Perles du bac 2019 : une dernière édition très mouvementée

Par Thibaut Cojean, publié le 22 Juin 2020
5 min

Les perles du bac ne sont pas réservées aux copies des élèves. En 2019, dans un contexte politique très tendu en raison de la contestation d'enseignants contre la réforme du bac, elles se sont multipliées : grève de la surveillance, fuites de sujets et de résultats (!), erreurs dans les énoncés et rétention de notes, le tout encadré par une étrange gestion ministérielle... Un cocktail explosif !

Avec l’annulation des épreuves écrites du bac 2020, l’édition 2019 restera la dernière version complète du bac avant la réforme. Un épisode qui restera dans les mémoires, même si certains aimeraient l’oublier.

L’organisation de ce bac se déroule dans un contexte assez tendu. Entre les syndicats enseignants et le ministre de l’Éducation nationale, les relations sont loin d’être parfaites. Le motif ? La réforme du bac, entres autres. Les syndicats, opposés à une partie de la réforme, se plaignent également du manque de dialogue et de concertation avec Jean-Michel Blanquer.

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Grève de la surveillance

Fin mai, moins de trois semaines avant l’épreuve de philo, qui ouvre traditionnellement les écrits de l'examen, deux syndicats lancent un appel à la grève de la surveillance. Ils veulent "envoyer un signal pour dire à Jean-Michel Blanquer qu’il n’a rien écouté", et assurent que leur intention n’est donc pas de faire annuler les épreuves.

Selon le ministère de l’Éducation nationale, 5% des professeurs étaient déclarés grévistes le matin du lundi 17 juin, et l’épreuve de philo a pu se dérouler sans encombre. Malgré tout, l’édition 2019 du bac a démarré dans des circonstances difficiles et stressantes pour un certain nombre de candidats.

Suit une semaine assez classique, émaillée des traditionnelles pétitions. La première, dès le lundi, fait suite à l’étonnement des candidats au bac de français qui ont appris, après l’épreuve, qu’Andrée Chedid était une femme.

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Fuite des sujets de maths

Vient le vendredi 21 juin, le jour des maths. Premier couac en séries S et ES. Quelques minutes avant la fin de l’épreuve, des candidats apprennent qu’il y a des erreurs dans l’énoncé. Le ministère de l’Éducation nationale se veut rassurant et assure que les élèves ne seront pas désavantagés.

Plusieurs heures plus tard, ce même ministère annonce porter plainte pour suspicion de fuite des sujets de maths en ES et en L. Les rumeurs qui parcouraient les réseaux sociaux le matin sont avérées. L’événement étant restreint à quelques établissements, les candidats ne sont pas reconvoqués.

Mais le grand événement du bac 2019 est intervenu après les épreuves. Toujours contestataires à la réforme du bac et à l’attitude du ministère, des professeurs décident d’un nouveau mode d’action : la rétention de notes. Les copies sont corrigées, mais ils refusent de rentrer les notes dans le logiciel.

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Rétention de notes et fuites… des résultats

Leur objectif : retarder la publication des résultats pour alerter sur leurs revendications. Quelques jours avant les résultats, 100.000 notes manquent à l’appel ! Pas de quoi impressionner Jean-Michel Blanquer, qui déclare que les grévistes seront sanctionnés et que les notes manquantes seront remplacées par la moyenne de contrôle continu des élèves.

Dans de nombreux lycées, les professeurs refusent de se soumettre à cette méthode. Les témoignages de membres de jury ont alors fait état de réunions chaotiques et de notes accordées de manière totalement arbitraire, voire mises au hasard.

Presque miraculeusement, tous les résultats du bac ont pourtant été affichés en temps et en heure, le vendredi 5 juillet 2019. Et même un peu plus tôt. Car dès le jeudi soir, un énième couac vient clore cette édition mémorable : le site de l’académie de Lille a affiché ses résultats en avance, et par erreur, pendant une quinzaine de minutes.

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