Les syndicats étudiants alertent sur le coût de la rentrée 2021

Par Thibaut Cojean, publié le 19 Août 2021
5 min

Dans leurs baromètres annuels respectifs, la Fage et l’Unef soulignent l’augmentation du coût de la rentrée et de la vie étudiante, demandent l'augmentation des bourses et dénoncent le manque d’aides accordées par l’État.

Selon la Fage, la rentrée étudiante 2021 coûtera en moyenne 2.392 euros aux étudiants non boursiers. Un montant en augmentation de 1,32 % par rapport à 2020, notamment en raison de la nécessité d’acheter des masques et du gel hydroalcoolique.

Augmentation des dépenses courantes

"On constate une augmentation des frais courants malgré toutes les mesures qui ont pu être ponctuellement mises en place pendant la crise sanitaire", a précisé Paul Mayaux, président du premier syndicat étudiant, lors d’une conférence de presse, lundi 16 août.

En effet, la Fage a calculé une augmentation des dépenses mensuelles courantes (logement, nourriture, téléphone…), qui atteindraient en moyenne 1.351 euros en Île-de-France et 1.132 euros dans les autres régions. En revanche, le syndicat note que les frais spécifiques de rentrée (frais d’inscription, cotisation à la CVEC, souscription à une assurance logement, à une complémentaire santé, matériel pédagogique…) devraient baisser pour tourner autour de 1.164 euros en moyenne. L’association explique ce recul par "la fusion des complémentaires santé qui ont baissé leur prix".

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Paris, ville étudiante la plus chère

Encore plus pessimiste, l’Unef estime que le coût de la vie étudiante va augmenter de 2,50 % en 2021–2022, soit en moyenne 247,38 euros de dépense en plus par an et par étudiant. En cause, "l’augmentation des loyers en province et en banlieue parisienne ou encore les tarifs des transports dans les grandes villes".

Selon le syndicat, le logement représente 60,6 % des dépenses des étudiants. Dans ses prévisions, l'Unef fait figurer Paris sur la première marche du podium des villes étudiantes les plus chères (malgré une légère baisse des loyers), suivie de Nanterre et Créteil, avec respectivement 1.276, 1.170 et 1.133 euros de reste à charge (la différence entre les dépenses et les aides perçues) par mois. Dans le top 10, seule Nice (9e avec 1.064 euros) n’est pas située en Île-de-France.

Les revendications des syndicats

En raison de ces dépenses, "près d’un·e étudiant·e sur deux exerce une activité rémunérée pour subvenir à ses besoins, entrainant échec, stress, fatigue et parfois même abandon des études", alerte la Fage. Pour mieux les accompagner, elle propose de revoir le système des bourses en supprimant les paliers et en linéarisant les aides qui dépendraient ainsi du revenu réel du foyer. Selon le syndicat, cela "ajouterait 300.000 personnes au million de boursiers actuels, sur un total de 2,7 millions d’étudiants".

Il souhaite également la mise en place d'une allocation de rentrée étudiante (ARE) de 275 euros, la généralisation de l’encadrement des loyers et du remboursement des consultations chez le psychologue, mais aussi la création d'un guichet unique des aides et dispositifs sociaux étudiants afin d’"agir face au taux important de non-recours, où l’étudiant·e pourrait retrouver l’ensemble des aides qu’il ou elle peut percevoir".

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L’aide aux étudiants a baissé depuis 2017

L’Unef réclame également une augmentation des bourses, de 100 € par mois et par échelon, ainsi que leur ouverture à 100.000 étudiants supplémentaires. Elle propose de plus la création d’une "allocation d’autonomie" de 900 par mois, versée à tous les étudiants sans condition de ressources, mais aussi l’encadrement généralisé des loyers, l’abandon de la réforme des APL ou encore la gratuité des transports.

Des demandes qui paraissent d’autant plus ambitieuses à la lecture d'un autre calcul réalisé par l'Unef et concernant cette fois-ci le montant de l'aide versée directement aux étudiants pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron. Ce dernier est en baisse. En moyenne, l’État investit 39,26 euros de moins par étudiant et par an en 2021 par rapport à 2017. Lors des précédents quinquennats, les aides annuelles par étudiant avaient augmenté de 45,01 euros entre 2007 et 2012 et de 95,27 euros entre 2012 et 2017.

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