1. Quel avenir pour les métiers de l’industrie ?
Boîte à outils

Quel avenir pour les métiers de l’industrie ?

Envoyer cet article à un ami

Malgré la crise, l’industrie française continue d’exporter et d’embaucher. Sa cible favorite : de jeunes diplômés alliant aptitudes techniques et maîtrise des processus de production.

Vincent Moulin Wright, métiers de l'industrieVincent Moulin Wright, directeur général du GFI (Groupe des fédérations industrielles)

"L'enjeu : produire plus avec moins d'énergie"

"Aujourd'hui, tous les secteurs de l'industrie ne sont pas équivalents en termes d'embauche : la santé, le luxe et l'aéronautique se portent très bien. C'est aussi le cas de secteurs moins connus, comme certains domaines de la mécanique, de la chimie, de la biochimie, ou le secteur agroalimentaire. L'enjeu est de produire plus avec moins d'énergie et de matières premières. Il faut donc des ingénieurs en écoconception et des responsables innovation et marketing-innovation. Avec la révolution actuelle de la logistique et de la chaîne de valeur, il faut aussi des responsables supply chain et logistique et des responsables achats. Les profils ouverts à l'international, maîtrisant au moins une langue étrangère, sont recherchés pour des postes de responsables et de commerciaux export. Nous allons aussi avoir besoin de profils créatifs, capables de créer une nouvelle géné­ration de produits et de services dans nos industries : ingénieurs, universitaires, diplômés d'écoles de commerce, designers."

Laurent Champaney, métiers de l'industrieLaurent Champaney, directeur général adjoint aux formations pour Arts et Métiers ParisTech

"Il y a énormément de demandes dans les métiers de la production"

"Les métiers de l'industrie n'ont pas une bonne image auprès des jeunes, alors les industriels cherchent à nouer des partenariats avec les grandes écoles pour leurs recrutements. Pour continuer à produire en France, ils doivent in­nover sur leurs produits et leurs méthodes de production afin d'agir sur les coûts. Il y a énormément de demandes dans les métiers de la production. Au niveau ingénieur, les besoins concernent la conception de moyens de production, les méthodes et le pilotage. Cela se répercute au niveau technicien : pour rester compétitif, il faut développer de nouvelles méthodes de management où celui-ci a un rôle dans le pilotage de la production. Les industriels ont besoin de jeunes de niveau Bachelor (bac+2/3), cumulant aptitudes techniques et compétences d'organisation de la production. Ils ont aussi besoin d'ingénieurs recherche avec un double diplôme ingénieur-master recherche complété d'un doctorat. Enfin, il existe une forte volonté d'intégrer des femmes dans les équipes."

Alain Guillou, métiers de l'industrieAlain Guillou, directeur des ressources humaines de DCNS (constructions navales)

"L'alternance, une voie de recrutement privilégiée"

"Nous sommes une industrie de grands navires de guerre et de sous-marins, donc nous continuerons de recruter sur trois grandes familles de métiers : la production, de l'ouvrier au patron de chantier ; l'ingénierie de conception de navires et de grands systèmes d'équipement ; l'ingénierie informatique, orientée systèmes d'information en temps réel. Nous manquons de monde dans de nombreux métiers de production et de chantier et nous nous appuyons beaucoup sur l'alternance. Nous avons d'ores et déjà 4,5% d'alternants (quelque 600 jeunes), à tous les niveaux de formation, du bac pro à l'ingénieur, et en embaucherons 300 à partir de l'été 2014. C'est une voie de recrutement privilégiée pour tous les métiers en tension. Côté ingénieurs, nous avons noué des partenariats avec environ 15 écoles : certaines avec une orientation navale comme les ENSTA ParisTech et Bretagne ou Centrale Nantes, ou avec des écoles généralistes ou spécialisées, tels Supélec ou l'UTC [Université de technologie de Compiègne, NDLR]. Côté techniciens, nous avons initié une licence pro métiers industriels de la construction navale à l'IUT [institut universitaire de technologie] de Lorient [56]."