Non au harcèlement scolaire : ces comédiens sensibilisent les élèves par le théâtre

Par Florian Dacheux, publié le 09 Novembre 2017
5 min

ILS VONT FAIRE LA UNE. Après être passés par le Cours Florent, Zem-Zem Bizot, 23 ans, et Maxime Couette, 22 ans, ont fondé la Compagnie Azart au début de l'année 2017. En faisant jouer des collégiens et des lycéens, ils luttent à leur façon contre le harcèlement scolaire.

C’est dans les Yvelines, à Verneuil-sur-Seine, que Zem-Zem et Maxime se sont rencontrés, adolescents, au sein d’Andromède, une association visant à faciliter l'accès à la culture et au spectacle vivant. Après le bac, ils ont continué à se côtoyer, cette fois dans les salles de répétition du très réputé Cours Florent, à Paris.

Créatifs et passionnés de théâtre

"Le théâtre est ma passion. Depuis toute petite, je prends plaisir à lire des pièces, à m’imaginer des mises en scène. J’ai choisi le Cours Florent parce que c’est l’une des écoles les plus prestigieuses de France. Cela m’a apporté une technique pointue, mais aussi des connaissances sur le théâtre contemporain", explique Zem-Zem, 23 ans, fondatrice de la Compagnie Azart, qui compte aujourd’hui cinq membres.

Pour sa part, Maxime, 22 ans, a choisi le théâtre car il lui "semblait impossible de dissocier travail et loisirs". "Je trouve dans le théâtre ce que je cherche : faire des rencontres, avoir la possibilité et la liberté de créer chaque jour, s'enthousiasme-t-il. Au Cours Florent, j’ai progressé en technique de jeu mais surtout découvert quel comédien je veux être."

C’est au culot que le duo a postulé au printemps 2017 dans le monde des théâtres parisiens. Du 17 septembre au 5 novembre 2017, ils ont joué chaque week-end avec la Compagnie Azart leur création "(In)achevé" au théâtre La Croisée des chemins, dans le 15e arrondissement de Paris.

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Une pièce pour lutter contre le harcèlement scolaire

Les deux comédiens ont décidé en parallèle de s’engager pour la jeunesse. Outre leurs spectacles destinés au jeune public, "Voyage à travers les lettres des poilus" ou "De fable en fable", ils développent le théâtre dit "de prévention". Dans l’idée, notamment, de combattre le harcèlement au sein des établissements scolaires. "Nous pensons que le théâtre peut être un bon moyen d’éveiller les pensées des jeunes comme des adultes sur des thèmes importants qui touchent notre société. Il s’agit d’aborder l’éducation civique d’une façon différente, en menant une véritable réflexion et en inculquant des valeurs sans faire la morale", assure Zem-Zem.

Zem-Zem Bizot et Maxime Couette dans leur pièce "(In)achevé", à l'affiche à l'automne 2017.
Zem-Zem Bizot et Maxime Couette dans leur pièce "(In)achevé", à l'affiche à l'automne 2017. // © Florian Dacheux

Le projet s'adresse à des élèves de collège et de lycée. Une fois inscrits, ceux-ci participent à dix séances de deux heures pour monter une pièce de quarante-cinq minutes. "Nous les formons au jeu théâtral mais aussi à la citoyenneté, au respect et à l'écoute de l’autre. Le but est de les sensibiliser au problème abordé", affirme Maxime. Les élèves sont également formés à la prise de parole, puisque chaque représentation se conclut par un débat. Un temps crucial pour engager le dialogue et libérer les mots.

La Compagnie Azart propose deux pièces de ce type. Dans la première, "En dehors des limites", le harcèlement est abordé sous plusieurs formes. Des insultes aux photos volées, des SMS injurieux aux dangers des réseaux sociaux, l'œuvre explore des situations, observe des prises de conscience et envisage des solutions. "Le message étant porté par des pairs, les jeunes spectateurs s’identifient aux personnages et établissent un parallèle entre leur vie et le théâtre", poursuit Maxime.

La seconde pièce est intitulée "Premières fois". Elle aborde en trois actes la contraception, le respect entre garçons et filles ou encore l’homosexualité. La Compagnie Azart réussit ainsi à sensibiliser grâce au théâtre. Pour Zem-Zem, cet art s’y prête car il représente "le partage des mots, de la voix et du corps".

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