1. Des prépas pour tous les goûts
Décryptage

Des prépas pour tous les goûts

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La classe prépa PCSI du lycée Chateaubriand à Rennes est à dominante physique-chimie. // © Cédric Martigny pour l'Etudiant
La classe prépa PCSI du lycée Chateaubriand à Rennes est à dominante physique-chimie. // © Cédric Martigny pour l'Etudiant

Réputées élitistes, les classes préparatoires aux grandes écoles se sont ouvertes à plus de diversité ces dernières années. Elles ont également adapté leur rythme et leurs conditions d’études. Vous n’avez donc plus aucune raison d’hésiter à y postuler !

Les prépas recouvrent aujourd'hui des réalités très différentes. Derrière le sigle CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles), se cachent en fait trois "familles" bien distinctes.

La première d'entre elles est sans aucun doute la plus élitiste : elle réunit les grands lycées parisiens et versaillais (Henri-IV, Louis-le-Grand, Sainte-Geneviève…). Ces prépas, qui attirent les meilleurs bacheliers de France (mention “très bien” au baccalauréat pour la majorité d'entre eux), sont les antichambres des très grandes écoles comme l'École polytechnique, Télécom ParisTech, les ENS (écoles normales supérieures) ou encore HEC, l'ESSEC, l'ESCP Europe, l'EM Lyon… Autant le savoir : vous n'échapperez ni à une forte compétition, ni à un rythme de travail intense.

Lire aussi : Le classement 2019 des prépas

La deuxième famille rassemble d'autres lycées parisiens (Chaptal, Jules-Ferry, Hoche, Notre-Dame-du-Grandchamp…) et les classes préparatoires des grandes villes en région (Chateaubriand à Rennes,  Pierre-de-Fermat à Toulouse, Le Parc à Lyon ou Montaigne à ­Bordeaux…). Ces très bonnes prépas, au rythme soutenu, sont moins élitistes que les premières. La plupart des élèves ont décroché une mention "bien" au bac, mais quelques-uns n'ont obtenu qu'un "assez bien".

Enfin, il existe de nombreuses prépas dites de proximité, dans des villes moyennes ou en banlieue parisienne, qui se chargent de mener des élèves prometteurs vers de grandes écoles. Ce sont des classes à l'ambiance plus familiale, et qui permettent de s'épanouir dans un cadre moins stressant. Dans tous les cas, une chose est sûre : il y a des places à prendre. Chaque année, plusieurs écoles de commerce et d'ingénieurs ne font pas le plein !

Les prépas commerciales : trois voies possibles

La prépa EC (économique et commerciale), plus connue sous le nom de prépa HEC, mène aux grandes écoles de commerce.

La voie ECS (scientifique) est réservée aux bacheliers S. Le programme comporte des cours de culture générale, de langues, d'histoire et dix heures de mathématiques par semaine !

La voie ECE (économique) est ouverte aux ES ou L option maths, voire à certains S. Elle comporte aussi une forte dose de mathématiques, ainsi que des enseignements en histoire économique.

La voie ECT (technologique), enfin, est destinée aux bacheliers STMG (sciences et technologies du management et de la gestion). Il y a un peu moins de mathématiques, mais du droit, de l'économie, des langues et de la ­culture générale.

Les prépas scientifiques : pour les écoles d'ingénieurs

Les deux principales sont la prépa MPSI (mathématiques-physique et sciences de l'ingénieur) et la prépa PCSI (physique-chimie et sciences de l'ingénieur). La MPSI est plus chargée en maths. La PCSI est à dominante physique-chimie. "On ne se ferme aucune école en choisissant l'une plutôt que l'autre, précise un proviseur de lycée. Il faut privilégier la spécialité qui plaît le plus."

La prépa PTSI (physique, technologie et sciences de l'ingénieur) est axée sur les sciences industrielles et les technologies. Elle permet de repartir sur de bonnes bases lorsque l'élève est un peu juste dans les disciplines scientifiques traditionnelles. 


Le lycée Sainte-Geneviève à Versailles est réputé pour le taux de réussite de ses élèves aux concours des grandes écoles d'ingénieurs.// © Laurent Hazgui/Divergence pour l'Etudiant

La prépa BCPST (biologie, chimie, physique et sciences de la Terre) conduit principalement aux écoles d'ingénieurs agronomes ou à des formations orientées vers les métiers de l'environnement. Elle est aussi la principale porte d'entrée pour les écoles vétérinaires. Sa cote a augmenté ces dernières années, ce qui en fait une voie plus sélective qu'autrefois.

Khâgne : pour entrer en ENS, mais pas seulement…

Il existe deux grandes filières dans les prépas littéraires.

La prépa lettres, dite A/L, est indifférenciée en première année, puis se divise, en seconde année, en deux parcours : "classique", avec beaucoup de latin-grec, pour préparer l'ENS Paris (rue d'Ulm), ou "moderne", avec notamment plus de géographie, pour intégrer l'ENS Lyon.

La prépa lettres et sciences sociales, dite B/L, comporte quant à elle des cours d'économie, de sociologie et de mathématiques. Elle est théoriquement ouverte aux bacheliers L mais, en pratique, ce sont les S ou ES qui y réussissent le mieux. Elle prépare aux ENS Paris (rue d'Ulm), Paris-Saclay et Lyon. Celles-ci sont très sélectives mais la BEL (banque d'épreuves littéraires) permet aussi d'être admissible dans les écoles de commerce, de traduction (ISIT et ESIT) et dans certains IEP (instituts d'études politiques), au Celsa, à l'université Paris-Dauphine… Quelques-unes de ces institutions imposent un écrit supplémentaire, d'autres n'ajoutent que des oraux.

S'assurer de bonnes conditions de travail

Dans tous les cas, si vous êtes admis, c'est que vous avez potentiellement le niveau pour suivre. L'important, ensuite, est de vous assurer les conditions optimales pour réussir.

L'hébergement et le temps de transport jouent ainsi un rôle fondamental. Rien ne sert de viser à tout prix un lycée parisien si vous ne vous sentez pas tout à fait prêt à vivre seul dans un studio. À l'inverse, si vous désirez quitter le cocon familial, les internats, présents dans certains lycées, ou les foyers, peuvent constituer une bonne solution.

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Des prépas très spécifiques