Florent, 26 ans, élève conservateur du patrimoine à l'INP

Par propos recueillis par Timothée Brisson, publié le 25 Juin 2012
4 min

Leur objectif : travailler dans la fonction publique comme conservateur, magistrat, ou encore inspecteur des impôts. Des métiers qui imposent de réussir des concours, puis de se former, sous le statut d’élèves fonctionnaires, dans des écoles tels que Normale Sup, les IRA, l’INP, l’ENM… Sept lauréats racontent leur parcours et livrent les clés pour suivre ces études rémunérées avec emploi garanti à la sortie.

“Le concours d’entrée à l’INP est très éprouvant”

Après son bac, Florent n’a aucune idée quant à son futur métier et ce n’est qu’à la fin de son master d’anthropologie en fac qu’il découvre l’INP (Institut national du patrimoine) et sa prépa intégrée. Il aspire aujourd’hui à devenir conservateur dans un musée sur les civilisations.

 


Son parcours

“J’ai décroché un bac S sans avoir le moindre projet professionnel. J’avais juste la conviction que l’université devait apporter de l’ouverture d’esprit et de l’enrichissement. Je me suis inscrit dans une bilicence en psychologie cognitive et anthropologie sociale et culturelle, à Lyon. Je me passionnais, au cours de mes études, pour une religion africaine, proche de la sorcellerie, le Bwiti. J’ai continué ensuite en master recherche d’anthropologie bioculturelle, à Marseille. À ce moment-là, je n’avais pas d’autres projets professionnels que la recherche.

Toujours en lien avec le Bwiti, dont on parlait de plus en plus, j’ai suivi un module “métier du patrimoine”, qui m’a bien intéressé. En fin de master, la femme de mon responsable de formation m’a parlé de la classe préparatoire intégrée pour intégrer l’INP (Institut national du patrimoine). Je me suis dit, après tout, pourquoi pas ?”
 
Florent, élève conservateur à l'INP - 2012
Les clés pour entrer à l'INP selon Florent ? “Acquérir un maximum de culture visuelle et de méthode”.
 


Le concours

“Je suis entré en classe prépa intégrée à l’INP en août 2010, après avoir passé un oral de sélection. Elle dure 1 an, avec une bourse de 4.000 €. Les cours se déroulent à l’École du Louvre, à l’École des Chartes et à l’INP, où l’on rencontre des professionnels, ce qui est très motivant.

Dès mon entrée en prépa, j’ai su que je voulais être conservateur dans un musée d’État, sur les civilisations. Le concours d’entrée à l’INP est vraiment éprouvant. Il faut acquérir un maximum de culture visuelle et de méthode. Les écrits comportent des épreuves d’ethnologie, de commentaires d’œuvres et de langue vivante. Juste après les épreuves, qui ont lieu en août, je suis parti en stage en Angleterre, pendant un mois. Début novembre j’ai passé les oraux. J’avais vraiment confiance en moi et dans mon projet. Et ça a marché. Sur une bonne dizaine d’élèves en prépa, nous sommes 2 à avoir intégré l’INP.”
 


Sa formation

“Nous pouvons choisir une filière parmi les 5 que proposent l’INP. J’ai choisi la spécialité “musée”. Les enseignements sont les mêmes pour tous les élèves, et couvrent le droit du patrimoine, son économie et quelques cours propres à la spécialité, comme la gestion de collections ou l’élaboration de politiques d’acquisition. Nous pouvons donner notre avis sur la formation et la faire évoluer selon nos attentes. Nous avons un “droit de regard” sur les intervenants.

Les 18 mois du cursus sont entrecoupés par 4 stages obligatoires. Le premier se fait dans une administration culturelle. Je suis allé à la DRAC [direction régionale de l’art contemporain] de Guyane. Il y a ensuite un stage de spécialité, de 5 mois, que j’ai réalisé au musée Gadagne, à Lyon, et au futur Mucem [Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée qui ouvrira ses portes en 2013], à Marseille. Il me reste à faire un stage à l’étranger – j’aimerais bien aller à Jérusalem ou à Oman –, puis un stage hors spécialité. Pour la suite, tout dépendra de mon affectation. J’espère vraiment que je serai conservateur dans un musée d’ethnologie… dans l’idéal, au Mucem.”
Sa rémunération nette pendant la formation : 1.700 € par mois.


Son conseil

“Il ne faut pas se limiter aux itinéraires tout tracés. Quand on n’a pas de projet professionnel et qu’on ne sait pas vers quelles études se diriger, il faut fonctionner à l’instinct. Et surtout ne pas se fermer à des branches que l’on peut croire élitistes.”

 

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