1. PACES : dans l’ambiance du concours à Lyon
Reportage

PACES : dans l’ambiance du concours à Lyon

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Fin du concours PACES dès la rentrée 2020 // © Virginie Bertereau
Fin du concours PACES dès la rentrée 2020 // © Virginie Bertereau

En décembre-janvier, plus de 55.000 étudiants de PACES (première année commune aux études de santé) ont en tête autre chose que la dinde ou la galette des rois : ils passent le concours commun du premier semestre. Comment se déroulent les épreuves ? Mi-décembre 2015, l'Etudiant était auprès des étudiants de la faculté de médecine et de maïeutique Lyon-Sud-Charles Mérieux. Reportage.

Tramway 1, direction IUT Feyssine, à Lyon. Elle s'est maquillée les yeux et elle a mis de jolies boucles d'oreille. Lui, a les cheveux blonds en bataille et porte une chemise. Elle lui jette des regards en coin. Sur ses genoux, son sac à main et un polycopié d'enzymologie. Il compulse ses notes écrites à la main. Ils ont rendez-vous au Double Mixte, une grande salle située sur le campus de la Doua.

Ils vont y rejoindre quelque 1.200 autres étudiants de PACES (première année commune aux études de santé) de la faculté Lyon-Sud – Charles Mérieux. Ce mardi, c'est le jour du concours du premier semestre, commun aux quatre filières (médecine, odontologie, pharmacie et sage-femme). Trois épreuves à passer : biochimie, biostatistiques et biophysique-physiologie. Elles correspondent à trois UE (unités d'enseignement) sur les huit au programme de l'année et compteront pour environ un tiers de la note finale, obtenue à l'issue du concours de la mi-mai.

"Tout se joue en un jour"

Dans ce gigantesque hall d'exposition, payé 15.000 € la journée par l'université, plus de 1.200 petites tables ont été alignées et réparties en 18 blocs. "On a hâte que ça finisse... On va tout donner, puis ce sera les vacances", déclare Gaëlle, 19 ans. Dans la file d'attente des toilettes, Marion, une "carrée" (redoublante), est dubitative : "C'est dommage que tout se joue en un jour. C'est un peu réducteur". De son côté, Manel, une primante, avoue ne pas être confiante. "J'estime ne pas avoir assez travaillé. Je mise sur une réussite en deux ans, mais j'ai peur de faire partie des 10 % d'étudiants qui seront réorientés après ce semestre."

Une armée d'étudiants

En concours, PACES ou pas, le principe de base est l'égalité de traitement entre tous les candidats. Karim M'Barek, le directeur administratif de la faculté de médecine et de maïeutique, qui endosse aujourd'hui le costume de maître de cérémonie, rappelle à tous les règles du "jeu" : aucun casque, aucun bonnet, aucune casquette ou autre sur la tête. Les boules Quiès sont en revanche autorisées. Sur la table, rien que le matériel nécessaire pour écrire, la carte d'identité et la carte d'étudiant. Pas de trousse. Certains ont apporté une bouteille d'eau. Les sacs sont entreposés dans un coin de la salle. Les téléphones portables doivent être éteints. Et interdiction de se lever pendant l'épreuve. Malgré le nombre de candidats, le silence est pesant dans la salle.

À 8h50, les personnels administratifs distribuent les brouillons. Les surveillants (un par bloc) se chargent des grilles de QCM (questions à choix multiple) nominatives. Au signal donné par Karim M'Barek, une armée d'étudiants se lève d'un seul coup. Leur sujet est à présent devant eux, face cachée sur leur table. Une partie de leur avenir se joue dans ce mince fascicule. À 9h10, les portes se ferment. Les étudiants se rassoient et découvrent les questions. Ils ont 1h30 pour y répondre.

Un millésime difficile

Cinq minutes avant la fin de l'épreuve, certains, le regard vague, attendent la fin du supplice. Les autres essaient d'avancer dans le sujet, encore et encore. À 10h40, tous doivent poser leur stylo et se lever de nouveau. Le bruit de 1.226 chaises repoussées brusquement retentit. Les surveillants ramassent sujets et grilles de QCM. Les étudiants signent leurs feuilles. Le pointage commence alors. "Le second principe de base du concours : que toutes les copies soient corrigées, qu'il n'y ait pas de perte. Ou il faut tout recommencer."

Les étudiants attendent. Concentrés, déprimés, fatigués, soulagés... Toutes ces expressions se lisent sur les visages. Quand on leur annonce la pause, c'est la libération. Quelques sourires, enfin. Plusieurs d'entre eux se ruent littéralement vers les toilettes : là encore, il faut faire partie des premiers. De petits groupes se forment. Certains échangent leurs réponses. Déconseillé pour garder le moral... "C'était plus dur que l'an dernier et différent des annales. Mais c'est pour tout le monde pareil", affirment Salomé, Coralie et Laureen, trois carrées. Pour tout le monde ? Pas vraiment... "Là, les bizuts (primants) pleurent... Le premier semestre, c'est un sprint. Il y a beaucoup de calculs et cette première partie du concours en démotive un bon nombre. Le second semestre, plus long, s'apparente plus à un marathon, avec une grande part de mémorisation", analyse Lucas.

Une bière de bon matin pour les aînés

À 11h28, l'épreuve de biostatistiques débute. Elle durera jusqu'à la pause déjeuner. "C'est là que certains candidats craquent. On est là, à la sortie, pour les soutenir, leur changer les idées, les récupérer s'ils pleurent, faire la fête", indiquent Tanneguy, étudiant en sixième année de médecine, et Julien, étudiant en quatrième année. Les deux "aînés" étaient présents devant le Double Mixte avant 9h... une bière à la main. "C'est la tradition tous les matins de concours PACES. Nous sommes passés par là aussi." De leur côté, les "santa" (étudiants du service de santé des armées) ont prévu sushis et pizzas pour le déjeuner de leurs filleuls. Solidaires ! Sur les 1.200 étudiants de la salle, environ 80 % ne poursuivront pas des études de médecine, d'odontologie, de pharmacie ou de sage-femme à l'issue de la PACES. Ceux qui réussiront rentreront à leur tour dans cette grande famille des futurs professionnels de santé.