Macron annonce un "revenu d'engagement" pour les jeunes sans emploi ni formation

Par Etienne Gless, publié le 13 Juillet 2021
4 min

Dans son allocution du 12 juillet 2021, le chef de l'État a annoncé un nouveau dispositif d'insertion qui vise les 1,1 à 1,2 million de jeunes les plus en difficulté. Le principe ? Un revenu contre l'engagement de suivre un parcours de formation et d'insertion vers l'emploi. Premier décryptage en attendant les précisions promises pour la rentrée.

Pour l'instant, ce n'est qu'une bande annonce, la diffusion de l'épisode complet interviendra après l'été. "Je présenterai à la rentrée le "revenu d'engagement" pour les jeunes, qui concernera les jeunes sans emploi ou formation et sera fondé sur une logique de devoirs et de droits", a annoncé Emmanuel Macron dans son allocution du lundi 12 juillet 2021.

Mais prière d'attendre la rentrée pour connaitre plus en détail les contours précis et les modalités de ce nouveau dispositif. Une chose est sûre : il s'adressera aux jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études ni en formation, les fameux NEET ("Not in Education, Employment or Training" en anglais, NDLR), ces jeunes inactifs qui représentent en France 14% des 15–29 ans. Si cela est votre cas, vous devrez vous engager dans un parcours d'accompagnement et de formation pour toucher ce revenu.

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Une nouvelle allocation sous conditions

Pourquoi ce nouveau dispositif ? Le dispositif actuel de la Garantie jeunes s'adresse déjà aux personnes de 16 à 25 ans "ni en études, ni en emploi ni en formation". Il permet de toucher une allocation d'un montant maximum de 497 euros par mois. En échange, les jeunes doivent suivre un parcours d'insertion en mission locale.

Le gouvernement a toujours préféré ce principe d'une allocation contre un engagement à suivre un parcours d'insertion vers une formation ou un emploi au "RSA jeunes" sans conditions. "Ce qu'on doit d'abord aux jeunes, c'est de les accompagner dans un projet professionnel. On ne se contente pas de donner une allocution", expliquait, en exclusivité à l'Etudiant, Elisabeth Borne, la ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion.

Lancée à titre expérimental en 2013 et généralisée à toute la France en 2015, la Garantie jeunes a vu ses moyens augmenter en 2020 dans le cadre du plan "1 jeune 1 solution" : 200.000 places en 2021 contre 100.000 l'an passé. Depuis le début de l'année, le gouvernement travaillait sur le chantier de la Garantie jeunes universelle, qui aurait accompagné cette fois 1 million de jeunes. Finalement le futur "revenu d'engagement" pourrait en fait lui succéder.

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La Garantie jeunes "une marche trop exigeante" ?

Même si elle a vu ses conditions assouplies au printemps, la Garantie jeunes reste un dispositif difficile d'accès pour les personnes les plus en galère et depuis longtemps. "Un des défis auxquels on est confrontés quand on veut accompagner chaque jeune en difficulté c'est aussi d’aller chercher ceux qui sont les plus éloignés de l'emploi et qui ne viennent pas spontanément dans les dispositifs", confie à l'Etudiant Elisabeth Borne. "Comment trouver la bonne façon de ramener ceux qui ne sont pas forcément capables de franchir d'emblée la marche de l’exigence de la Garantie jeunes ?", s'interroge la ministre.

Plus accessible que la Garantie jeunes, le "revenu d'engagement" devra répondre à cet énorme défi. "La situation on l’a bien en tête", confesse encore Elisabeth Borne : "En France on est quasiment au double de jeunes ni en emploi ni en formation par rapport à l’Allemagne". Malgré les bons résultats du plan "1 jeune, 1 solution" lancé il y a un an pour limiter la hausse du chômage des jeunes, 1,1 à 1,2 million de personnes de 16 à 29 ans se trouvent toujours en galère. Le scandale français reste hélas entier…

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