La promo 16-18 : une nouvelle chance pour trouver sa voie

Par Camille Jourdan, publié le 18 Février 2021
5 min

Dans le cadre du plan "1 jeune, 1 solution", 35.000 jeunes âgés de 16 à 18 ans devraient intégrer les promos 16-18 d’ici la fin de l’année. En Bourgogne-Franche-Comté, ils sont déjà près de 70 à avoir commencé ce programme qui les aide à construire leur projet professionnel, après avoir décroché du cursus scolaire. Reportage.

"J’ai arrêté les cours quand je suis entrée en centre rééducatif. Et la gestion, ça ne me plaisait pas, c’est pour ça que j’ai décroché." Audrey, 16 ans, fait partie des 80 à 100.000 jeunes qui, chaque année, quittent le système scolaire sans qualification. En juillet dernier, le gouvernement a lancé la promo 16–18 pour aider ces "décrocheurs" à (re)trouver leur voie. Partout en France, des centres de formation Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) accueillent des groupes d’une quinzaine de stagiaires au maximum durant environ quatre mois.

Lire aussi

À chacun son histoire

Chaque jeune arrive ici pour des raisons différentes. Bryan, qui était en contrat d’apprentissage, a demandé une rupture conventionnelle car il ne s’entendait pas avec l’un de ses collègues. Clara, elle, avait trouvé un apprentissage dans la vente, mais elle a dû y renoncer après un déménagement pour des raisons familiales. Lorenzo a arrêté les cours en première, après avoir été orienté vers les métiers de l’accueil alors qu’il souhaitait faire du commerce. Tous ont rejoint l’une des promo 16–18 près de chez eux, en Bourgogne-Franche-Comté, sur les conseils d’une mission locale. Certains sont là depuis fin novembre, d’autres depuis quelques jours.

Sous un aspect ludique, le jeu de pistes qui leur est proposé cet après-midi est un moyen pour eux de récolter des informations sur différents métiers, en allant à la rencontre de formateurs tout en essayant de résoudre une énigme. Ce genre d’exercices reflète la pédagogie du programme : pas de cours classique, mais des ateliers "adaptés aux attentes de chacun", précise Nathanaëlle Richard, formatrice à Chevigny-Saint-Sauveur.

Lire aussi

Tester pour trouver sa voie

"Ce n’est pas comme à l’école, on nous demande notre avis", rapporte El Anrif, l’un des premiers bénéficiaires du dispositif. Durant les treize semaines de ce programme, éducateurs, formateurs et conseillers aident leurs "stagiaires" à construire leur projet professionnel. Les immersions sur les plateaux de formation sont autant d’occasions de découvrir un métier : dans le BTP, la sécurité, la menuiserie…

Ce matin, Clara a testé l’enduit. "J’adore !" s’enthousiasme-t-elle. C’est aussi au cours des dernières semaines que Renata a trouvé sa nouvelle voie : l’électricité. Avant d’entrer dans la promo 16–18, elle avait passé deux ans en CAP service à la personne âgée, avant de réaliser que ça ne lui plaisait pas.

Savoir-être et savoir-faire

"Il faut réussir à les intéresser, en les rendant actifs et en leur faisant confiance", constate Jean-Marc Page, formateur en menuiserie. "Nous devons les faire travailler sur leur estime", complète Nathanaëlle Richard, qui s’efforce également de leur faire adopter "la bonne attitude, la bonne posture, car beaucoup d’entre eux n’ont pas les clés du monde professionnel". Rédiger un CV ou des lettres de motivation est aussi un passage obligé.

Les compétences purement scolaires ont également leur place, sans que cela soit formulé directement ainsi : "On ne fait pas de 'cours' de maths ou de français, car certains jeunes font de véritables blocages, décrit Nathanaëlle Richard, mais on aborde ces notions à travers des activités : lors d’un atelier d’upcycling, ils ont fabriqué des cabanes à oiseaux. Ils ont dû calculer des angles, dessiner… c’est de la géométrie !"

Lire aussi

À quelques semaines de la fin de leur parcours, certains des premiers entrants de la promo 16–18 ont déjà identifié leur projet. En juin, El Anrif entrera en formation d’agent de sécurité avant de pouvoir rejoindre l’armée. Saad passera son Certificat d’aptitude à la conduite en sécurité (Caces) dans le but de décrocher le permis de poids lourd à 21 ans. Audrey, elle, sait déjà qu’elle veut intégrer l’Epide, l'établissement pour l'insertion dans l'emploi. Qu’ils aient ou non un projet en tête, ces treize semaines sont l’occasion de le confirmer si besoin, et de le concrétiser dans de meilleures conditions.

Consultez nos offres

Recruteur : déposer une annonce

Articles les plus lus

A la Une jobs, stages, emploi, alternance

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !
Human road Human road