Les étudiants, adeptes du télétravail ?

Par Marine Richard, publié le 19 Février 2021
6 min

Crise sanitaire oblige, les entreprises se sont mises, plus ou moins à marche forcée, au télétravail généralisé. Face à ce mode de fonctionnement, les ressentis des jeunes stagiaires et apprentis sont mitigés, mais ils parviennent à en tirer le meilleur parti.

"Tous les vendredis matins, pendant une vingtaine de minutes, on prend un café en visioconférence avec mon équipe et avec les stagiaires homologues et on ne parle pas forcément de notre travail à ce moment-là, mais de nos vies personnelles", se réjouit Sarah Anthonioz, étudiante en école de commerce en stage chez Danone.

En BTS assistant manager, Sherine Redouane a aussi trouvé son compte dans le stage à distance qu'elle a effectué dans un centre de formation en langues étrangères. Chloé Ruffel, étudiante en DUT et apprentie en télétravail chez Orange, est plus mesurée. Pour l'Etudiant, elles partagent leur expérience.

Le stage en télétravail ? "Presque mieux qu'en présentiel" !

Sarah, en 3e année à Neoma Business School, expérimente le télétravail depuis un mois seulement et ne se plaint pas de ces conditions de travail peu habituelles. Outre les cafés à distance, elle apprécie la multiplicité des formations en ligne, qu'elle a pu suivre presque tous les jours du mois de janvier, sur le fonctionnement de Danone, où elle effectue un stage en tant qu'assistante chef de produit.

Enthousiasme partagé par Sherine Redouane, en BTS au lycée Marcelin Berthelot, à Toulouse (31) : "Le télétravail est une bonne expérience à mes yeux. C’est presque mieux qu’en présentiel. Je suis moins sous pression car je travaille dans un environnement que je connais, mon logement personnel. Je me sens moins observée et je peux davantage me concentrer sur les tâches que je dois accomplir", analyse la jeune femme de 20 ans qui a effectué un stage à 100% en télétravail de novembre à fin décembre 2020 à l’agence Ready International, un centre de formation en langues étrangères, en tant que prospectrice et chargée de communication.

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Des difficultés à mémoriser les savoirs transmis à distance

Mais tous les étudiants ne partagent pas ce ressenti positif à l’égard du télétravail, à l’image de Chloé Ruffel, étudiante en DUT gestion des entreprises et des administrations (GEA) à l’IUT Lumière Lyon 2 et en apprentissage chez Orange en tant que pilote d’activité client et réseau depuis septembre 2020, pour un an : "Je suis en lien avec mon maître d’apprentissage et mon manager tous les jours, mais seulement une fois par semaine avec le reste de l’équipe", regrette-t-elle.

Elle déplore également une mémorisation moins instantanée en télétravail : "Quand j’étais sur site, de septembre à fin octobre, je travaillais aux côtés de mon maître d’apprentissage et je pouvais observer ce qu’il faisait. J’avais mémorisé des processus en le regardant. Là, on me transmet des savoirs par le biais de partages d’écran, ce qui est plus complexe à retenir. De même, pour mon maître d’apprentissage, ce n’est pas évident car il ne voit pas toujours ce que je fais". Elle apprécie cependant la sensation d’avoir plus de temps pour elle, pour faire des activités en parallèle, grâce au fait qu'elle évite une heure de trajet par jour, aller-retour.

Chloé (à gauche), Sarah (en haut, à droite) et Sherine (en bas, à droite).
Chloé (à gauche), Sarah (en haut, à droite) et Sherine (en bas, à droite).

Il s’agit de sa toute première expérience professionnelle, hormis un job d’été en tant que conseillère de vente chez Kiabi : "Je devais effectuer un stage dans le cadre de mon cursus, mais le confinement m’en a empêché. Cette alternance est ma première vraie expérience or, j’aurais préféré effectuer un stage en présentiel avant de plonger directement dans le monde du travail", explique la jeune femme de 19 ans.

Autre point noir du télétravail : une tendance à vouloir travailler plus. "Le couvre-feu à 18h ne me laisse pas la possibilité de sortir de chez moi et de voir des amis, donc je n’ai rien d’autre à faire que de travailler. C’est un choix de ma part et non une obligation de l’entreprise, mais je travaille plus que ce qui était prévu dans mon contrat", affirme Sarah Anthonioz, de Neoma.

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Et si le télétravail devenait la norme de demain ?

Le télétravail est devenu la norme depuis le début de la crise sanitaire, en mars 2020. À l’IUT Lumière Lyon 2, par exemple, 42,25% des étudiants en deuxième année de DUT GEA, effectuent leur alternance à distance, soit une trentaine d’élèves sur 71 au total. À Toulouse Business School, 60% des 1.151 stages actuellement en cours dans le cadre des programmes bachelor et grande école s’effectuent à distance. Stéphanie Lavigne, directrice générale de l'école, constate que ses étudiants développent ainsi de grandes capacités d'autonomie, d'agilité et de flexibilité.

Mais le télétravail restera-t-il une pratique commune dans les entreprises après la crise du Covid-19 ? Sarah, autorisée par Danone à se rendre une fois par semaine sur site, aimerait concilier distantiel et présentiel : "L’idéal, ce serait trois jours sur place et deux jours en télétravail, ou inversement. C’est important de voir son équipe et en même temps, c’est bien d’être chez soi pour ses projets personnels d’analyse, qu’on doit mener seul", conclut-elle.

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