Nicolas, bachelier 1968 : "Ça a été un véritable éveil politique"

Par Dimitri Schlichter, publié le 18 Juin 2020
3 min

Souvenir du bac... 1968 ! Pour marquer l'évolution du bac depuis l'après-guerre, l'Etudiant a retrouvé d'anciens bacheliers de différentes époques. Pour Nicolas, diplômé en 1968 dans des conditions similaires à celles de 2020, le bac a eu une résonance politique, qui l'a poussé à s'engager au cours de sa carrière d’avocat.

L'année 1968 restera assurément dans les mémoires et dans les livres d’histoire ! Lorsque les événements (manifestations étudiantes et grèves générales) ont débuté au mois de mai, Nicolas Chaput avait 17 ans. Il était en terminale littéraire au lycée Ernest Perochon à Parthenay, dans les Deux-Sèvres (79).

// © Photo fournie par le témoin

Dans cet établissement de province, ce fut un bouleversement. "Tout de suite, un comité d’actions de lycéens s’est formé. Cela a été une découverte. Il n’y avait pas de véritables organisations politiques établies à Parthenay. Nous avons donc appris à nous structurer tout seuls." Et cela s’est fait dans de bonnes conditions. "Il n’y avait pas d’hostilité de la part de nos professeurs, ni de la direction du lycée."

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Mais au-delà des événements, l’enjeu restait tout de même le baccalauréat. "À partir de la mi-mai, les cours se sont arrêtés. Nous avions évidemment quelques inquiétudes. Nous avons appris tardivement que les examens ne se dérouleraient qu’à l’oral, et seulement dans certaines matières."

Bon élève, Nicolas Chaput confesse, avec modestie, qu’il aspirait à une mention. "Finalement, j’ai eu assez bien. Et je reconnais avoir été un peu déçu car cela ne reflétait pas totalement mon parcours au lycée."

// © Photo fournie par le témoin

Néanmoins, il n'en retient que du positif. Diplômé d’une licence en droit maritime, puis d’un diplôme d’études supérieures (DES) de droit privé, il entre au barreau de Nantes en 1974. Les bouleversements liés à mai 68, malgré leur ampleur, n'ont pas directement affecté son orientation."Je pense que j’aurais eu le même parcours. J’avais déjà une fibre littéraire. Mais ça a été un véritable éveil politique. C’est là que tout s’est construit et cela a clairement influencé mon engagement ensuite", explique-t-il. Un engagement qui l'a mené à la vice-présidence du syndicat des avocats de France dans les années 80, une mission dont il se dit aujourd’hui "très fier".

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