L'enseignement moral et civique, pour comprendre les valeurs de la République

Par Thibaut Cojean, publié le 20 Octobre 2020
4 min

L’enseignement moral et civique est tristement apparu dans l’actualité nationale après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine et l’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty. Cette matière permet justement de comprendre les valeurs de la République et la notion de "vivre-ensemble".

Depuis la rentrée 2015, l’enseignement moral et civique (EMC) fait partie intégrante du programme des collégiens et lycéens. Loin d’une discipline théorique comme les maths ou le français, l’EMC se base sur les échanges et le dialogue, et permet de comprendre les valeurs de la République et la notion du "vivre-ensemble".

Une étape du parcours citoyen

"On travaille beaucoup sur les libertés, les principes, les valeurs et les symboles de la République", explique Florian Drenne, professeur d’histoire-géographie dans un collège de Vincennes (94). Cette matière se base entre autres sur la devise bien connue : "liberté, égalité et fraternité". Pour l’enseignant, elle "fait partie du parcours citoyen au même titre que la journée défense et citoyenneté" (JDC, anciennement JAPD, NDLR). Il observe d’ailleurs que les élèves de 6e, avec qui il aborde la question de la laïcité, ont déjà suivi l'enseignement à l’école primaire.

L'EMC a vu le jour à la rentrée 2015, en remplacement de l’éducation civique. Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Éducation nationale, voyait dans cette refonte un moyen de "développer l’esprit critique" des élèves, et de leur "permettre de devenir des citoyens responsables, capables de vivre avec les autres".

Faire parler les élèves

Cette ambition passe par les notions abordées, mais aussi dans le format des cours. "En EMC, on doit être sur le débat, les émotions, les ressentis, raconte l’enseignant. On fait parler les élèves." "Les valeurs de la République, il faut les vivre ! Il n'est pas question de faire un cours magistral où les élèves se contentent de noter de grands principes qui ne font pas nécessairement sens pour eux", confirme une enseignante de Chaville (92), qui préfère organiser des débats et des jeux de rôle.

Le contenu des cours explore des éléments très concrets. "On part de l’actualité, de quelque chose qui parle aux élèves." Selon Florian Drenne, cela permet de faciliter le dialogue et les échanges. "Je prends souvent en exemple Lassana Bathily, 'le héros de l’Hyper Cacher' (il a aidé plusieurs personnes à se cacher pendant les attentats de janvier 2015, NDLR), pour illustrer la fraternité. Ou bien la Russie, comme contre-exemple de la liberté."

L’EMC évalué au brevet

"Après un attentat, c’est bien d’en parler avec les élèves, poursuit l’enseignant. On sait qu’ils auront des questions." Si cette matière est aujourd’hui largement enseignée par les professeurs d’histoire-géographie, elle est en réalité pluridisciplinaire. La liberté d’expression, par exemple, "est infusée partout, même en EPS, où on peut parler des insultes dans les stades et de ce qui est cadré par la loi."

L’EMC fait donc partie intégrante de la scolarité, au point d’être évalué au diplôme national du brevet (DNB). Lors de l’épreuve d’histoire-géographie-EMC, cela représente 10 points sur 50. Les élèves y sont évalués sur leurs connaissances et leur compréhension des valeurs de la République.

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