1. EPI et travail en groupe au collège : jouez collectif !
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EPI et travail en groupe au collège : jouez collectif !

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Brainstorming dans le cadre d'un EPI // © Michel GAILLARD/REA
Brainstorming dans le cadre d'un EPI // © Michel GAILLARD/REA

Comment monter une équipe et briller sur le terrain des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires), désormais au programme de la cinquième à la troisième ? Collégiens, voici quelques conseils pratiques.

Dans le cadre des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires), vous êtes évalué sur les connaissances au programme spécifiques à chaque matière. Les professeurs prêtent également attention aux compétences transversales, et notamment à la capacité à travailler en groupe.

Si une équipe de football aligne 11 joueurs, le groupe de travail idéal en EPI se compose de 3 ou 4 élèves. "Au-delà de 5, il devient difficile de se mettre d'accord, de s'organiser et de se réunir en dehors des heures de cours", explique Laurent Adien, professeur d'anglais au collège Adam-Billaut à Nevers (58). L'un des trois EPI que cet enseignant encadre a pour thème la découverte du monde professionnel et la préparation à la séquence d'observation obligatoire en troisième. Ses élèves de quatrième sont donc amenés à filmer et à interviewer, en français ou en anglais, le personnel enseignant de l'école. Le chef d'établissement n'y échappe pas non plus !

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Constituez une dream team

Mixité, hétérogénéité et complémentarité. Telle est la devise d'une équipe qui gagne. Comme beaucoup de professeurs, Laurent Adien n'intervient pas dans la constitution des groupes. Pour lui, le bataillon idéal comporte "autant de filles que de garçons, des élèves de tous niveaux [des bons et des moins bons] et surtout des compétences variées". Prenons l'exemple de l'EPI découverte du monde professionnel cité ci-dessus. La brigade de choc pourrait comporter un élève à l'aise à l'oral, un anglophone et un as du montage vidéo. Mieux vaut prendre le temps de bien choisir ses camarades, car les groupes changent rarement en cours de route.

Un capitaine, plusieurs postes

Une fois le groupe constitué, il ne vous reste plus qu'à vous retrousser les manches. Au travail ! Laurent Adien recommande, dans un premier temps, de "coucher les idées sur papier". Pas de censure, toutes les remarques et idées sont les bienvenues : reformulations du sujet et des consignes, propositions en tous genres, envies et compétences des uns et des autres. Cette étape est particulièrement importante. Elle permet à chacun de trouver sa place dans le groupe et dans le projet avant la rédaction du planning et la répartition des tâches.

Au sein du collectif, faut-il laisser les talents s'exprimer naturellement ou, au contraire, désigner un chef et attribuer une mission à chacun ? Il y a deux écoles. Bruno Vergnes, professeur de français au collège Pierre-Emmanuel de Pau (64), prend part à un EPI sur le Vendée Globe, le tour du monde à la voile en solitaire. "En l'absence de rôles clairement définis, il y en a toujours un ou deux qui travaillent et les autres qui regardent, constate-t-il avant d'ajouter : Évidemment, il faut adapter les rôles à la nature du projet." Le gardien du temps a un œil sur le planning, le documentaliste va à la pêche aux informations, le porte-parole présente la projet devant toute la classe.

On peut aussi avoir besoin d'un animateur pour gérer les débats, d'un rédacteur et d'un technicien. Les tâches peuvent être cumulables et interchangeables pour éviter l'ennui et les frustrations. Yannick Marvin est professeur d'histoire-géographie au collège Croix-Maître-Renault de Beaumont-le-Roger (27). Il participe à un EPI sur le thème de la liberté et donne le conseil suivant : "Prenez la parole, devant le groupe ou la classe, afin de vous préparer à l'épreuve orale du nouveau brevet".

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Tactique pour une équipe championne

"Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin", dit un proverbe africain. S'il vaut mieux éviter les conflits, les désaccords dans l'équipe sont nécessaires. Le débat permet d'aboutir à des idées plus solides et plus intéressantes. "La sociabilité et l'argumentation sont utiles dans la vie professionnelle et indispensables dans une société démocratique", rappelle Bruno Vergnes, professeur de français. Et de faire la recommandation suivante : "Il faut se focaliser sur l'objectif, qui n'est pas d'imposer ses idées mais bien de rendre un travail de qualité en temps et en heure."

Ainsi, le rôle de l'enseignant qui encadre l'EPI est double. Il répond aux questions propres à sa matière (la prononciation en cours d'anglais, par exemple), tout en arbitrant les petits désaccords. Il ne faut donc pas hésiter à l'interroger sur le caractère pertinent (au regard des consignes) ou réalisable (selon le matériel ou le temps) d'une idée. Si le groupe de travail était une équipe de football, le professeur serait l'entraîneur.