine à attirer les jeunes. Pourtant, de nouvelles opportunités émergent. Quels seront les métiers en vogue quand vous arriverez sur le marché du travail ? Comment s’y former ?
Brahim Benhatchi, directeur régional du CESI (Centre des études supérieures industrielles) Est.
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
"Les professions qui ont trait aux démarches QSE (Qualité-sécurité-environnement) vont se développer dans les prochaines années. De niveau bac + 2 ou bac + 5, ces métiers ont pour objectif de vérifier le respect des normes et des cahiers des charges. Chaque site industriel a besoin d’experts dans ce domaine. La production nécessite, elle, de plus en plus d’encadrement, de chefs de projet capables de fédérer des compétences."
Comment se préparer dès maintenant ?
"Allez le plus loin possible dans vos études, car il devient de plus en plus difficile de trouver un emploi dans l’industrie avec une faible qualification. Les postes occupés autrefois par des diplômés de CAP (certificat d’aptitude professionnelle), BEP (brevet d’études professionnelles) ou bac sont aujourd’hui pourvus par des titulaires de bac + 2. Autre conseil : misez sur les langues. Avec les délocalisations partielles, les équipes deviennent de plus en plus multiculturelles."
Maurice Pinkus, directeur délégué de l’UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
"L’industrie est au cœur des enjeux sociétaux d’avenir : l’énergie, les nouvelles technologies, la santé ou le développement durable. Pour tous ces secteurs, nous avons besoin de nouveaux produits, donc d’industrie. La France doit miser sur l’innovation et mettre de l’intelligence dans ses productions. Pour cela, l’industrie exige désormais des personnes toujours plus qualifiées, des compétences de haut niveau."
Comment se préparer dès maintenant ?
"Si la demande de diplômés à bac + 5 sera assurément forte, l’industrie aura toujours besoin de diplômés bac + 2/+ 3. On minimise toujours les besoins de mise en œuvre. Ce ne sont pas les diplômés de niveau bac + 5 qui assument la maintenance par exemple. Quoi qu’il en soit, du bac pro à l’école d’ingénieurs en passant par le DUT (diplôme universitaire de technologie), les formations techniques françaises sont de bon niveau. L’apprentissage est particulièrement bien adapté aux métiers de l’industrie. Une formule plus efficace et plus enthousiasmante pour les jeunes. Quand on apprend la technologie, on aime la mettre en œuvre. Avec l’alternance école-entreprise, c’est plus facile."
Jean-Christophe Prunet, président de Rohde et Schwarz France (industrie électronique).
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
"Téléphones mobiles et autres produits de grande consommation ne sont et ne seront plus produits dans l’Hexagone. En revanche, la France aura toujours un rôle à jouer dans les industries haut de gamme : radar, avion, défense, satellite. Les départements de R & D (recherche et développement) des grands groupes industriels vont recruter pour rester à la pointe. Quant à l’électronique, elle va porter l’innovation en France, car elle est présente dans tous les secteurs de l’industrie et donne une compétence transversale."
Comment se préparer dès maintenant ?
"Les techniciens et ingénieurs français sont de très bonne qualité. Dans l’industrie, un diplôme d’ingénieur assure une sécurité de l’emploi maximale, même si les besoins en bac + 2 demeurent. Les docteurs (niveau bac + 8) seront également de plus en plus recherchés. Mais nous craignons avant tout une pénurie de compétences dans les années à venir. Auparavant, dans les formations électroniques, on comptait 10 candidats pour une place. Nous sommes en train d’arriver à un candidat pour une place."
Jean-Paul Hautier, directeur général d’Arts et Métiers ParisTech.
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
"Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère industrielle. Des opportunités gigantesques vont s’ouvrir, surtout dans l’énergie. Tout est robotisé et assisté par ordinateur désormais. De ce fait, l’industrie recrutera de plus en plus d’ingénieurs, de techniciens et moins d’ouvriers. Les ingénieurs vont se retrouver en position de force parce que ce sont des hommes de systèmes qui savent gérer la complexité et l’approche pluridisciplinaire. La spécialisation dans la mécanique, l’électronique comme on l’entendait par le passé, c’est fini. La pluridisciplinarité entre dans tous les métiers."
Comment se préparer dès maintenant ?
"Un jeune intéressé par les métiers industriels doit avant tout acquérir une culture technique, être curieux des innovations, quel que soit son niveau d’études. Autre conseil : restez dans une formation généraliste le plus longtemps possible, même si vous visez un bac + 2. Vous aurez quarante ans pour peaufiner votre expertise, mais vous saurez mobiliser vos connaissances acquises par ailleurs. Pour toutes ces raisons, au niveau bac + 5, les formations d’ingénieurs généralistes à la française ont de beaux jours devant elles."
Frédéric Abbal, président de Schneider Electric France.
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
"L’efficacité énergétique va être déterminante dans les années à venir. Une tendance qui fait évoluer nos métiers. De fournisseur de produits, nous sommes en train de devenir un fournisseur de solutions. Exemple : nous avons inauguré au printemps dernier un parc solaire à Vinon-sur-Verdon (Var). Des études préalables à la fourniture des équipements en passant par l’exploitation et la maintenance, nous prenons en charge l’ensemble de l’installation. Une démarche qui va de l’industrie aux services et nécessite de nouvelles compétences. Nous avons besoin de personnes de plus en plus spécialisées, qui sachent fonctionner par projet. Nos futurs ingénieurs devront posséder des connaissances techniques, mais aussi comprendre les mécanismes juridiques et financiers complexes de ces grands projets."
Comment se préparer dès maintenant ?
"Pour se préparer à nos nouveaux métiers, les jeunes doivent choisir les formations techniques qui proposent des modules d’“approche projet”. L’industrie aura également de plus en plus besoin de personnes formées dans le droit des affaires et dans les montages juridiques et financiers. Autre volet obligatoire : l’international. Les cursus qui ne proposeront pas de modules internationaux sont condamnés à disparaître. Quant aux écoles d’ingénieurs, elles n’ont pas de programmes suffisamment poussés dans l’efficacité énergétique mais elles y réfléchissent."
Brahim Benhatchi, directeur régional du CESI (Centre des études supérieures industrielles) Est.Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
"Les professions qui ont trait aux démarches QSE (Qualité-sécurité-environnement) vont se développer dans les prochaines années. De niveau bac + 2 ou bac + 5, ces métiers ont pour objectif de vérifier le respect des normes et des cahiers des charges. Chaque site industriel a besoin d’experts dans ce domaine. La production nécessite, elle, de plus en plus d’encadrement, de chefs de projet capables de fédérer des compétences."
Comment se préparer dès maintenant ?
"Allez le plus loin possible dans vos études, car il devient de plus en plus difficile de trouver un emploi dans l’industrie avec une faible qualification. Les postes occupés autrefois par des diplômés de CAP (certificat d’aptitude professionnelle), BEP (brevet d’études professionnelles) ou bac sont aujourd’hui pourvus par des titulaires de bac + 2. Autre conseil : misez sur les langues. Avec les délocalisations partielles, les équipes deviennent de plus en plus multiculturelles."
Maurice Pinkus, directeur délégué de l’UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
"L’industrie est au cœur des enjeux sociétaux d’avenir : l’énergie, les nouvelles technologies, la santé ou le développement durable. Pour tous ces secteurs, nous avons besoin de nouveaux produits, donc d’industrie. La France doit miser sur l’innovation et mettre de l’intelligence dans ses productions. Pour cela, l’industrie exige désormais des personnes toujours plus qualifiées, des compétences de haut niveau."
Comment se préparer dès maintenant ?
"Si la demande de diplômés à bac + 5 sera assurément forte, l’industrie aura toujours besoin de diplômés bac + 2/+ 3. On minimise toujours les besoins de mise en œuvre. Ce ne sont pas les diplômés de niveau bac + 5 qui assument la maintenance par exemple. Quoi qu’il en soit, du bac pro à l’école d’ingénieurs en passant par le DUT (diplôme universitaire de technologie), les formations techniques françaises sont de bon niveau. L’apprentissage est particulièrement bien adapté aux métiers de l’industrie. Une formule plus efficace et plus enthousiasmante pour les jeunes. Quand on apprend la technologie, on aime la mettre en œuvre. Avec l’alternance école-entreprise, c’est plus facile."
Jean-Christophe Prunet, président de Rohde et Schwarz France (industrie électronique).Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
"Téléphones mobiles et autres produits de grande consommation ne sont et ne seront plus produits dans l’Hexagone. En revanche, la France aura toujours un rôle à jouer dans les industries haut de gamme : radar, avion, défense, satellite. Les départements de R & D (recherche et développement) des grands groupes industriels vont recruter pour rester à la pointe. Quant à l’électronique, elle va porter l’innovation en France, car elle est présente dans tous les secteurs de l’industrie et donne une compétence transversale."
Comment se préparer dès maintenant ?
"Les techniciens et ingénieurs français sont de très bonne qualité. Dans l’industrie, un diplôme d’ingénieur assure une sécurité de l’emploi maximale, même si les besoins en bac + 2 demeurent. Les docteurs (niveau bac + 8) seront également de plus en plus recherchés. Mais nous craignons avant tout une pénurie de compétences dans les années à venir. Auparavant, dans les formations électroniques, on comptait 10 candidats pour une place. Nous sommes en train d’arriver à un candidat pour une place."
Jean-Paul Hautier, directeur général d’Arts et Métiers ParisTech.
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
"Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère industrielle. Des opportunités gigantesques vont s’ouvrir, surtout dans l’énergie. Tout est robotisé et assisté par ordinateur désormais. De ce fait, l’industrie recrutera de plus en plus d’ingénieurs, de techniciens et moins d’ouvriers. Les ingénieurs vont se retrouver en position de force parce que ce sont des hommes de systèmes qui savent gérer la complexité et l’approche pluridisciplinaire. La spécialisation dans la mécanique, l’électronique comme on l’entendait par le passé, c’est fini. La pluridisciplinarité entre dans tous les métiers."
Comment se préparer dès maintenant ?
"Un jeune intéressé par les métiers industriels doit avant tout acquérir une culture technique, être curieux des innovations, quel que soit son niveau d’études. Autre conseil : restez dans une formation généraliste le plus longtemps possible, même si vous visez un bac + 2. Vous aurez quarante ans pour peaufiner votre expertise, mais vous saurez mobiliser vos connaissances acquises par ailleurs. Pour toutes ces raisons, au niveau bac + 5, les formations d’ingénieurs généralistes à la française ont de beaux jours devant elles."
Frédéric Abbal, président de Schneider Electric France. Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
"L’efficacité énergétique va être déterminante dans les années à venir. Une tendance qui fait évoluer nos métiers. De fournisseur de produits, nous sommes en train de devenir un fournisseur de solutions. Exemple : nous avons inauguré au printemps dernier un parc solaire à Vinon-sur-Verdon (Var). Des études préalables à la fourniture des équipements en passant par l’exploitation et la maintenance, nous prenons en charge l’ensemble de l’installation. Une démarche qui va de l’industrie aux services et nécessite de nouvelles compétences. Nous avons besoin de personnes de plus en plus spécialisées, qui sachent fonctionner par projet. Nos futurs ingénieurs devront posséder des connaissances techniques, mais aussi comprendre les mécanismes juridiques et financiers complexes de ces grands projets."
Comment se préparer dès maintenant ?
"Pour se préparer à nos nouveaux métiers, les jeunes doivent choisir les formations techniques qui proposent des modules d’“approche projet”. L’industrie aura également de plus en plus besoin de personnes formées dans le droit des affaires et dans les montages juridiques et financiers. Autre volet obligatoire : l’international. Les cursus qui ne proposeront pas de modules internationaux sont condamnés à disparaître. Quant aux écoles d’ingénieurs, elles n’ont pas de programmes suffisamment poussés dans l’efficacité énergétique mais elles y réfléchissent."
Propos recueillis par Sylvie Lecherbonnier
Novembre 2009
Vendredi 11 Décembre 2009






























