Perles du bac 2013 : la première pétition du bac

Par Thibaut Cojean, publié le 17 Juin 2020
5 min

Les perles du bac ne sont pas réservées aux copies des élèves. En 2013, la première pétition dénonçant la difficulté d'une épreuve apparaît sur Internet. Depuis, aucune édition du bac n'a été épargnée de son lot de plaintes. Rarement pour le meilleur, souvent pour le pire.

Dans la presse, on appelle "marronnier" un sujet qui fait la une chaque année à la même période. Inlassablement, les grands médias s’emparent ainsi à chaque fois avec la même intensité de Noël, des soldes, de la canicule ou de la rentrée scolaire… Fin juin, le marronnier, c’est le bac : les sujets de philo, les réactions des candidats, l’angoisse des parents, les révisions de dernière minute et, depuis quelques années, les pétitions !

Elles sont désormais inévitables. À chaque édition du bac, son lot de pétitions. Un sujet a été jugé trop difficile ? Une question a été mal comprise ? Un auteur inconnu s’est invité dans un énoncé ? Une, deux, dix pétitions fleurissent aussitôt sur Internet. Le plus souvent pour rien : quelques milliers de signatures plus tard, les correcteurs restent impassibles.

Plus de 400 pétitions sur change.org

Sur la plateforme de pétitions en ligne change.org, la recherche "baccalauréat" affiche plus de 400 résultats ! Il y en a pour toutes les filières : générales, technologiques et professionnelles. Si la méthode est très employée, elle est pourtant assez récente. La plus ancienne pétition connue semble dater de 2013. À l’époque, la mayonnaise ne prend pas : seuls 11 signataires dénoncent l’ambiguïté d’un sujet d’histoire-géographie.

Le succès des élèves contestataires sera plus prononcé l’année suivante. Il faut dire que le bac S 2014 était vraiment difficile, au moins pour ces 55.000 personnes qui ont signé une pétition dénonçant "le carnage des sujets", notamment d’anglais, de physique-chimie et de mathématiques.

Les contestataires ont aussi créé un groupe Facebook qui a réuni quelque 7.000 membres. Il n’en faut pas plus pour créer un mouvement : Internet est devenu un espace d’expression, et les candidats mécontents n’hésiteront plus à s’y exprimer via un tweet ou, mieux, une pétition.

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La télé s'en mêle

Entre 2015 et 2019, c’est le festival ! Ici, on se demande ce que la NASA vient faire dans un sujet de physique-chimie (2015, 5.700 signatures). , on dénonce une faute de frappe dans le sujet de maths (2016, 10.300 signatures). Quoi ? Une majeure en histoire pour la seconde année consécutive ? Une pétition (2017, 9.400 signatures) !

Même des parents s’y essaient (2019), mais ça ne prend pas (64 signatures). Parfois, la contestation s’invite jusqu’à la télévision, comme en 2015, année de la fameuse "question M" du bac d’anglais.

Gênés par ces actions, certains élèves ont bien tenté de lancer des pétitions contre les pétitions, mais sans obtenir la même adhésion : en 2015, seuls 29 signataires ont eu peur de "passer pour des cons" et en 2017, moins d’une centaine ont demandé le "retrait de la pétition" contre le sujet d’histoire-géo.

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100.000 signatures en 2018 et en… 2020

En 2018 naît la pétition de tous les records : 100.000 personnes s’accordent sur la difficulté de l’épreuve de maths du bac S. Cette fois, le ministère de l’Éducation nationale réagit, et explique à l’Etudiant que "le barème, établi après l’épreuve à partir de copies d’élèves, permet une harmonisation nationale, comme c’est le cas à chaque fois". Comprendre : la notation d’une copie dépend toujours de la difficulté des sujets, pétition ou pas pétition.

Toutes ces pétitions auraient donc été créées, signées, partagées et commentées pour rien ? Sans doute. Jusqu’à cette année. Dans le contexte très particulier de 2020, les épreuves écrites du bac ont été annulées, mais pas les pétitions. Et cette fois, ce sont les profs qui ont signé le record de l’année : presque 100.000 signatures pour ce texte demandant l’annulation de l’oral de français. Une fois n’est pas coutume, ils ont été entendus.

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