Comment bien s'informer sur le réchauffement climatique ?

Par Thibaut Cojean, publié le 01 Août 2022
6 min

Alors que le réchauffement climatique est de plus en plus visible, comprendre son impact sans tomber dans l'éco-anxiété requiert une information sourcée et qualifiée. Identifier les bons journalistes, blogueurs, vulgarisateurs ou activistes est un premier pas pour bien s'informer.

Vagues de chaleur, incendies, sécheresse… L'actualité de cet été 2022, l'un des plus chauds jamais enregistrés, est une preuve indéniable du réchauffement climatique en cours.

"Les lycéens ont souvent entendu le discours selon lequel ce sont les générations futures qui subiront le changement climatique, estime Camille, créateur du compte de sensibilisation climatique Après l'effondrement. Sauf que cette génération future, c'est eux ! On n'est plus dans le futur, on a le pied dedans !"

L'écologie, "un sujet complexe"

À la fois victimes du changement climatique et futurs acteurs de la transition écologique, les jeunes générations, collégiens, lycéens et étudiants, ont plus que jamais besoin de comprendre les causes et les enjeux de ce phénomène. Une prise de conscience qui n'est pas si évidente. Surtout l'été, sans l'appui de ses professeurs.

Avant de s'informer sur le climat, "il faut se sortir de l'idée que l'écologie va de soi, poursuit le vulgarisateur. Le premier truc à comprendre, c'est qu'on va mettre le doigt sur un sujet complexe, qui mêle économie, mathématiques, sciences naturelles…"

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Identifier les bons acteurs

Alors par où commencer ? Esther Meunier, journaliste spécialisée en écologie pour le média jeunesse NowU, conseille de ne pas s'aventurer trop vite dans l'inconnu. "Instagram est une bonne porte d'entrée, rassure-t-elle. Il y a des comptes très cools qui parlent aux jeunes" (voir encadré en fin d'article).

Certains médias gratuits permettent aussi de se familiariser avec ces notions, comme Vert, qui "résume l'actualité écolo sans utiliser des mots que personne ne comprend", ou Reporterre, "pour ceux qui sont déjà sensibilisés et souhaitent aller plus loin". Et elle recommande bien entendu son propre média, sur lequel "on ne parle pas de l'actu chaude, mais on va reprendre un sujet et le décortiquer, en décryptant et en donnant des solutions".

Gare aux "climato-rassuristes"

Mais attention à ne pas s'abonner trop vite à un compte soi-disant écologiste. "Le discours climatosceptique a évolué, alerte Camille. Il est plus insidieux, ce sont désormais des climato-rassuristes qui disent : 'Oui ça existe, mais ça va aller'. Ils ne nient pas les effets, mais ils nient les impacts."

Pour reconnaître un compte fiable, le premier réflexe de Camille est de "regarder si la personne met ses sources en lien". "Une attitude transparente qui incite à aller plus loin. C'est un gage de fiabilité", poursuit-il. Même technique chez la journaliste Esther Meunier, qui recommande également de "multiplier ses lectures et vérifier si d'autres médias parlent du même sujet".

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Le Giec, source incontournable sur les enjeux et les solutions

Parmi les sources les plus fiables, Thomas Wagner, créateur du bog Bon Pote, identifie sans détour le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). Cet organisme, créé par l'ONU en 1988, regroupe des scientifiques du monde entier et publie des rapports réguliers sur les effets du réchauffement climatique et sur les moyens de s'y adapter et de l'atténuer.

"Une étude scientifique est source de fiabilité car elle est relue par des pairs", explique le blogueur. À l'inverse, l'avis ou le commentaire d'un internaute, même très influent (élu, influenceur, sportif, journaliste, etc.), n'a aucune garantie de sérieux.

Contre l'éco-anxiété, l'action

Une information de qualité est d'autant plus importante que l'urgence et la gravité de la situation rendent l'ampleur de la tâche difficile à appréhender. Si bien que 45% des jeunes souffrent aujourd'hui d'éco-anxiété, selon une étude menée en 2021 auprès de 10.000 jeunes de 10 pays, dont la France.

Pour contrer ce phénomène, Esther, Camille et Thomas donnent tous le même conseil : ne pas rester seul ! "Ce n'est pas facile de découvrir ces sujets, admet l'animateur de Bon Pote. Il faut en parler." "C'est normal de s'inquiéter, abonde son confrère d'Après l'effondrement. C'est un choc de comprendre ce qui se passe, mais c'est souvent passager. Aujourd'hui, rien ne dit que le changement climatique ira vers les pires scénarii, donc il n'y a pas de raison de rester inactif."

C'est là la deuxième étape, recommandée à l'unisson par les trois spécialistes : l'action. "Le fatalisme, se dire que c'est foutu, c'est le contraire de ce qu'il faut faire, appuie Esther Meunier. Il faut se rappeler qu'on peut éviter le pire en agissant, car chaque tonne de C02 compte !" Suivre de jeunes activistes sur les réseaux (voir encadré) est un premier pas vers cette motivation.

Et même à 15 ou 20 ans, "il y a mille façons d'agir, encourage Thomas Wagner. En famille, dans sa mairie, à l'école, dans son club de sport, dans des associations…" Son expérience personnelle et les témoignages qu'il reçoit le lui ont appris : "On n'est pas plus triste quand on passe à l'action !"

Quelques comptes à suivre pour bien s'informer sur le climat

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