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Décryptage

Études de santé : un service sanitaire obligatoire dès la rentrée 2018

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40.000 étudiants en santé vont devoir effectuer un service sanitaire de 3 mois à partir de la rentrée 2018. // © Marta NASCIMENTO/REA
40.000 étudiants en santé vont devoir effectuer un service sanitaire de 3 mois à partir de la rentrée 2018. // © Marta NASCIMENTO/REA

Le gouvernement présente le 26 février 2018, à l'université d'Angers, les grandes lignes de son service sanitaire. Promesse du candidat Macron, il amènera les étudiants de la filière santé à réaliser une action de prévention et de promotion de la santé. Il prendra la forme d’un stage de 3 mois, à partir de septembre 2018. Explications.

"Encourager les étudiants à promouvoir les comportements favorables à la santé." Tel est le but du service sanitaire, selon le ministère de la Santé. Ce stage d’une durée totale de 3 mois prendra la forme d’actions concrètes et réelles de santé publique. Il sera obligatoire à partir de la rentrée 2019 pour l’ensemble des filières santé, et dès la rentrée prochaine pour les étudiants en soins infirmiers, médecine, pharmacie, odontologie maïeutique et kinésithérapie.

Pas (toujours) de rémunération, pas de travail en plus

Le service sanitaire se fera de manière continue ou discontinue, en deuxième (soins infirmiers), troisième (médecine), quatrième (odontologie), voire cinquième année d’études (pharmacie) selon les cursus.

Le versement d'un salaire ne sera pas systématique. A priori, seuls les étudiants qui perçoivent une rémunération ou des indemnités dans le cadre de leur cursus, comme les internes par exemple, les conserveront le temps du stage. Les déplacements pourront être remboursés. Les formations seront aménagées afin que le service sanitaire n’ajoute rien en termes de charge de travail.

Plusieurs expérimentations vont être lancées à partir du mois de mars 2018, et le service sanitaire entrera en vigueur à la rentrée prochaine.

Stage à la carte

Après avoir choisi l’une des thématiques mises en place par sa faculté ou son institut de formation (alimentation, activité physique, addictions au tabac, aux drogues ou à l’alcool, nutrition, sexualité et contraception, troubles du sommeil, hygiène, etc), l’étudiant se verra proposer un ou plusieurs lieux d’action.

Parmi les lieux d’action possibles, citons les milieux carcéraux, les centres de santé des universités, les maisons de retraites, les entreprises publiques et privées, les lieux de vie des personnes en situation de handicap, les EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), mais aussi et surtout les collèges, les lycées, les écoles et les universités.

Deux temps, deux lieux de formation

Le service sanitaire se veut aussi un outil pédagogique. Les futurs professionnels de santé seront ainsi initiés et sensibilisés à la prévention par la pratique. La première partie du service a donc lieu au sein de la formation.

Prenons l’exemple d’un élève-kiné amené à encourager les personnes âgées d’un EHPAD à reprendre une activité physique. Son stage, d’une durée totale de trois mois, débutera par des cours théoriques et pratiques au sein de son IFMK (institut de formation en masso-kinésithérapie). Ces enseignements, qui pourront prendre la forme de jeux de rôle, porteront essentiellement sur la communication en santé (comment faire passer un message de prévention ?), la psychologie du public cible et les activités physiques qui lui sont adaptées.

Vient ensuite le temps des actions concrètes et réelles encadrées par un "référent de proximité" au sein de l’EHPAD (le directeur, par exemple). Ces actions pourront être coréalisées avec les étudiants d'autres filières, comme des élèves-infirmiers ou médecins. Les deux parties constitutives du service sanitaire seront équivalentes en termes de temps, et prises en compte dans l’évaluation. Elles devraient délivrer 5 crédits ECTS.