1. Entrée en seconde : intégrer le lycée de son choix avec Affelnet
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Entrée en seconde : intégrer le lycée de son choix avec Affelnet

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Réfléchissez bien à vos vœux d'affectation avant de faire l'inscription sur Affelnet. // © PlainPicture / Fancy Images
Réfléchissez bien à vos vœux d'affectation avant de faire l'inscription sur Affelnet. // © PlainPicture / Fancy Images

Pour vous inscrire au lycée, vous devez émettre des vœux d’affectation : c’est la procédure nationale Affelnet. Quel en est le principe ? Comment espérer décrocher une place dans le lycée de votre choix ? Explications et mode d’emploi.

S'inscrire au lycée ne va pas de soi. Depuis 2008, l'affectation en seconde et en première est gérée par Affelnet, une application informatique pilotée par les rectorats. Si ce système présente l'avantage, aux yeux de l'administration, de pouvoir répartir les élèves de manière plus harmonieuse et transparente, en ce qui concerne les familles, en revanche, c'est le plus souvent une source de stress énorme, surtout en région parisienne.

Concrètement, en troisième, votre collège vous a transmis mi-avril une fiche de vœux à remplir. Si vous souhaitez aussi postuler dans une autre académie, il faut remplir une autre fiche (téléchargeable sur le site de l'académie visée). Si vous êtes scolarisé dans le collège d'une académie qui n'est pas celle de votre domicile, c'est au rectorat de cette dernière que vous devez demander cette fiche.

Jusqu'à huit vœux possibles

Sur cette fiche de vœux, il est possible de classer de trois à huit établissements selon les académies. Vous devez choisir parmi les lycées de votre académie et en demander au moins un dans votre zone de desserte géographique (celle-ci est précisée sur le site du rectorat). Cette feuille doit ensuite être signée et transmise au collège qui aura jusqu'au 26 mai pour saisir les vœux sur l'application Affelnet.

Pour gérer l'affectation de l'élève, le logiciel va prendre en compte son lieu de domicile (et non l'adresse du collège où il est scolarisé). Mais ce n'est pas le seul critère. Chaque rectorat puise dans les éléments du dossier qui l'intéresse – élève boursier, notes au contrôle continu du DNB (diplôme national du brevet), proximité géographique, rapprochement de fratrie – et attribue un nombre de points à chaque critère. Plus un élève a de points, plus il a de chances d'obtenir satisfaction. Mais, pour un même critère, le nombre de points varie d'une académie à l'autre.

Comment cumuler des points à Paris

C'est à Paris que la carte scolaire (visible sur le site du rectorat de Paris) est la plus souple. La ville est divisée en quatre districts, et les collégiens doivent obligatoirement faire huit vœux. "Mettez le maximum de vœux dans votre district pour avoir des chances d'être admis", conseille le rectorat. Dans la capitale, le fait de demander un lycée de votre district vous gratifie de 600 points, que vous ne pourrez pas avoir si votre demande se situe hors du district.

Les résultats scolaires rapportent jusqu'à 600 points, une bourse, 300 points. Le choix des langues, des options, des enseignements d'exploration n'est pas pris en considération.

Pour ce qui est des résultats scolaires, l'académie de Paris collecte les notes de chaque élève dans 11 matières du contrôle continu qui comptent pour le brevet. Ensuite, en fonction des résultats à l'examen de chaque collège l'année précédente, l'académie va appliquer une formule pour lisser ces notes. Ce qui permet de ne pas défavoriser les collégiens inscrits dans un établissement qui "note sec".

Les résultats des affectations tombent le jour de la dernière épreuve du brevet. Dans le cas où l'élève n'obtient aucun des lycées pour lesquels il a postulé au premier tour, il doit prendre rendez-vous avec le principal pour reformuler des vœux parmi les places disponibles dans son académie. Enfin, les rares élèves non affectés au second tour se voient proposer une ultime affectation. Si celle-ci ne leur convient pas, ils peuvent demander une révision à l'occasion d'une commission rectorale qui se tient à la fin du mois d'août et attribue les dernières places vacantes.

À savoir : la commission rectorale se charge aussi des cas particuliers (élèves handicapés ou médicalement assistés), qui sont prioritaires.

Comment postuler hors carte scolaire

Certaines classes interacadémiques recrutent des élèves sans tenir compte de leur origine géographique : classes binationales ; sections internationales ; sections arts, danse, musique, sport ; sections spécifiques... La liste de ces classes est consultable sur le site de chaque rectorat.

L'admission se fait sur dossier scolaire, lettre de motivation et test de niveau (danse, langue, musique). Les dossiers de candidature sont généralement à télécharger sur le site de chaque lycée.

Le recrutement peut cette fois se faire à l'échelle d'une ville, d'une région ou de la France. Par exemple, le lycée Racine, à Paris, recrute sur toute la France des élèves musiciens, danseurs et chanteurs admis aux conservatoires parisiens ou à la Maîtrise de Radio France. Pour la seconde menant au bac ST2DA, l'école Boulle recrute sur tout Paris. Il faudra envoyer son dossier à l'établissement (à télécharger sur le site) avec "les notes du troisième trimestre de la classe de quatrième, du premier et du deuxième trimestre de troisième, ainsi qu'une lettre de motivation la plus spontanée possible", explique Bénédicte Guérineau, de l'école Boulle, qui ajoute : "Mieux vaut avoir une bonne moyenne, autour de 15/20."

Pour les deux lycées parisiens du quartier Latin qui jouissent d'un statut spécifique en raison de leur histoire (Henri-IV et Louis-le-Grand), la procédure est différente. Il est possible de demander l'avis du proviseur (avant le 4 avril) et de lui envoyer vos bulletins trimestriels ainsi qu'une lettre de motivation. Mais si vous avez passé cette date, ou même si vous avez eu un avis négatif, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas une obligation.

Ainsi, originaire du Val-d'Oise, Sophie avait reçu un avis négatif du lycée Henri-IV. Ce qui n'a pas empêché sa mère de remplir sa fiche de vœux en mettant ce lycée en premier. Comme Sophie n'était pas parisienne, sa mère a aussi envoyé un dossier au rectorat de Paris avec le relevé de la saisie informatique des vœux, les bulletins et une lettre de motivation (renseignements sur le site rubrique "Entrée en seconde générale et technologique pour un élève scolarisé dans un collège public ou privé sous contrat d'une autre académie"). Début juillet, c'est la surprise ! Sophie apprend qu'elle est admise en recevant le dossier d'inscription du lycée.

Toutefois, le fait de ne pas obtenir son premier vœu peut vous ouvrir d'autres horizons. Léa est aujourd'hui en seconde euro au lycée Rodin, à Paris. Parmi ses huit vœux, les trois premiers étaient Claude-Monet, Montaigne et Rodin. "Évidemment, au début, j'étais déçue d'aller à Rodin, raconte-t-elle. Mais finalement, je me rends compte que je n'aurais pas eu le niveau pour Claude-Monet, et ici l'ambiance est géniale !"

Gustave, 16 ans, en seconde culture et création design au lycée Eugénie-Cotton de Montreuil (93) : "J'ai été admis au deuxième tour !"
Gustave et sa mère lors de l'inscription sur Affelnet. // © Julie Balagué pour l'Etudiant

Agnès, la mère de Gustave l'avoue : "Quand j'ai dit au professeur principal du collège que je voulais mettre le lycée Eugénie-Cotton en premier vœu, il m'a dit que j'étais inconsciente !" Car la moyenne de Gustave, scolarisé au collège Gustave-Courbet de Romainville (93) est de 12,5/20 seulement, et cette seconde, qui mène au bac STD2A, est très demandée. Pour plus de sûreté, les parents de Gustave inscrivent en deuxième vœu des lycées du secteur.

Au premier tour, c'est la déception, Gustave n'est pris nulle part. Ce qui finalement lui permet d'être sur liste d'attente à Eugénie-Cotton en seconde Culture et création design.
"Heureusement, des élèves se sont désistés et j'ai été pris au deuxième tour", se souvient le garçon, soulagé. "Je pense que le fait qu'il ait obtenu 14/20 en arts plastiques a joué en sa faveur", nous confie sa mère.


Les établissements publics désectorisés
Ce sont les six lycées militaires de France, des lycées internationaux (Saint-Germain-en-Laye [78], par exemple), la Maison d'éducation de la Légion d'honneur à Saint-Denis (93), le Lycée franco-allemand de Buc (78), Henri-IV et Louis-le-Grand, à Paris, dans le quartier Latin.