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Décryptage

La phase complémentaire sur Parcoursup, une stratégie payante ?

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En 2019, 71% des candidats avaient reçu au moins une réponse positive pendant la phase complémentaire. // © Adobe Stock/tinyakov
En 2019, 71% des candidats avaient reçu au moins une réponse positive pendant la phase complémentaire. // © Adobe Stock/tinyakov

Ouverte depuis le 16 juin, la phase complémentaire de Parcoursup permet aux candidats de faire jusqu’à dix nouveaux vœux dans les formations où il reste encore des places. Chiffres à l’appui, l’Etudiant a cherché à savoir si la stratégie de la "seconde chance" s’avère efficace.

La phase d’admission n’est pas encore terminée et pourtant, les candidats qui le souhaitent peuvent dès à présent formuler de nouveaux vœux sur Parcoursup. Depuis le 16 juin et jusqu’au 10 septembre prochain, les inscriptions pour la phase complémentaire sont ouvertes. L’objectif : proposer des places aux candidats qui sont encore sur liste d’attente, qui ont été refusés ou qui ne sont pas satisfaits des propositions d’admission qui leur ont été faites lors de la phase principale. Mais la phase complémentaire permet-elle réellement de contenter tout le monde ? Voici quelques éléments de réponses.

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70 à 80% des candidats reçoivent une proposition en phase complémentaire

En moyenne, 86% des candidats inscrits sur Parcoursup reçoivent au moins une proposition d’admission pendant la phase principale. Pour rappel, celle-ci s’étend de mi-mai à mi-juillet. La phase complémentaire, quant à elle, concerne huit fois moins de candidats et se déroule plus tard, de fin juin à début septembre. En 2018, près de 78% de candidats avaient reçu au moins une réponse positive pendant cette procédure. Ils étaient environ 71% en 2019. Les "chances" d’être admis en phase complémentaire sont donc légèrement plus faibles que pendant la phase principale.

Et pour cause, le nombre de places vacantes est plus faible. En 2018, 102.504 candidats étaient inscrits en phase complémentaire alors qu’il restait 118.000 places disponibles dans les formations. En revanche, en 2019, il y avait 115.000 candidats en phase complémentaire pour 92.700 places.

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Des formations majoritairement sélectives

Cette différence de taux d’acceptation entre la phase principale et la phase complémentaire s’explique aussi par les types de formations proposées. En 2018 et 2019, ce sont les BTS qui offraient le plus de places aux candidats pendant l’été. C’est d’ailleurs encore le cas cette année : le 17 juin, 4.682 BTS avaient des places disponibles sur les 6.984 formations présentes à l’ouverture de la phase complémentaire. Or, les BTS sont des formations sélectives qui peuvent refuser les candidats. Au contraire, pendant la phase principale, 68% des candidats ont sélectionné un vœu en licence (non sélective), ce qui leur permet d'être admis dans au moins une formation.

Autres formations disponibles également en phase complémentaire : les formations en apprentissage (dont l'admission dépend de l’obtention d’un contrat avec un employeur), les DUT, les prépas ou les écoles de commerce et d’ingénieurs. Toutes sélectives.

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Les candidats ont-ils vraiment obtenu satisfaction ?

Reste à savoir si les candidats qui ont sélectionné de nouveaux vœux en phase complémentaire sont réellement satisfaits des réponses obtenues ou s’il ne s’agit pas d’un choix par défaut. Parmi ceux qui s’y inscrivent, deux tiers ont déjà participé à la phase principale. Pour les nouveaux inscrits, il s’agit souvent d’étudiants en réorientation.

Mais à l’ouverture de la phase complémentaire, les déceptions se font sentir. Généralement, il ne reste plus de places dans les formations les plus plébiscitées tels que les licences de STAPS, de psycho, de santé (PASS – Parcours d’accès spécifique santé) ou les diplômes d’infirmier. En septembre 2019, 1.175 candidats n'avaient toujours pas trouvé de formation pour la rentrée, et ce malgré la phase complémentaire.

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Autre inconvénient : les candidats sont parfois obligés de postuler à des formations situées à plusieurs centaines de kilomètres de chez eux. C’est ce qu’a vécu l’année dernière Rémi, 20 ans. Refusé dans la majorité de ses vœux en DUT et BTS informatique lors de la phase principale, il n’a pas hésité une seconde à s’inscrire à la phase complémentaire. "J’ai refait beaucoup de vœux en BTS dans des formations qui correspondaient à ce que je voulais faire initialement, raconte-il. Le seul inconvénient, c’est la proximité géographique. J’ai fait des vœux à Paris et même à Toulouse alors que j’habite à Reims et que financièrement, je n’avais pas les moyens de partir trop loin."

Malgré ce frein financier, le bachelier n’a pas baissé les bras et a finalement reçu quatre propositions d’admission. En parallèle, il avait postulé à une école hors Parcoursup pour une formation en alternance. "J’ai refusé tous les BTS qui étaient vraiment très loin de chez moi pour ne conserver qu’un seul vœu sur Parcoursup, jusqu’au moment où j’ai décroché mon contrat. Je voulais être sûr d’avoir une formation à la rentrée." Depuis un an, Rémi étudie l’informatique dans une école d'ingénieurs. Malgré le stress lié à Parcoursup, l’étudiant estime avoir eu beaucoup de chance.

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