"Après mon IUT... je suis partie travailler dans la recherche nucléaire"

Par Etienne Gless, publié le 27 Mai 2021
6 min

Alors qu’elle ne comptait pas suivre cette voie au départ, Julia, aujourd'hui technicienne en matériaux au sein du CEA, estime que son passage en IUT lui a permis de ne pas se fâcher avec les études et même d'obtenir de précieux diplômes pour entrer dans la vie active.

"Quand j’ai été prise en IUT pour un DUT Mesures physiques, j’étais en pleurs je ne voulais pas y aller", se souvient Julia, technicienne Mesures physiques qui travaille actuellement au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) sur le site de Valduc, près de Dijon.

Sur ce site militaire sensible et ultra protégé, le CEA se consacre à la recherche et la production d’armes nucléaires. Dans une équipe de recherche de 15 personnes, Julia travaille à l’exploitation de dispositifs expérimentaux complexes en milieu nucléaire. "Je fais de la recherche et pourtant les études au départ ce n’était pas mon truc ! Au lycée je préparais certes un bac scientifique car j’aimais les matières de physique et chimie. Mais en classe de première mes résultats ont commencé à dégringoler : je n’arrivais pas à suivre et à comprendre, je me sentais à l’écart des autres ; j’ai eu mon bac tout juste avec 10,5 de moyenne !"

Lire aussi

L’IUT n'était pas le choix du cœur !

Après le bac, le premier projet de Julia était de rentrer dans l’armée de l’air pour y devenir sous-officier. "Je suis allée au Cirfa, le centre de recrutement de l’armée. La personne qui me reçoit me conseille d’abord de suivre au moins deux ans d’études supérieures pour le cas où ça ne marcherait pas. En me précisant que, même à bac+2, je serai en concurrence avec des candidats bac+5 pour le concours de sous-officier. Je réalise alors que je dois suivre des études, je n’ai pas le choix !"

Au moment de formuler ses vœux sur APB, l’ancêtre de Parcoursup, la lycéenne envisage de mettre une licence Staps en premier vœu. "Mais au moment de valider mes choix, ma mère m’a dit 'hors de question'. J'ai alors mis le DUT Mesures physiques du Creusot sans regarder ce qu’il y avait à l’intérieur de cette formation et en me disant que de toute façon je ne serai pas prise".

Lire aussi

Une première année redoublée

Pas de chance pour Julia, l’IUT a retenu sa candidature ! "Le premier jour de cours a été un calvaire : quand j’ai vu toutes les matières que nous allions avoir, et qu’il n’y aurait que peu de physique chimie, disciplines que j’adore, je me suis demandé dans quoi je m’étais embarquée !", se souvient-elle. La première année d’IUT fut très compliquée pour l’étudiante. "J’ai préféré la redoubler pour acquérir les vraies bases que je devais avoir. Cela a été le déclic : en refaisant ma première année, la deuxième année s’est très bien passée."

Lire aussi

Petite promotion et entraide : les clés pour réussir

"A l’IUT du Creusot, nous étions une petite promotion très soudée. Les professeurs nous aidaient quand nous avions besoin d’un coup de main". Julia parvient à obtenir un stage dans son domaine de prédilection, les matériaux. Ayant enfin trouvé sa voie, la jeune femme obtient son diplôme. Elle finit même 6e de sa promotion, et décide de ne pas s’arrêter là.

"On me disait que j'avais les capacités pour aller en école d’ingénieurs mais je ne le souhaitais pas. J’ai préféré me diriger vers une licence professionnelle (LP) 'parcours laser', qui allait me permettre d’avoir un pied dans le monde du travail, toujours à l’IUT du Creusot et dans le domaine des matériaux. Et cette fois j’ai fini major de ma promo !"

Lire aussi

L’IUT pour sécuriser ses études supérieures

En se retournant sur son parcours de formation, Julia savoure son ascension. "Ce n’est pas parce qu’on a son bac 'ric rac' qu’on ne peut pas mener de solides études supérieures. Il faut se pousser un peu et se dire qu’on va y arriver. Il suffit de trouver la branche dans laquelle on se plaît et tout va mieux."

La jeune technicienne reconnaît qu’aller à l’université après le bac aurait probablement été une erreur : "Aller à la fac, cela aurait été trop d'autonomie d’un coup. J’étais encore un bébé en sortant du lycée et je savais qu’à la fac j’allais décrocher et courir le risque de perdre le goût des études. Il me fallait étudier dans un IUT". Pour Julia, l’IUT a été la solution de formation idéale : "C’est la continuité du lycée. Même si on nous laisse plus d’autonomie, on bénéficie de professeurs qui nous encadrent. Et il y a beaucoup de TP et de TD en plus des cours magistraux". Avec le recul, la jeune femme, reconnaissante, remercie sa mère qui l’a aidée à trouver sa voie !

Lire aussi

Articles les plus lus

A la Une BTS/DUT

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !