Sylvie Retailleau : "L’étudiant doit être remis au cœur du quinquennat"

Par Amélie Petitdemange, Dahvia Ouadia, publié le 01 Juillet 2022
6 min

EXCLUSIF - A l’occasion du colloque sur les campus universitaires européens, Sylvie Retailleau, nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, donne sa première interview officielle à l’Etudiant. Un symbole pour elle qui souhaite mettre les étudiants au centre de son action. Elle revient pour l’Etudiant sur la réforme des bourses et l’amélioration de Parcoursup, et sur l'impératif de lutte contre la précarité étudiante.

Alors que la question du pouvoir d’achat est en ce moment au cœur de l’actualité, où en est la réforme des bourses promise par Emmanuel Macron ? Allez-vous la mettre en place ? Avez-vous déjà des pistes ?

Les conditions de vie et d’égale réussite des étudiants sont pour moi une priorité comme j’ai pu le dire à toutes les organisations syndicales étudiantes que j’ai reçues. L’étudiant doit être remis au cœur de nos travaux.

A court terme, nos étudiants sont dans l’urgence et des mesures seront donc annoncées très bientôt pour leur pouvoir d’achat, comme l’a indiqué la Première ministre.

En ce qui concerne la réforme des bourses, nous y travaillons. Le calendrier et la méthode seront annoncés prochainement et une concertation sera menée avec les acteurs et sans doute à l’automne. Bien sûr, la réforme des bourses se fera dans le temps long, nous en avons conscience. Nous ne voulons pas la mener à marche forcée, et nous devons prendre le temps de la concertation. C’est pour cela que nous voulons donner un calendrier clair.

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Avez-vous l’assurance d’avoir un budget pour cette réforme des bourses ?

Partons du diagnostic, identifions les besoins dans le respect des contraintes budgétaires qui s’imposent à tous.

Nous sommes ambitieux pour les étudiants, et nous voulons répondre à leurs besoins, en particulier ceux des plus précaires. Ma priorité, c’est donc à la fois d’agir pour l’autonomie des étudiants et de lutter contre la précarisation, car ce n’est pas tout à fait la même chose. Nous verrons ensuite quels moyens il faut débloquer pour mener une réforme qui réponde au constat et aux attentes.

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Lors de la campagne présidentielle, des candidats ont demandé la suppression de Parcoursup et côté Gouvernement, on a parlé d’une évolution de la plateforme. Qu’en est-il ?

La suppression de Parcoursup, c’est clairement non. Pourquoi supprimer une plateforme qui fonctionne et qui a apporté un système plus transparent et plus juste ? Et pour la remplacer par quoi ? En revanche des évolutions et des améliorations, oui. Je ne dis pas que le système ne peut pas être amélioré ! J’entends le stress des lycéens et des leurs parents, car il n’y a pas question plus difficile quand on a autour de 18 ans que le choix d’études.

C’est pour ça que je parle d’amélioration et d’un accompagnement encore renforcé, notamment dans les lycées. Il faut toujours davantage d’informations sur les débouchés ! Parcoursup n’est pas qu’un outil : c’est un processus et j’insiste, en lien avec le ministre de l’Education nationale, sur le caractère essentiel de l’accompagnement en amont des choix, de la présentation des formations, et de l’appui, si important, des professeurs principaux, des aides téléphoniques…

Je veux également souligner que l’année prochaine, les épreuves de spécialités se tiendront de façon à pouvoir intégrer les notes dans le dossier Parcoursup. Nous pourrons intégrer une vision nationale dans les dossiers Parcoursup des futurs étudiants grâce aux résultats de ces épreuves. Cela améliorera la gestion et l’analyse des dossiers par les établissements. En résumé, nous devons continuer à améliorer le processus, en capitalisant sur la dynamique lancée il y a cinq ans et le travail qui a été effectué sur la plateforme depuis son lancement.

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Réfléchissez-vous à un retour des classements des vœux dès le départ de la phase d'inscription ?

Non, ce n’est pas d’actualité. Le classement des vœux qui est mis en place après le terme de la phase principale le 15 juillet a pour but d’accélérer et fluidifier la phase complémentaire. Car quand les étudiants attendent jusqu’à fin août pour savoir où ils vont faire leurs études alors que la rentrée est en septembre, c’est une source de stress. Le but c’est de faire en sorte que le plus grand nombre d’étudiants aient une réponse fin juillet.

L’année dernière, après la fin des commissions d’accès, il y avait 239 étudiants sans proposition sur les 931.000 candidats initiaux. Après la fermeture de Parcoursup, nous ne les laissons pas sur le carreau, mais pour faisons du cas par cas. D’où l’importance de mener au plus vite la finalisation de la phase complémentaire pour pouvoir ensuite chercher une solution individualisée avec les étudiants restants.

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