1. En terminale S, en 2014, que sont devenus Amélie, Fanny, Guillaume et les autres ?
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En terminale S, en 2014, que sont devenus Amélie, Fanny, Guillaume et les autres ?

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Les élèves de terminale S, année 2013-2014, du lycée international des Pontonniers, à Strasbourg (67). // © Photo fournie par le témoin
Les élèves de terminale S, année 2013-2014, du lycée international des Pontonniers, à Strasbourg (67). // © Photo fournie par le témoin

Amélie, Fanny, Guillaume, Robert, Romane et Carla ont décroché leur bac S, en 2014, au lycée international des Pontonniers, à Strasbourg (67). Tous ont choisi cette série scientifique mais rares sont ceux pour qui les sciences dures étaient une évidence. Cinq ans plus tard, que sont-ils devenus ?

L’Etudiant est allé à la rencontre des élèves de terminale S, année 2013–2014, du lycée international des Pontonniers, à Strasbourg (67). Robert, Fanny, Carla, Guillaume, Amélie et Romane ont choisi cette série pour "ne pas se fermer de portes".

Amélie, particulièrement attachée aux sciences dures, a cherché une alternative aux classes prépas et opté pour une école d’ingénieurs postbac. Dès le collège, Fanny savait qu'elle deviendrait médecin. Guillaume et Robert ont renforcé leurs connaissances des institutions européennes dans l’établissement strasbourgeois où bon nombre d’élèves ont une double-nationalité. Le premier est aujourd’hui à l’ENS après une prépa littéraire, le second en école de commerce. Tous deux n’excluent pas de travailler un jour pour l’Europe. Romane, passionnée de langues et de littérature, a finalement choisi le droit. Aujourd’hui, elle envisage une réorientation.

Enfin, après être partie à Londres après le lycée, Carla cherche à reprendre des études de psychologie dans un autre pays. Jusqu’alors, elle a mêlé expériences professionnelles et études de criminologie, sans trouver son compte dans le système universitaire anglo-saxon.

1. Amélie, 22 ans, en cinquième année, à l’INSA Toulouse (31)

 // © Photo fournie par le témoin

Ce qu’elle voulait faire ? De la biologie. "Pas d’idée de métier, mais au lycée, j’aimais les sciences du vivant, et notamment la génétique. Je savais aussi que je ne voulais pas aller en prépa. J’ai cherché d’autres solutions et j’ai trouvé l’INSA [Institut national des sciences appliquées]. Lyon et Toulouse sont les seuls campus qui proposaient une spécialité en bio, c’est pourquoi je l’ai mis en premier vœu."
Ce qu’elle fait aujourd’hui ? Un double diplôme. "J’ai été acceptée et, depuis la rentrée 2014, mon cursus se passe bien ! J’ai choisi une spécialité génie biologique et j’ai opté pour un double diplôme, en étudiant aussi dans une école de commerce, à Toulouse Business School. Je finirai ma formation à l’été 2020, après un stage de fin d’études, avec deux diplômes en poche ! Au sein de la Junior-entreprise de l’INSA, j’ai découvert que j’aimais le développement commercial. J’aimerais donc travailler dans une petite structure, dynamique, où l’accès aux dirigeants et à la stratégie est facile."
Et si c’était à refaire ? "Je m’investirais plus tôt dans les associations et dans la Junior-entreprise !"

2. Fanny, 22 ans, en quatrième année de médecine, à Strasbourg

 // © Photo fournie par le témoin

Ce qu’elle voulait faire ? Depuis le collège, je veux aller en médecine. "J’ai toujours aimé les sciences et j’avais envie de choisir un métier utile. Après le bac, j’ai intégré la PACES [première année commune aux études de santé] de l’université de Strasbourg. C’était dur ! J’ai dû apprendre à gérer mon stress, mais je suis passée en deuxième année du premier coup !"
Ce qu’elle fait aujourd’hui ? Des études de santé. "Après le premier cycle et avant le début de l’externat, j’ai décidé de faire une année de césure pour travailler et partir à l’étranger. J’ai voyagé dans le sud de l’Espagne et en Tunisie où j’ai fait un service civique dans une maison de jeunes. J’avais beaucoup travaillé pendant ces trois années postbac, j’avais besoin de voyager, de faire de nouvelles rencontres, de prendre confiance en moi. Depuis la rentrée, je suis à nouveau sur les bancs de la fac, en quatrième année. J’alterne deux mois de stage et deux mois de cours. Je m’oriente plutôt vers la médecine générale."
Et si c’était à refaire ? "Je referais le même parcours en essayant de gérer encore mieux mon stress en PACES !"

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3. Guillaume, 22 ans, en deuxième année à l’ENS Lyon (69)

 // © Photo fournie par le témoin

Ce qu’il voulait faire ? Je n’ai jamais eu d’idées solides. "Au collège, je pensais au métier de pharmacien, mais j’ai vite enterré la médecine ! Au lycée, j’étais intéressé par les institutions européennes, ce qui est encore potentiellement d’actualité ! À la fin de ma terminale, j’hésitais alors entre deux voies d’orientation : un cursus en chimie ou une classe prépa littéraire. J’ai finalement retenu cette dernière."
Ce qu’il fait aujourd’hui ? En deuxième année à l’ENS. "J’ai fait trois ans de prépa B/L au lycée Fustel-de-Coulanges à Strasbourg car je voulais intégrer l’ENS Lyon. J’ai réussi à rejoindre l’établissement à la rentrée 2017. L’an dernier, et selon l’organisation de la formation, j’ai dû valider une licence de sociologie, et, cette année, je suis en deuxième année, qui correspond à une première année de master. L’ENS forme aux métiers de l’enseignement et de la recherche et nous donne la possibilité de réaliser des stages. Dans quelques semaines, j’intègre ainsi l’INSERM, à Paris, institut sur lequel je mène mon mémoire."
Et si c’était à refaire ? "Je suis satisfait, mais je me demande parfois ce qui se serait passé si j’avais opté pour la chimie !"

4. Romane, 22 ans, en première année de master, à Strasbourg

 // © Photo fournie par le témoin

Ce qu’elle voulait faire ? Des langues ou de la littérature. "J’ai toujours beaucoup aimé lire, étudier de la littérature et en discuter… En commençant l’anglais puis l’espagnol, j’ai très vite compris que les langues me fascinaient, que ce soit au niveau de leur apprentissage ou de l’ouverture à d’autres cultures qu’elles permettaient. D’autant que mon père est italien, et que j’ai donc la chance d’être bilingue."
Ce qu’elle fait aujourd’hui ? Du droit. "Par peur de ne pas trouver de débouchés dans les langues, j’ai privilégié le droit après le bac car il allie raisonnement scientifique et expression littéraire. J’ai été acceptée dans une CPGE [classe préparatoire aux grandes écoles] la prépa ENS Cachan, intégrée à la fac de droit de Strasbourg, au lycée René-­Cassin. Nous y suivions l’intégralité des cours dispensés à l’université, avec en plus des cours de droit, d’économie et d’anglais. À la fin du cycle, je ne souhaitais plus intégrer l’ENS. J’ai continué en licence de droit, que j’ai obtenue l’an passé, après avoir redoublé ma troisième année. Aujourd’hui, je suis en M1 de droit européen. J’envisage de me réorienter à la rentrée prochaine pour rejoindre un master de traduction."
Et si c’était à refaire ? "Je m’informerais plus tôt sur les masters de traduction proposés à Strasbourg pour ne pas perdre une année."

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5. Robert, 23 ans, en année de césure, à Kedge Business School, à Marseille (13)

 // © Photo fournie par le témoin

Ce qu’il voulait faire ? Être au cœur de l’Europe. "Au lycée international, nous avons eu beaucoup de cours sur l’Union européenne, et cela a changé ma vision de la politique et de la géopolitique. Je me voyais alors bien travailler dans les institutions européennes. Après le bac, j’ai continué dans le même établissement en classe préparatoire économique et commerciale, option scientifique (ECS)."
Ce qu’il fait aujourd’hui ? Une école de commerce. "En 2016, j’ai passé les concours pour intégrer une école de commerce et j’ai rejoint Kedge Business School, à Marseille. Je me suis spécialisé dans l’audit et l’expertise. Actuellement, je suis en année de césure, en stage chez Deloitte France, puis je terminerai mon année par un séjour à l’étranger, certainement en Amérique du Sud. Je serai diplômé à l’été 2020. Pour l’instant, je me suis orienté vers l’audit et la finance d’entreprise et cela me plaît. Je n’ai pas abandonné l’idée de rejoindre un jour les organismes européens où on recrute régulièrement des auditeurs !"
Et si c’était à refaire ? "Je suis satisfait de mon parcours, mais j’essaierais peut-être de le compléter d’un double diplôme en droit."

6. Carla, 23 ans, travaille à Londres

 // © Photo fournie par le témoin

Ce qu’elle voulait faire ? Tout, sauf des classiques ! "J’ai toujours aimé les choses qui sortent de l’ordinaire ! Ma première idée était la crypto­zoologie ! On m’a aussi souvent répété que ce serait bien que je m’oriente vers la traduction. Je suis ­Allemande, donc bilingue. Cela ne m’emballait pas particulièrement. J’ai ensuite pensé à détective ! En fait, j’avais peu d’idées concrètes."
Ce qu’elle fait aujourd’hui ? Travaille. "Contre l’avis de mes professeurs, je suis partie comme jeune fille au pair à Londres. J’ai pris le temps de réfléchir, d’améliorer mon anglais… Je m’y suis sentie tellement à l’aise que j’y suis restée. J’ai travaillé pour économiser, puis j’ai intégré la Birbeck, University of London à la rentrée 2016 : deux années de criminologie, intéressantes, mais peu utiles ! J’ai donc décidé de faire une pause et je prends une troisième année sabbatique. Aujourd’hui, je travaille et j’envisage de quitter Londres pour reprendre des études de psychologie au Pays-Bas ou en Allemagne."
Et si c’était à refaire ? "J’ai beaucoup appris de mon parcours. Un seul regret : avoir choisi cette université. En Angleterre, étudier à la fac coûte très cher ! Et la qualité n’est pas toujours au rendez-vous."