Au lycée général, le choix des spécialités n’empêche pas les inégalités

Par Thibaut Cojean, publié le 08 Juin 2021
4 min

INFOGRAPHIE. Deux ans après que les premiers lycéens de la nouvelle série générale ont choisi leurs enseignements de spécialités, l'étude des statistiques récemment publiées à leur sujet par le ministère de l’Education nationale conduit à un double constat : les matières scientifiques dominent toujours et les inégalités persistent.

Fin juin 2021, la toute première cohorte de terminales issus du lycée nouvelle formule quittera définitivement les bancs de l’école. Et malgré une mise en place de la réforme émaillée d’annulations, d’exceptions et d’aménagements des modalités du bac liés à la crise sanitaire, il est déjà possible de tirer un premier bilan du choix des spécialités.

Dès les mois de mai-juin 2019, les élèves alors en seconde ont dû choisir les trois matières qu'ils souhaitaient suivre comme spécialités en première. Un an plus tard, nouveau choix : ils n'en ont gardé que deux en terminale. Au nombre de douze (treize à compter de la rentrée 2021), ces enseignements de spécialités sont l’une des grandes nouveautés de la réforme. Deux ans plus tard, la Depp, le service statistiques du ministère de l’Education nationale, publie les données nationales et officielles des choix de spécialités des premiers lycéens concernés.

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Malgré le choix proposé aux lycéens, l’ombre de l’ancienne filière scientifique plane toujours sur le lycée général. En terminale, les maths et la physique-chimie sont les spécialités les plus suivies et les SVT figurent au quatrième rang des choix. Au total, presque 40% des élèves de terminale générale suivent deux de ces trois domaines scientifiques.

Autre matière historique, les SES occupent la 3e place. L’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) ferme un quinté dominant largement l’offre pédagogique.

Les choix de spécialités en terminale générale, juin 2021

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Les "petites" spécialités à la peine

Les plus petites spécialités, proposées dans moins d’établissements, ont plus de mal à convaincre : humanités littérature philosophie (HLP), numérique et sciences informatiques (NSI) et sciences de l’ingénieur (SI) ont des classes peu remplies. C’est tout de même beaucoup plus que la spécialité latin ou grec, créées en plus de l’option déjà existante, qui n’attire qu’une poignée de lycéens.

Ces dernières font d’ailleurs partie des spécialités les plus souvent abandonnées entre la première et la terminale. Parmi les matières les plus importantes, si les SES, l’HGGSP ou la physique-chimie gardent facilement leurs inscrits, les mathématiques sont laissées de côté par 40% des élèves.

Les choix de spécialités en terminale générale, les doublettes les plus choisies

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Les inégalités persistent

Le cas spécifique des maths trahit des inégalités toujours persistantes au lycée, que la réforme ne parvient pour l’instant pas à combattre. Entre la première et la terminale, elles sont en effet abandonnées par 50% des filles, contre 30% des garçons, et par 35% des élèves d’origine sociale très favorisée, contre 46% de ceux d’origine défavorisée.

Une tendance qui se traduit largement dans les effectifs : les filles et les enfants d’origine défavorisée sont sous-représentés en mathématiques. Or, la spécialité maths est l’une des seules à être déterminante pour l’entrée dans l’enseignement supérieur, car obligatoire pour intégrer une prépa scientifique ou économique, ou encore une école de commerce ou d’ingénieurs.

Les choix de spécialités en terminale générale, focus sur les maths

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