Collège : de la 6e à la 3e, ce qui change chaque année

Par Isabelle Dautresme, publié le 27 Juillet 2015
8 min

Que vous fassiez votre rentrée en 6e ou que vous abordiez la dernière classe du collège, chaque niveau réserve son lot de changements auxquels il vous faut vous préparer afin d’aborder cette nouvelle année en toute sérénité.

Si vous entrez en 6e

Le principal changement en sixième ? Vous n’avez plus un ou deux maîtres ou maîtresses qui vous enseignent plusieurs matières et ont une vision d’ensemble de ce que vous faites, mais une petite dizaine de professeurs, chacun spécialisé dans une discipline : le français, les mathématiques, l’histoire-géographie… et la technologie !
  

À chaque jour ses horaires

Il est peu probable que vous commenciez tous les jours de la semaine à la même heure, et votre emploi du temps sera sans doute ponctué de “trous” (les fameuses heures de permanence). Certains jours, vous serez “libéré” dès 15 heures, d’autres, à 18 heures. Les semaines A (paires) seront peut-être plus chargées que les semaines B (impaires)… 

Pour vous adapter au mieux à ces changements et ne pas vous retrouver débordé, voire submergé, il faut vous organiser et anticiper. D’autant, qu’à écouter Sadika Benslimame, responsable d’une association de parents d’élèves en région parisienne, “les enseignants ont parfois tendance à agir comme s’il n’y avait que leur matière. Ils fixent les dates de contrôles ou de rendu de devoirs sans concerter leurs collègues. Conclusion, certains élèves se retrouvent avec trois contrôles le même jour, ce qui n’arrivait pas au primaire. Pour peu qu’ils terminent à 18 heures la veille et c’est la catastrophe…”.

La solution ? “Travailler régulièrement et s’avancer le plus possible”, répondent en chœur les professeurs interrogés. Marie-Noëlle Baquet, forte de son expérience de professeure principale de sixième depuis quinze ans à Chaville (92), confirme : “Relire ses cours, apprendre régulièrement ses leçons et ne pas attendre le dernier moment pour faire ses devoirs est la clé de la réussite en sixième.”
  

Plus de salle de cours attitrée

Ce sont les professeurs qui ont leur salle de cours attitrée, pas les élèves. À vous de vous déplacer ! “Au début, cela peut sembler un peu compliqué, témoigne Julie Clot, principale du collège les Martinets à Rueil-Malmaison (92) qui organise, le jour de la rentrée, un jeu de piste dans les couloirs du collège avec distribution de plan, histoire de rassurer ‘ses petits sixième’. En l’espace d’une semaine ou deux maximum, ils ont pris totalement possession des lieux et se repèrent aussi bien que ceux qui fréquentent le collège depuis trois ans.”
  

Un cartable souvent (trop) lourd

“Savez-vous à quoi on reconnaît un sixième ?, interroge Silvia Collet, professeure d’espagnol au collège Landry de Rennes (35). À la taille de son sac de cours.” Sadika Benslimame le regrette également : “Trop d’élèves plient sous le poids d’un cartable plus lourd qu’eux.” D’où l’importance de bien réfléchir à ce dont vous avez réellement besoin. Il n’est peut-être pas indispensable d’apporter l’intégralité de votre classeur d’histoire-géographie à tous les cours, ni votre livre de mathématiques s’il y en a un exemplaire en double dans la classe.

Pensez également à utiliser le casier, que la plupart des établissements mettent à votre disposition pour vous délester de certaines de vos affaires et ainsi alléger votre cartable. À condition toutefois que vous pensiez à les récupérer le soir avant de rentrer et de vous organiser pour ne pas perdre les clés du cadenas !
  

Un accompagnement personnalisé

Enfin, sachez qu’en sixième, il existe un AP (accompagnement personnalisé), généralement de deux heures par semaine, le plus souvent en mathématiques et en français. “Il est prévu pour les élèves qui ont besoin de se retrouver en petits groupes avec leur professeur pour revoir les notions non comprises ou simplement pour apprendre à s’organiser”, explique Julie Clot.

Si vous entrez en 5e

Comparé à votre entrée en sixième avec son lot de changements, l’année de cinquième va vous sembler bien tranquille. Exit le stress de la découverte du collège. Quant à celui de l’examen (le brevet), il ne pointe pas encore le bout de son nez.
  

Une année “parenthèse”

“La cinquième est une classe où l’on peut prendre le temps, explique Julie Clot. Le programme ne présente pas de difficultés particulières et les enseignements sont vraiment dans le prolongement de ceux de sixième.” Même son de cloche du côté de Marie-Noëlle Baquet pour qui “c’est l’année où l’on se pose enfin”. Et si vous profitiez de “cette parenthèse” pour consolider vos connaissances, parfaire votre organisation et commencer à réfléchir à votre orientation ? C’est d’ailleurs cette année que débute le PDMF (parcours de découverte des métiers et des formations).
  

Les IDD (itinéraires de découverte)

Certains collèges proposent aux élèves de cinquième des itinéraires de découverte. Le principe ? Faire travailler ensemble des professeurs de matières différentes deux heures par semaine et aborder le programme de façon plus concrète, dans des domaines variés qui vont du corps humain aux humanités en passant par les arts et les langues. Une manière différente d’aborder les savoirs.

Reflexion - Orientation // © ShutterstockLa question de l'orientation va se développer pendant les années collège. // © Shutterstock

Si vous entrez en 4e

Après une année tranquille, le programme de la classe de quatrième s’annonce plus chargé : davantage d’heures de cours, une seconde langue vivante et des programmes plus exigeants.
  

Attention à la marche !

“En quatrième, on attend des élèves qu’ils fournissent un travail approfondi et réfléchi. Les notions abordées sont plus abstraites, l’argumentation fait son entrée”, confirme Françoise Beloucha, professeure de français au collège Pilâtre-de-Rozier à Paris. D’où la nécessité de prendre très vite de bonnes habitudes de travail et de vous organiser efficacement.
  

Le temps des grands bouleversements

La marche à franchir en quatrième pourra vous sembler d’autant plus haute que, côté personnel, c’est l’heure des grands changements : “À 13-14 ans, l’adolescence s’installe avec son lot de préoccupations, d’interrogations et de tentations pas toujours compatibles avec une scolarité de plus en plus exigeante”, souligne Brigitte Prot, psychopédagogue. (Lire notre dossier : “Passer le cap de la quatrième, l’année de tous les dangers”).

Si vous entrez en 3e

Des programmes plus chargés, des enseignants plus exigeants, davantage d’heures de cours (le français, l’histoire-géographie, les mathématiques, la physique-chimie et la technologie bénéficient chacun de trente minutes de plus par semaine), la pression monte en troisième. D’autant que c’est aussi l’année du brevet et des premiers choix d’orientation.
  

Le lycée en ligne de mire

“On attend des élèves de troisième qu’ils adoptent petit à petit la posture du lycéen, d’où un niveau d’exigence élevé aussi bien en termes de savoirs scolaires que de savoir-être”, explique Brigitte Prot.

Le stage de découverte en entreprise s’inscrit dans cette démarche. “Il est l’occasion pour les collégiens de mieux appréhender le monde du travail et d’affiner leur projet professionnel le cas échéant, mais aussi de quitter leur costume de collégien le temps d’une semaine, en adoptant un comportement responsable dans un univers qu’ils ne connaissent pas”, martèle Julie Clot.
  

Penser orientation

Autre grand chantier de la classe de troisième : l’orientation. Pendant l’année, vous aurez un entretien avec votre professeur principal pour parler de votre parcours de formation et d’insertion : c’est l’“entretien personnalisé d’orientation”.

L’objectif ? Vous faire réfléchir à vos projets d’études pour l’après-troisième, et étudier les moyens de les mettre en œuvre. Ce moment est particulièrement important si vous optez pour la voie professionnelle (lire notre dossier : “Êtes-vous fait pour la voie pro ?”).
  

Cap sur le brevet

Enfin, côté strictement scolaire, les enjeux de la classe de troisième sont de taille puisqu’elle débouche sur votre premier examen : le DNB (diplôme national du brevet). S’il n’est pas indispensable de le décrocher pour aller au lycée (lire notre article “Brevet : quelles conséquences si vous le ratez ?”), il n’en reste pas moins une étape importante qu’il vous faudra préparer tout au long de l’année.

D’où la nécessité de vous mettre au travail au plus vite en gardant à l’esprit que vous serez interrogé sur tout ce que vous aurez vu au cours de l’année. “Faites des fiches, revoyez les cours de façon méthodique, entraînez-vous aux épreuves types brevet”, répète à l’envi Marie-Noëlle Baquet.

Au final, beaucoup de nouveautés et d’apprentissages au programme de cette année. Mais bien organisé, vous n’en ferez qu’une bouchée !

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