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Le ministre anglais de l’Université défend sa réforme à Sciences po

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David Willetts, le ministre britannique de l’Université et de la recherche, s’est rendu à Sciences po Paris, lundi 12 septembre 2011, pour expliquer sa réforme décriée du système universitaire. Celle-ci entrera en vigueur à la rentrée 2012 en Angleterre et a notamment pour conséquence le triplement des droits d’inscription en licence (de 3.300 £ à 9.000 £ - plus de 10.000 € - l’année).

Lors de la conférence « Putting students at the heart of the system », le ministre conservateur s’est donc justifié : "l’Angleterre est en déficit, il fallait trouver des solutions. On pouvait réduire le nombre d’étudiants" (option écartée : "on ne peut pas faire machine arrière"), "réduire les subventions de l’État au détriment de la qualité de l’enseignement" (option écartée aussi) ou "supprimer les subventions et élever les droits d’inscription". La nouvelle réforme va donc dans ce sens. L’idée consiste à laisser plus de liberté aux établissements pour améliorer la qualité de leur enseignement et de leur recherche. Donc d’être plus compétitifs au niveau international.

S'endetter pour étudier ?

Les étudiants présents dans la salle n’ont pas hésité à aborder les questions qui fâchent sur l’accès aux études supérieures, "l’endettement" des jeunes (recourir à un prêt sera d’autant plus indispensable pour payer leurs études), les inégalités créées entre les établissements, le déclin annoncé des filières moins coûteuses mais aussi moins "rentables" comme les humanités et les sciences sociales, la concurrence des universités « gratuites » françaises ou allemandes...

En réponse, David Willetts a rappelé que "les étudiants n’étaient pas obligés de payer au moment d’entrer à l’université". Les remboursements seront indexés à leurs revenus annuels une fois qu’ils seront entrés sur le marché du travail et seulement s’ils gagnent plus de 21.000 £ (24.000 € environ), au lieu de 15.000 £ auparavant. Les dettes qui n’auront pu être honorées seront annulées au bout de 30 ans. Le ministre a indiqué que le prêt pour les études ne revenait pas à "l’équivalent d’un endettement pour un crédit à la consommation" mais plutôt à une taxe.

Sur la compétition entre les établissements, il a assuré que le système profitera aux enseignements et à la recherche de grande qualité. Du reste, le ministre s’est montré plutôt confiant dans l’attrait des établissements britanniques... En France, l’idée d’accroître la part des frais d’inscription dans le financement des universités fait son chemin.

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Virginie Bertereau
14 septembre 2011