1. César 2019 : Kenza Fortas, la nouvelle perle du cinéma français
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César 2019 : Kenza Fortas, la nouvelle perle du cinéma français

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Kenza Fortas, 18 ans, est nommée aux César 2019 dans la catégorie Meilleur espoir féminin. // © Time Art
Kenza Fortas, 18 ans, est nommée aux César 2019 dans la catégorie Meilleur espoir féminin. // © Time Art

Kenza Fortas : César du Meilleur espoir féminin 2019 ! Depuis le tournage de "Shéhérazade", son premier film, cette Marseillaise de 18 ans n’a pas changé ses habitudes. Rencontre avant la grande soirée du cinéma français, qui s'est déroulée le 22 février.

Repérée par le réalisateur Jean-Bernard Marlin en quête de jeunes talents, Kenza Fortas, 18 ans, se retrouve catapultée à l'affiche de "Shéhérazade". Elle y incarne une jeune prostituée qui tombe amoureuse d'un délinquant interprété par Dylan Robert. Tourné au cœur des quartiers populaires de Marseille, là même où tous deux ont grandi, le film révèle leur duo qui crève l’écran !

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Envie d'ailleurs

Originaire de La-Belle-de-Mai, l'un des quartiers populaires de la cité phocéenne, Kenza a connu une adolescence parfois chaotique. "J’y ai vécu mon enfance et mon adolescence, confie-t-elle. J’y avais toutes mes fréquentations. Mais dès l’âge de 13 ans, je n’en pouvais plus, je souhaitais déménager."

Élevée par sa mère, Kenza a 15 ans quand elle décide de prendre la poudre d’escampette. Mineure, elle passe près de trois mois au sein d’un foyer. Puis retour à la case départ. "Le quartier me sortait par les yeux et je ne m’entendais plus avec ma mère. Mais tout n’était pas aussi difficile. Petite, je faisais l’école à la maison et je passais beaucoup de temps chez ma grand-mère du côté d’Orange (Vaucluse). C’était joyeux, je ne manquais de rien".

"Au début, Jean-Bernard Marlin a failli me virer"

Depuis ses premiers pas au cinéma, Kenza vit un véritable conte de fée. Pourtant, ce n’était gagné d’avance avec le réalisateur, Jean-Bernard Marlin, notamment dans cette période de deux mois de répétitions précédant le tournage. "Il a failli me virer, avoue Kenza. Je n’arrivais pas à me mettre dans le rôle. Mais au bout de la deuxième semaine, ça allait impeccable. Il fallait simplement suivre ses instructions et se concentrer."

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Instinctive, voire "bad girl", Kenza s’est servi du film comme d'une introspection, une occasion de comprendre en profondeur quelles étaient ses qualités… et ses défauts. "Je sais ce que je veux. Je ne me suis jamais posé aucun interdit. Maintenant, je prends les choses avec plus de recul. Je me donne davantage de limites, mais je reste toujours aussi spontanée. Cette expérience m’a montré de quoi j’étais capable, en menant un projet du début à la fin. Cela m’a permis de me connaître, même si j’ai encore beaucoup de choses cachées en moi."

Un CAP petite enfance en projet

Depuis sa sortie en salles, le 5 septembre 2018, "Shéhérazade" fait l’unanimité. D’abord sélectionné dans le cadre de la Semaine de la critique au Festival de Cannes 2018, le film séduit par son esthétisme et son réalisme, recevant les honneurs du Prix Jean-Vigo du long-métrage et d’autres récompenses au Festival du film francophone d’Angoulême.

Rien en tout cas qui puisse faire tourner la tête de la jeune Marseillaise récompensée à la 44e cérémonie des César. "Après le tournage, je n’ai pas changé mes habitudes. J’habite chez ma mère et j’ai toujours les mêmes fréquentations."

Mais elle avoue avoir lâché prise un moment devant tant de sollicitations médiatiques : "J’ai vécu une petite nostalgie. Je ne suis pas tombée en dépression, mais j’étais mal. Peut-être que c’était trop d’un coup. Puis j’ai repris du poil de la bête." Pour preuve, Kenza, qui a intégré l’agence Time Art, est d’ores et déjà sur le tournage d’un second film dans lequel elle interprète une jeune auxiliaire puéricultrice un peu naïve. Un rôle en lien avec son prochain défi : intégrer un CAP (certificat d'aptitudes professionnelles) petite enfance à la rentrée de septembre.

Un César des lycéens

La littérature avait le Goncourt des lycéens, le cinéma a désormais le César des lycéens ! Ce nouveau prix sera remis le 25 février 2019 à l'un des sept films nommés dans la catégorie "Meilleur film". Le lauréat sera choisi par 1.300 élèves de terminale issus de 54 lycées généraux, technologiques et professionnels.