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Décryptage

Une licence pour diversifier les profils des étudiants en sciences

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À l'institut Villebon-Georges Charpak, les étudiants suivent des cours en mathématiques, physique, biologie, chimie, informatique et ingénierie... // © Adobe Stock/Hugo Félix / Adobe Stock/Hugo Félix
À l'institut Villebon-Georges Charpak, les étudiants suivent des cours en mathématiques, physique, biologie, chimie, informatique et ingénierie... // © Adobe Stock/Hugo Félix / Adobe Stock/Hugo Félix

#OUVERTURESOCIALE [Série spéciale]. L’institut Villebon-Georges Charpak a créé une licence en sciences et technologies aux pédagogies innovantes afin d’accompagner des publics plus diversifiés vers la réussite dans l’enseignement supérieur.

L’université Paris Descartes, l’université Paris-Saclay, les écoles d’ingénieurs de ParisTech, l’université Evry-Val d’Essonne et l’ENS Paris-Saclay se sont alliées à l’institut Villebon-Georges Charpak afin de mieux accompagner la réussite des élèves issus de bacs scientifiques et technologiques (STi2D, STAV, STL) dans l'enseignement supérieur.

Créé en 2013, cet institut accueille chaque année 105 élèves, divisés en petites promotions de 35. Plus de 70% des étudiants sélectionnés sont boursiers, et 30% ont un handicap. Les promotions sont par ailleurs constituées à 48% de filles, dans un domaine d’études habituellement dominé par les garçons.

Licence généraliste

L’institut est basé sur le campus de Paris-Saclay (91) et délivre une licence en sciences et technologies accréditée par Saclay et par Descartes. "L’originalité, c’est de proposer une licence en sciences qui soit généraliste. Elle prépare à de nombreux masters en sciences et aux écoles d’ingénieurs", explique Lydiane Nabec, directrice de l'institut Villebon-Charpak. Les étudiants suivent des cours en mathématiques, physique, biologie, chimie, informatique et ingénierie, mais aussi en sciences humaines et sociales et en anglais.

Tasnim, issue d’un bac scientifique au lycée Marguerite Yourcenar (91), a intégré l’institut après deux ans de PACES. "Je n’arrivais pas à trouver ce que je voulais faire comme études mais j’aimais les sciences. Avec une licence aussi généraliste, je pouvais continuer la bio et la chimie tout en apprenant de nouvelles choses comme l’ingénierie et l’informatique", témoigne la jeune femme.

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Laboratoire pédagogique

Si les promotions sont bien loin des licences classiques, la pédagogie est aussi très différente. Elle repose sur la pratique et l’entraide, à travers des projets, des travaux de groupe et des stages.

"Pour certains cours, on peut choisir de travailler en classe inversée. On construit notre cours en autonomie et on avance à notre propre rythme. Un tuteur polytechnicien vient juste pour répondre à nos éventuelles questions. C’est un apprentissage qui est plus actif, avec lequel j’avance beaucoup plus vite", raconte Tasnim.

L’ambition de l’institut est de tester ces innovations pédagogiques, qui sont ensuite répliquées dans les universités partenaires. Les étudiants apprennent par exemple à travers des jeux, notamment des jeux de carte, applicables à tous les cours scientifiques. En physique, de nombreux TP se font par ailleurs à la maison.

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Accompagnement personnalisé

Les étudiants sont par ailleurs très suivis. Toutes les deux semaines, une cellule d’écoute est mise en place pour que chacun puisse parler de ses problèmes. Des entretiens individuels sont aussi organisés très régulièrement. Enfin, chaque jeune est parrainé par un collaborateur d’une entreprise, grâce au réseau des écoles ParisTech. Durant toute la licence, il le conseille notamment sur l’insertion professionnelle, la réalisation d’un CV, la préparation d’un entretien d’embauche…

Les étudiants bénéficient par ailleurs de tutorat d’étudiants de l’ENS Paris-Saclay et des écoles ParisTech. Un principe d’entraide qui fonctionne aussi entre eux, avec des créneaux dédiés à l’entraide entre L3 et L1, mais aussi au sein d’une même promotion.

"J’ai aussi eu des cours de soutien en plus avec les profs. Par exemple, j’avais du mal avec l’ingénierie électrique, que je n’avais jamais abordée au lycée", explique Tasnim. Un travail qui a payé, puisque la jeune femme vient d’être acceptée dans l’école d’ingénieurs Mines ParisTech.

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