Orientation : quelle voie choisir si vous n'avez pas eu la formation de votre choix ?

Par Dahvia Ouadia, publié le 17 Juillet 2020
6 min

Vous visiez une formation, une école, un IAE après le bac, ou après quelques années dans le supérieur mais vous n’avez pas été pris. Quelles sont les possibilités qui s’offrent à vous dans le supérieur ? L’Etudiant vous propose quelques pistes pour rebondir !

Ils ont un bon dossier scolaire, des recommandations, un sérieux bagage et malgré cela, ils n’ont pas eu la formation qu’ils souhaitaient. Que ce soit directement après le bac ou quelques années après pour intégrer une licence 3 ou un master, des étudiants se heurtent à la sélection et se trouvent démunis.

Des étudiants sans solution après une licence

"Je voulais faire une 3e année dans le public, j’ai donc postulé à l’IAE de Lille (59) dans deux mentions, communication et marketing digitale, j’ai postulé à Bordeaux mais soit j’ai été refusée, soit je suis tellement loin sur la liste d’attente que je sais que je ne serais pas prise", résume Chloé qui vient de finir son DUT technique de commercialisation avec succès.

Mathieu, qui vient de terminer sa licence à l’IAE de Lyon (69), se retrouve dans la même situation. Il n’a pas obtenu les deux écoles de commerce qu’il visait en admissions parallèles, l’EM Lyon et l’Edhec et il n’a pas été pris en master à l’IAE de Lyon. "Les deux premières années, je m’en suis sorti avec 11 de moyenne, ce qui n’est pas assez. Cette année j’ai eu 14. Je misais aussi sur le Tage mage (test d'aptitude aux études de management, ndlr) mais ça n’a pas été pris en compte à cause du coronavirus", explique le jeune homme de 21 ans. Comme Chloé il est aujourd’hui à court de temps pour s’inscrire dans un autre parcours.

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Quelles pistes envisager ?

Chloé a décidé de faire des recours gracieux auprès des IAE où elle a essuyé des refus. "J’ai fait des lettres de recours, je conteste leur refus et je vends mes compétences. J’ai un bon dossier, mes professeurs m’ont recommandé… mais les délais sont longs", résume-t-elle.

Elle contacte aussi les universités pour être prise en deuxième année ou des écoles de communication pour faire un bachelor en alternance mais elle se heurte au fait que souvent l’alternance ne commence qu’au niveau master… Une situation partagée par Mathieu qui va peut-être faire un recours auprès du rectorat qui se doit de lui proposer trois masters, même s’ils ne seront pas forcément dans un domaine qui l’intéresseront.

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Face à ces portes qui ont du mal à s’ouvrir, les deux étudiants voient leurs opportunités se restreindre. "J’envisage de partir une année à l’étranger pour améliorer mon anglais avant de reprendre mes études, mais avec la crise sanitaire, c’est de plus en plus compromis", raconte Chloé . Tandis que Mathieu aimerait faire un stage mais il se heurte à la nécessité d’avoir une convention qu'il ne peut obtenir que s'il est inscrit dans un établissement.

Si le jeune homme souhaite s’orienter vers un stage avec un organisme extérieur, un job ou encore un service civique pour améliorer son dossier et retenter les écoles, Chloé semble dans "le flou total". "Quand on sort du bac, on peut se rattraper mais dans les études supérieures ça n’existe plus, il n’y a pas d’accompagnement", résume-t-elle. Ces deux exemples témoignent bien du désarroi que connaissent de nombreux étudiants en ce moment.

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Après le bac, plusieurs pistes sont possibles

Et en effet, pour les nouveaux bacheliers qui se retrouvent sur le carreau, de nombreuses pistes existent. Pour Dephine Riccio, psychologue de l’éducation nationale dans la région d’Orléans (45), l’objectif c’est d’arriver à un projet professionnel. "Ce qui est important c’est comment on construit son parcours. Il existe aujourd’hui plusieurs passerelles pour intégrer une école de commerce après un bac+2 ou 3, par exemple", précise-t-elle.

Si vous n’avez pas eu les concours d’école post-bac ou si vous n'avez pas été pris en L1 dans un IAE, vous pouvez toujours regarder les formations qui offrent des places dans la phase complémentaire de Parcoursup qui est ouverte depuis le 16 juin. "Tous les parcours sont possibles. Après un BTS ou un DUT vous pouvez faire une prépa ATS (adaptation technicien supérieur) qui permet de mieux se préparer et intégrer une grande école", estime la psychologue. Elle conseille aussi de regarder les formations possibles dans des petites villes qui peuvent être moins attractives que les grandes mais qui peuvent créer davantage de cohésion dans le "groupe classe".

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Au-delà des formations sélectives, vous pouvez évidemment vous orienter vers l’université qui peut vous offrir des parcours très intéressants. "À l’université, les étudiants développent leur autonomie qui est une qualité importante quand on veut faire un bac+5. Il y a aussi des possibilités de stage et d’expérience professionnelle qui permettront de vraiment construire son parcours et de l’enrichir en fonction des expériences de vie", estime Delphine Riccio.

Si vraiment, vous préférez retenter les concours pour entrer en écoles de commerce ou une sélection pour aller en IAE, vous pouvez opter pour un service civique. La question de la césure à ce stade n’est pas une option puisqu’il faut être accepté dans une école et y être inscrit avant que ce choix soit validé, rappelle la psychologue.

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