1. Lycéenne à distance : "J’étudie chez moi, à mon rythme"
Portrait

Lycéenne à distance : "J’étudie chez moi, à mon rythme"

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Lola, 15 ans, suit sa seconde professionnelle commerce au CNED // © Fico/ Picturetank pour l’Etudiant
Lola, 15 ans, suit sa seconde professionnelle commerce au CNED // © Fico/ Picturetank pour l’Etudiant

Lola, actuellement en seconde suit les cours du Centre national d’enseignement à distance, depuis la troisième, soit depuis 2 ans. Souffrant de phobie scolaire, elle étudie ainsi à son rythme. Et en seconde professionnelle, elle réussit, enfin apaisée.

“Je suis inscrite au CNED depuis la rentrée de la classe de troisième. Désormais, j'étudie chez moi, au calme, dans ma chambre où j'ai un bureau ou bien dans la salle à manger, et toujours à mon rythme. Non, je ne passe pas mes journées affalée sur le canapé à regarder des séries télé, en pyjama et en pantoufles ! Je suis très organisée, j'ai une bonne hygiène de vie. J'ai mis en place des méthodes de travail assez efficaces, et ça me convient tout à fait. J'ai de bons résultats scolaires. Je me sens mieux ainsi. De toute façon, je n'aurais pas pu continuer à aller au collège. Cette décision n'a pourtant pas été facile à prendre. Quitter l'endroit où tout le monde étudie, changer complètement de vie. Ce n'est pas si simple de rentrer chez soi.”

“Victime de harcèlement, j’ai quitté le collège”

“Dès le début de la classe de sixième, je ne me sentais pas à ma place au collège. J'étais très stressée, j'avais peur d'être jugée, de ne pas avoir d'amis et de ne pas y arriver. Les deux premières années, je n'en ai pas parlé à ma famille, ou seulement à demi-mot. Mais je sentais que ça n'allait pas, que quelque chose clochait. Je n'avais presque pas d'amis, je me sentais rejetée, à l'écart. J'étais trop différente des autres, je n'aimais pas ce que tout le monde aimait, je m'habillais différemment. Puis, en quatrième, des rumeurs ont couru sur moi, je sortais soi-disant avec des garçons, enfin je ne veux pas rentrer dans les détails. Ce que je peux dire, c'est que les gens ont été méchants. J'étais victime de harcèlement. Je n'avais que deux copines au collège. J'étais triste. C'était dur.”

“Ces problèmes ont eu des répercussions sur mes résultats en classe. Jusque-là, j'étais plutôt une bonne élève. Mais comme je n'allais pas bien, je n'arrivais plus du tout à travailler. Je me concentrais dans quelques matières seulement. L'envie d'apprendre me quittait peu à peu. J'en avais ras le bol. Au milieu de la quatrième, j'en ai parlé à mes parents. Ils ont compris, heureusement ! Ma mère m'a répété qu'elle me soutiendrait. Elle avait étudié elle-même par correspondance ; elle savait que c'était possible de faire une scolarité ainsi. Mes frères avaient également suivi ce parcours : l'un pour des raisons médicales, l'autre pour les mêmes raisons que moi : la phobie scolaire. Quand mes parents ont dit ‘OK’, j'ai été soulagée ! Ouf ! Enfin ! Une nouvelle vie commençait.”

“À la rentrée en troisième, j’ai reçu les cours CNED de toute l’année”

“J'ai terminé la classe de quatrième tant bien que mal, soulagée de ne pas remettre les pieds au collège à la rentrée suivante. Les enseignants ont accepté mon choix. Le professeur de SVT (sciences de la vie et de la Terre), que j'aime beaucoup et que nous croisons de temps en temps avec ma mère, m'a énormément aidée. Il me disait que je faisais le bon choix. Il avait compris que je devais aller à mon rythme. À la rentrée en troisième, j'ai reçu les cours de toute l'année. C'était un gros carton et j'avoue avoir eu un peu peur. Comment allais-je pouvoir ingurgiter ce savoir, faire ces devoirs, apprendre tout ça ? La peur n'a pas duré longtemps. Les tuteurs du CNED m'ont contactée et j'ai pu prendre les choses calmement. On m'a expliqué et donné des astuces pour m'organiser.”

“Si je n’ai pas compris une notion, je contacte un enseignant par Skype”

“C'est certain, étudier par correspondance demande une certaine rigueur, une organisation et une discipline. N'imaginez pas que nous sommes seuls avec nos dizaines de devoirs à faire et à renvoyer. Il y a un calendrier de devoirs affecté à chaque matière. Le référent du CNED, qui est un peu comme un professeur principal, m'a donné des conseils. Il me suggérait d'écrire un planning de la semaine, avec un horaire de début et de fin de cours. Cela m'a été très utile.”

Lola partage des séances de musique avec son frère Nicolas et son copain Gautier.

“Je suis actuellement en seconde, cela fait donc presque deux ans que j'étudie à distance. Au début, je préparais des plannings de travail, un emploi du temps très personnel. Maintenant il est rodé et je n'ai pas besoin de l'écrire. Je me lève à 8 heures, je me prépare, je m'habille et je prends mon petit déjeuner. Je m'installe à ma table de travail vers 9 heures et j'étudie au moins deux ou trois heures d'affilée, sans pause. L'après-midi, j'étudie aussi pendant le même temps. Je me concentre sur une matière par séquence ; une leçon dure environ 3 heures. Je lis le cours, je répète, j'apprends l'essentiel et je fais les exercices.”

Passionnée de cosplay, Lola dessine ses propres costumes.

“Un devoir par matière est à envoyer au CNED toutes les trois semaines. Je dois inscrire le temps que j'ai mis à le terminer. Je suis honnête, je ne triche pas. Ensuite, je reçois la correction. Si je n'ai pas bien compris une notion ou si j'ai besoin de détails, je peux contacter mes enseignants par Skype ou par e-mail. Nous avons aussi des environnements numériques de travail. Au moment où je me connecte, je vois qui est connecté dans ma classe. Oui, je ne vous ai pas dit ? Je fais partie d'une classe. Je ne sais pas combien nous sommes d'élèves mais nous formons un groupe. C'est vrai que parfois, j'aimerais bien les connaître...”

“J'ai une vie sociale, des activités culturelles et je sors”

“Je n'aimerais pas qu'on croit que je passe mes journées seule et enfermée chez moi. C'est d'ailleurs l'une des choses sur lesquelles les tuteurs du CNED nous mettent en garde. Il faut vraiment continuer à avoir une vie sociale, des activités culturelles et sortir. J'ai de vrais amis, pas des connaissances. Avec eux, je sors au cinéma, dans les librairies, à la bibliothèque, je vais me promener.”

Lola montre ses costumes lors des conventions au cours desquelles elle rencontre d’autres passionnées de cosplay.

J'ai une passion depuis quelques années, c'est le cosplay. Ce sont des personnages issus de la culture japonaise, surtout des mangas, dont je recrée l'univers. Je dessine, je couds, je fabrique le costume et invente le maquillage. J'ai appris à dessiner des patrons et à coudre toute seule. Quand j'ai terminé un costume, je me rends à des conventions, des grands rendez-vous qui ont lieu en France. C'est très amusant, je rencontre des personnes qui partagent la même passion. C'est chouette. Mais cela ne me prend pas tout mon temps non plus ! Comme tous les élèves, je m'accorde des week-ends libres, pas plus.”

“Je pense poursuivre mes études après le bac, par correspondance”

“Je ne regrette pas mon choix. Le lycée me fait peur. Je pense que j'aurais du mal à aller vers les gens, je ne saurais pas comment m'intégrer. Je suis quelqu'un de timide dans le cadre scolaire. Ailleurs, ça va. Mes copines me racontent les potins du lycée, ce qui se passe, les histoires. Franchement, je n'ai pas envie de vivre ça. Je pense poursuivre mes études après le bac, toujours à distance. C'est ce que fait mon grand frère, il est en BTS (brevet de technicien supérieur) par correspondance aussi. Je vais continuer en vente-commerce et relations clientèle. En seconde, j'effectuerai un stage de 6 semaines dans un magasin de jouets près de chez moi. Je suis heureuse comme ça.”

Études par correspondance, mode d'emploi

L'inscription au CNED peut se faire à tout moment, même s'il est conseillé de démarrer en septembre. Le cursus peut être total, avec toutes les matières par filière et niveau, de l'école primaire aux études supérieures. Les passages dans la classe supérieure sont validés et notés. Les examens nationaux se passent comme pour tous les élèves et étudiants, aux mêmes dates. Vous vous inscrivez en début d'année et vous recevrez votre convocation. Les cours sont payants : les tarifs varient en fonction de la classe suivie.
Il est possible aussi de s'inscrire à un seul cours, si la matière n'est pas présente dans votre établissement (une langue par exemple). Dans ce cas, les notes sont envoyées à votre établissement et intégrées à votre dossier et sur le bulletin trimestriel.