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Pisa 2018 : le niveau scolaire des jeunes Français reste corrélé à leur origine sociale

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Le niveau moyen des Français est assez stable en sciences et en compréhension de l’écrit, mais baisse en mathématiques. // © Adobe Stock/LStockStudio
Le niveau moyen des Français est assez stable en sciences et en compréhension de l’écrit, mais baisse en mathématiques. // © Adobe Stock/LStockStudio

Selon la dernière enquête Pisa, publiée le 3 décembre 2019, le niveau des élèves français de 15 ans dépend toujours fortement de leur origine sociale. Malgré tout, le niveau général en compréhension de l’écrit, en sciences et en mathématiques est dans la moyenne haute de l’OCDE.

Le niveau scolaire des français de 15 ans dépend fortement de leur origine sociale. C’est l’information essentielle à retenir de la dernière enquête Pisa, publiée ce mardi 3 décembre par l’OCDE (organisation de coopération et de développement économique). Cette enquête évalue le niveau des élèves de 15 ans, correspondant à la classe de troisième ou de seconde pour les Français.

La France championne des inégalités

À la lecture des premiers résultats, les scores moyens des élèves français sont plutôt bons : 493 points en compréhension de l’écrit et en sciences et 495 en maths. Ils sont légèrement supérieurs à la moyenne de l’OCDE (487 points en compréhension de l’écrit et 489 en maths et en sciences), et placent la France au même niveau que la Belgique, l’Allemagne ou le Portugal, mais assez loin des meilleurs pays du classement : la Corée, l’Irlande, le Canada, la Finlande et l’Estonie. Par rapport aux années précédentes, le niveau moyen des Français est assez stable en sciences et en compréhension de l’écrit, mais baisse en mathématiques.

L’ensemble de ces chiffres est toutefois à relativiser, car l’écart entre les meilleurs et les moins bons élèves est très important. L’enquête Pisa révèle ainsi que les élèves issus des milieux les plus favorisés ont obtenu 107 points de plus en compréhension de l’écrit que ceux des milieux les plus défavorisés. Une autre lecture montre que 20% des élèves très favorisés font partie des plus performants, contre seulement 2% des plus défavorisés.

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L’autocensure des élèves défavorisés

Dans la veine des précédentes enquêtes Pisa, la France reste donc l’un des pays où les inégalités en fonction des situations sociales des élèves sont les plus marquées. Pour la compréhension de l’écrit, cette tendance s’est même accentuée.

Ces inégalités sont visibles au-delà des résultats. L’enquête s’intéresse aussi aux ambitions scolaires, et révèle que celles des élèves les moins favorisés ne sont pas à la hauteur de leurs scores. "En France, parmi les élèves ayant de bons résultats, un sur cinq ne prévoit pas de faire des études supérieures quand il vient d’un milieu défavorisé, alors que cette proportion est très faible quand il vient d’un milieu favorisé, " écrivent les auteurs.

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Les lycées professionnels loin derrière

Si l’enquête Pisa se contente de constater le niveau des élèves, sans donner d’explication ni de solution aux inégalités, elle relève toutefois quelques spécificités tricolores. "En comparaison avec les autres pays de l’OCDE, en France, les élèves les plus faibles sont le plus souvent regroupés dans les mêmes établissements", notent les enquêteurs. Ils font d’ailleurs remarquer que les lycées professionnels affichent des résultats inférieurs de 100 points aux lycées généraux et technologiques.

D’autre part, 87% des enseignants des lycées favorisés sont certifiés ou agrégés, contre 58% dans les lycées défavorisés. De plus, "les chefs d’établissements font état d’une pénurie de matériel éducatif plus importante que la moyenne", et ce dans tous types de lycées. Enfin, les élèves français ont plus relevé que les autres des problèmes de discipline et de chahut en cours, mais sont moins nombreux à déclarer que leurs profs leur indiquent leurs points forts ou comment améliorer leurs résultats.

Les filles meilleures que les garçons

Au-delà des origines sociales des élèves, des différences de résultats notables persistent également selon les sexes. Ainsi, "les filles obtiennent des résultats nettement supérieurs à ceux des garçons en compréhension de l’écrit". Et ce dans tous les pays : 25 points de différence en France, contre 30 en moyenne dans l’OCDE. On observe l’inverse en mathématiques, mais dans une bien moindre mesure : les scores des garçons y sont meilleurs de 6 points en France, et de 5 dans l’OCDE. En sciences, garçons et filles obtiennent des résultats similaires.

"Les filles expriment plus souvent que les garçons un manque de confiance en elles", pointe l’enquête. Cela se ressent dans les souhaits de poursuite d’études. Chez les élèves forts en maths, un garçon sur trois souhaite travailler comme ingénieur ou scientifique, contre une fille sur six. À l’inverse, plus de filles (30%) s’intéressent aux études de santé que les garçons (12,5%).

Qu’est ce que l’enquête Pisa ?
Le programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) est une enquête menée tous les trois ans depuis 2000. Elle évalue les connaissances et compétences des élèves de 15 ans en compréhension de l’écrit, mathématiques et sciences. À chaque édition, l’une de ces trois disciplines est étudiée de manière plus approfondie que les deux autres.
En 2018, c’est la compréhension de l’écrit qui était la discipline majeure de l’étude. Celle-ci a été menée auprès de 600.000 élèves de 15 ans, dans 79 pays ou économies du monde. En France, 6.308 élèves de 252 écoles ont participé à l’enquête.