1. Rentrée au collège : je ne suis pas dans la bonne classe !
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Rentrée au collège : je ne suis pas dans la bonne classe !

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Si vous avez changé d'avis sur une option, exposez au principal les raisons (valables) de cette évolution. // © Phovoir
Si vous avez changé d'avis sur une option, exposez au principal les raisons (valables) de cette évolution. // © Phovoir

Vous avez beau scruter les listes affichées dans le hall du collège, vous n’êtes ni avec vos copains, ni avec les profs les plus réputés. Sans parler des options que vous aviez choisies qui ne figurent pas dans votre emploi du temps. Que faire ? Demander à changer de classe ? Quels arguments avancer ? Nos conseils.

Un bref coup d’œil à votre emploi du temps, le jour de la rentrée, suffit à constater qu’il manque les options. Vous vous étiez pourtant bien inscrit en latin ou en chinois à la fin de l’année dernière ! Si vous êtes dans ce cas, ne perdez pas de temps, signalez l’erreur à votre professeur principal, voire directement au principal du collège.

“Malgré notre vigilance, il peut arriver qu’un helléniste se retrouve dans une classe dont l’emploi du temps n’est pas compatible avec l’enseignement de cette option et qu’on soit obligé de le changer de classe, confirme Julie Clot, principale de collège en région parisienne. Mais encore faut-il que l’on s’en rende compte rapidement. Plus l’élève va attendre pour nous signaler l’erreur, plus il sera difficile d’opérer des changements.”

Changer de classe le jour de la rentrée est donc possible, à condition toutefois qu’il s’agisse bien d’une erreur de l’établissement. Mais, à en croire Bernard Levoisin, principal d'un collège toulousain, c’est rarement le cas : “Les parents pensent qu’il suffit d’avoir indiqué, en fin d’année, qu’ils souhaitent que leur enfant suive telle ou telle option pour qu’il y soit automatiquement inscrit. Or, pour certaines d’entre elles, comme les sections européennes ou la DP3 (découverte professionnelle 3 heures), les places sont limitées. Nous devons donc opérer une sélection.”

Avancez les bons arguments

Vous pensiez préférer le latin au chinois, mais après réflexion, l’idée de vous frotter au mandarin vous séduit finalement ? Adressez sans attendre une lettre circonstanciée et très motivée au principal de votre collège. Vous y exposerez les raisons qui vous ont poussé à changer d’avis : vous avez rencontré des personnes qui vous ont convaincu de l’intérêt de faire du grec, vous avez dévoré des livres ou fait des voyages qui vous ont donné envie d’apprendre le chinois, ou d’approfondir vos connaissances en anglais, ou encore de vous mettre à la musique, etc.

“C’est souvent très compliqué de changer un élève de classe après la rentrée. On ne le fait qu’exceptionnellement, et seulement si l’on juge que ça en vaut vraiment la peine, qu’il ne s’agit pas là d’un caprice. Changer d’option pour être avec un copain n’est pas un argument recevable”, insiste Bruno Siour, principal d'un collège de Lille, qui avoue craindre un effet contagion lorsqu’il accède à ce genre de requête. Si vous souhaitez changer d’option, Il faut vous y prendre le plus tôt possible, de préférence avant la rentrée, c’est-à-dire avant que les classes ne soient connues… et engagez-vous à rester discret !

“Les élèves et les parents ne s’imaginent pas à quel point c’est compliqué de faire les classes”, lâche Bernard Levoisin. Entre l’enseignement des langues qu’il faut aligner pour permettre la constitution de groupes de compétences, les cours en demi-groupes et les contraintes des options, l’exercice vire parfois au casse-tête.

Pour preuve, “on s’y colle tous : enseignants, CPE (conseiller principal d’éducation), direction, quelques jours avant les vacances. Et je peux vous garantir que les discussions sont animées”, renchérit Laure Bardet, professeure principale de quatrième en région parisienne. “Alors, forcément, quand on voit arriver des parents qui demandent à ce que leur enfant change de classe au prétexte qu’il n’est pas avec ses copains ou que le niveau des autres élèves est trop faible, on n’est pas très réceptifs”, justifie Bernard Levoisin.

En cas de refus, dédramatisez

Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas avec vos copains que, pour autant, vous allez passer une mauvaise année. Émilie, qui fait sa rentrée en première, se souvient de son retour du collège après sa première journée de troisième. “Dans ma classe, il n’y avait que des ‘bolosses’. J’étais littéralement effondrée, raconte avec dérision la jeune fille, qui dit avoir finalement passé une bonne année. Ce n’est parce que les élèves de ma classe ne me ressemblaient pas que pour autant ils n’étaient pas intéressants. Petit à petit, on a appris à se connaître et à s’apprécier.”

Même son de cloche du côté de Victor, en troisième : “L’an dernier, je me suis retrouvé avec des personnes que je n’aimais pas. Au début, j’ai eu très peur, mais finalement ça ne s’est pas si mal passé. Dans une classe, il y en a toujours deux ou trois de sympas et je retrouvais mes amis aux récrés et à la cantine.”

Pour Valérie Delaux, responsable d’une association de parents d’élèves dans un collège de la région parisienne : “Les chefs d’établissement n’ont pas à faire les classes en fonction des affinités de chacun. Un collégien doit pouvoir s’adapter”… jusqu’à un certain point. Si vraiment vous vous retrouvez avec des élèves qui vous “maltraitent” ou dont vous avez peur, parlez-en ouvertement avec le principal, le CPE ou un professeur.

Julie Clot confirme : “On cherche à constituer les classes les plus harmonieuses possibles. Pour autant, on n’est pas à l’abri d’une erreur, le plus souvent par ignorance. Dans ce cas, dès qu’on en a connaissance, on met tout en œuvre pour y remédier.”

Le professeur ne fait pas tout

Côté profs, ce n’est pas parce que vous n’êtes pas avec ceux que vous pensez être la crème de la crème des enseignants de votre collège que vous êtes condamné à une scolarité médiocre. À en croire Bernard Levoisin, “il faut relativiser l’effet prof sur la scolarité. Un bon élève restera bon quel que soit l’enseignant. Et puis, dans la mesure du possible, on essaie de faire en sorte que ce ne soient pas toujours les mêmes élèves qui récupèrent le prof problématique !”

Enfin, rappelez-vous qu’une année scolaire ne dure que dix mois. Alors, avec un peu de chance, l’an prochain, vous vous retrouverez avec vos meilleurs copains et le top des enseignants !