1. Autonomie, engagement, initiatives : quel poids dans la fiche Avenir ?
Décryptage

Autonomie, engagement, initiatives : quel poids dans la fiche Avenir ?

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Et si être capitaine d'équipe sportive vous donnait des points pour être admis(e) dans les études supérieures ? // © plainpicture/Hero Images
Et si être capitaine d'équipe sportive vous donnait des points pour être admis(e) dans les études supérieures ? // © plainpicture/Hero Images

Depuis la rentrée 2017, les élèves de terminale ont dû acquérir des "compétences transversales" appréciées dans la fiche Avenir. Qu'attend-on de vous lorsque l'on vous parle d'autonomie ou d'engagement ? Quel poids ces compétences peuvent avoir dans votre orientation ?

Pièce maîtresse du dossier de candidature de chaque bachelier dans l’enseignement supérieur, la fiche Avenir affiche vos notes, l’avis de vos professeurs et l’avis favorable ou non du conseil de classe pour votre vœu d’orientation. Y figurent aussi les "compétences transversales" – autonomie, méthode de travail, capacité d’investissement… – en plus des notes, vos comportements face aux situations de travail et votre engagement dans la vie du lycée. Tout cela a aussi de l'importance pour votre orientation.

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Qu’est-ce qu’être "investi, autonome ou engagé" ?

Qu’attend-on de vous quand on parle d’engagement ? Eric Biset, proviseur du lycée Corot, à Savigny-sur-Orge (91), déclare que ces nouvelles cases permettent de mettre en valeur "l’engagement des élèves dans les dispositifs scolaires et périscolaires". Participer au CVL (conseil de la vie lycéenne), à la MDL (maison des lycéens), faire un sport avec l’UNSS (Union nationale du sport scolaire) ou encore se présenter aux élections de délégués : tout cela est valorisé par la commission chargée de remplir votre fiche Avenir.

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Chaque établissement est autonome pour donner des appréciations [non démontré, peu satisfaisant, satisfaisant, très satisfaisant] sur ces compétences. Elles se font donc au cas par cas par les lycées. Carmelie, élève en terminale S au lycée Cézanne d’Aix-en-Provence (13), regrette ainsi "un manque d’informations sur le barème d’appréciation de ces compétences". "On ne sait pas vraiment sur quoi les profs se basent pour nous donner ces appréciations, et je trouve cela un peu discriminant : ce n’est pas parce qu’on ne veut pas être délégué qu’on n’est pas engagé !" Le système permettrait donc "d’avantager encore les meilleurs élèves, puisque ce sont souvent eux qui veulent être élus".

Des compétences utiles pour les études

Céline Dorignac, professeure principale de terminales STMG au lycée Montmajour d’Arles (13), a décidé de prendre l’avis de tous les enseignants pour remplir les appréciations de ses élèves : "Chaque prof donne son avis, pour chaque compétence. Si le même avis revient souvent, il est retenu pour la fiche Avenir." C’est la compétence "engagement" qui pose le plus problème. "On sait que certains élèves sont investis hors du lycée, mais on n’a pas d’infos pour tous. On est donc obligé de se cantonner à l’investissement à l’intérieur même du lycée." Pour le proviseur du lycée Corot, "cette première année est un test, les détails doivent encore être mis en place". Il estime cependant que c’est une bonne chose d’évaluer ce type de compétences, qui seront utiles pour la suite des études des lycéens, et même dans leur future vie professionnelle.

Quel poids dans l'orientation ?

Au BTS (brevet de technicien supérieur) du lycée Corot, par exemple, "les notes des compétences transversales sont prises en compte, même si ce n'est pas le principal critère qui va nous faire accepter un candidat", déclare Eric Biset. Elles permettent en effet d’avoir une idée de l’attitude de l’élève face à certaines situations de travail, notamment lorsqu’on parle d’autonomie. "Mais on ne peut pas considérer l’autonomie ou l’engagement comme des critères décisifs puisque les conditions d’appréciation ne sont pas harmonisées au niveau national. Cela pourrait poser un problème d’équité", conclut-il.