1. Supérieur
  2. Écoles d'ingénieurs
  3. Ingénieur en apprentissage : la formation qui monte
Décryptage

Ingénieur en apprentissage : la formation qui monte

Envoyer cet article à un ami
La formation d'ingénieurs en apprentissage est en pleine progression. // © Monkey Business / Adobe Stock
La formation d'ingénieurs en apprentissage est en pleine progression. // © Monkey Business / Adobe Stock

Un pied à l’école, l’autre en entreprise, de plus en plus d’étudiants choisissent la voie de l’apprentissage pour décrocher leur diplôme d’ingénieur. Une filière proposée par presque toutes les écoles et saluée par les employeurs.

Les apprentis sont de plus en plus nombreux à préparer un diplôme d’ingénieurs. Ils étaient 15,5% en 2017, soit plus du double qu’il y a dix ans, selon la dernière étude de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi). Une progression portée par 136 écoles accréditées sur 201 et possible dans plus de 280 formations. Encouragée par ce succès, la Cdefi espère passer à 35% d’apprentis-ingénieurs en 2030. La réforme de l’apprentissage et ses atouts devraient l’y aider.

La théorie en cours, la technique en entreprise : la formule idéale de l'apprentissage

Suivre un cursus en apprentissage présente de nombreux avantages : vous touchez un salaire en progression chaque année (jusqu’à 78% du Smic), l’entreprise paie votre scolarité et vous bénéficiez d’une solide expérience professionnelle.

Lire aussi : Alternance : quelles sont les nouveautés attendues en 2020 ?

Des arguments qui ont convaincu Lucile, en première année à Polytech Nice et alternante chez Thales Alenia Space. "J’étais en prépa PT (Physique-Technologie) et je saturais. J’avais envie de plus de concret. Aujourd’hui, j’apprends la théorie en cours, je l’applique sur des projets techniques en entreprise, tout en étant salariée. C’est l’idéal !"

Par contre, fini les longues vacances étudiantes. Vous avez droit à cinq semaines de congés payés, vous devez gérer le rythme école/entreprise et fournir un intense travail personnel.

Ecoles d'ingénieurs : apprentis recherchés !

Accessible après un bac, une prépa classique ou intégrée, ou un premier cycle (DUT, BTS,…), le cursus d’ingénieur en apprentissage dure trois ans. Seules cinq écoles le proposent en deux ans. Il intègre un séjour obligatoire à l’étranger et débouche sur le même diplôme que celui délivré sous le statut étudiant.

Lire aussi : Apprentissage ou professionnalisation : quelles différences ?

L’admission se fait sur concours et sous réserve de trouver l’entreprise d’accueil. Rassurez-vous, certains secteurs raffolent d’apprentis-ingénieurs. C’est le cas de l’informatique, de la cybersécurité ou de l’aérospatial, comme le confirme Caroline Bérard, directrice des formations à l’ISAE-Supaero.

"Nos partenaires Airbus, Safran ou Stelia Aerospace font face à une pénurie d’ingénieurs, en particulier de profils faisant le lien entre le bureau d’études et la production. Ce qui nous a amenés à ouvrir à la rentrée le diplôme d’ingénieur en industrialisation et méthodes par apprentissage". L’ISAE-ENSMA et l’ESTACA lanceront le même cursus en 2022.

De son côté, l’ESEO, reconnue pour sa formation d’apprenti-ingénieur en informatique industrielle, propose depuis trois ans un cursus en alternance d’ingénieur généraliste. "Les entreprises réclament ce profil qu’elles peuvent former à leurs propres méthodes pendant une longue période", indique Pierre-Yves Pâques, directeur du développement de l’école.

On estime à 50.000 le besoin de nouveaux ingénieurs par an. L’embauche d’un apprenti-ingénieur est donc quasiment assuré (le taux de chômage est de 2% à 3%) avec un salaire proche, voire plus élevé que les ingénieurs diplômés classiques.