Portrait

Paralympienne et ingénieure : le double projet de Zoé Maras

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Objectif Paris 2024 pour la jeune joueuse de tennis Zoé Maras qui allie études supérieures et sport de très haut niveau. © FFT
Par Bruno Cuaz, publié le 08 février 2023
4 min

OBJECTIF PARIS 2024 - Âgée de 21 ans, Zoé Maras vient d’intégrer le tout nouveau pôle France de Roland Garros réservé au "paratennis". Après avoir obtenu un DUT de physique, la jeune femme a décidé de quitter Saint-Étienne et de mettre ses études entre parenthèses pour tenter de se qualifier pour les Jeux olympiques de Paris en 2024…

"Je suis née avec un fauteuil roulant", affirme Zoé Maras avec un grand sourire. Pour elle, c’est surtout une façon d’expliquer qu’elle est devenue handicapée à l’âge de 3 ans après une tumeur à la moelle épinière. Très active, elle s’essaye d’abord à la natation avant de découvrir le tennis un peu par hasard lors d’une démonstration de joueurs en fauteuil sur le parking d’un supermarché.
Elle s’empare d’une raquette et, dès le week-end suivant, on l’invite à prendre part à un stage avec d’autres jeunes joueurs. La voilà mordue. Depuis, elle n’a pas lâché l’affaire, ses progrès constants la conduisant jusqu’à la 31e place mondiale.
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zoe maras © FFT

Combiner sport de haut niveau et études supérieures, une nécessité

Élève studieuse plutôt douée dans les matières scientifiques, Zoé poursuit une scolarité normale jusqu’au bac S. "Je n’avais pas d’horaires aménagés, ce qui fait que je devais m’entraîner le soir après 18h et que je ne pouvais pas vraiment m’absenter pour faire des compétitions. Comme j’aimais les maths et la chimie, j’ai cherché un cursus qui pouvait me permettre d’étudier, tout en faisant du sport. J’ai trouvé le DUT (ex-BUT) mesures physiques à l'IUT d'Annecy (74) qui proposait cette opportunité."

Là-bas, elle consacre les matinées aux études et les après-midi à l’entraînement. "Quand je partais en tournoi, j’avais la possibilité d’avoir un preneur de notes, précise-t-elle. Cela me permettait de disputer environ un tournoi par mois." Elle a ainsi pu se partager entre le DUT qu’elle a obtenu en trois ans et le sport de haut niveau au club d’Annecy Tennis en compagnie de son entraîneuse Nicole Tekelova.

"C’était vraiment très important pour moi ce double projet. Je voulais avoir au moins un bac+3 même si le tennis est un objectif. En plus, passer de l’un à l’autre était nécessaire. J’avais une vie sociale à l’université. Ça m’a permis de me créer un cercle d’amis en dehors du tennis. Et maintenant que je me concentre sur le tennis, ils sont derrière moi."

Objectif Paris 2024

Aujourd’hui, l’objectif est de gagner sa place pour les Jeux dans un cadre idéal. "J’ai eu la chance d’être retenue pour intégrer le pôle France de Roland Garros et j’ai des conditions parfaites pour m’entraîner, s’enthousiasme-t-elle. J’ai des entraîneurs au top et en une journée je fais quasiment ce que je faisais avant en une semaine. Je côtoie les meilleurs valides et j’ai un staff médical et un préparateur physique à disposition."

Pour Zoé, les Jeux paralympiques 2024 sont désormais tout proches. "Je suis 30e mondiale et il faudra faire partie des 22 meilleures pour pouvoir jouer à Paris 2024." Le rêve de cette jeune femme un peu timide semble aujourd’hui à sa portée. Il sera bien temps, ensuite, de reprendre ses études d’ingénieur ou d’intégrer la vie professionnelle.

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