Covid-19 : comment la crise sanitaire a poussé des étudiants à se réorienter

Par Amélie Petitdemange, publié le 17 Mars 2022
5 min

Depuis deux ans, la crise sanitaire a bouleversé la vie quotidienne des Français. Pour les étudiants, le Covid a été un révélateur de la précarité pré-existante mais aussi des problématiques d'orientation. Deux ans après l'annonce du confinement en France, nous avons retrouvé Fanny et Alexis, que nous avions interviewés en octobre 2020, pour savoir où ils en étaient dans leurs études. Spoil alert : les deux étudiants ont totalement changé de voie.

En octobre 2020, Fanny était en deuxième année de droit à l'université Toulouse 1-Capitole. En pleine crise sanitaire, tous ses cours étaient passés à distance. "J’essayais de suivre les cours mais j’avais perdu le sens d’y aller et ça ne me plaisait plus vraiment. J’ai préféré arrêter et me concentrer sur ce que j’avais envie de faire". L'étudiante interrompt son cursus avant les partiels de janvier.

Les cours à distance, qu'elle a mal vécus à cette période, ont finalement eu un impact bénéfique sur son projet. "Le rythme est soutenu en fac de droit. Le fait d'être à distance, ça m'a permis de passer plus de temps chez moi et de prendre le temps de réfléchir. Je me suis rendu compte que ça ne me correspondait pas. Je ne me projetais pas dans un métier et ça n'avait pas de sens avec mon projet professionnel."

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Du droit à une formation d’éducatrice spécialisée

Titulaire d'un BAFA, la jeune femme se met à travailler dans l'animation à Toulouse. Elle tente ensuite les concours pour devenir éducatrice spécialisée, avec succès. "J'ai de la famille qui travaille dans le social donc j'avais déjà cette idée en tête. Mais j'avais raté les concours après la terminale".

Elle a finalement intégré une école d'éducateurs spécialisés cette année, dans laquelle elle s'épanouit. Les cours se déroulent 100% en présentiel et la théorie est complétée par de la pratique et des périodes de stage.

Fanny n'a pas été la seule à se réorienter à la faveur de la crise sanitaire. Autour d'elle, plusieurs amis se sont réorientés vers des formations plus courtes ou en alternance. D'autres ont arrêté leurs études.

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Arrêter ses études pour travailler

C'est notamment le cas d'Alexis, étudiant en première année d'anglais lorsque nous l'avions interviewé en octobre 2020, qui a choisi d'arrêter ses études. "ça ne me plaisait pas et la crise sanitaire n’a pas arrangé les choses. Les cours n'étaient pas suivis, j'ai été découragé", témoigne le jeune homme de 20 ans.

Après les partiels de janvier, il ne se rend plus en cours du jour au lendemain. "Je n'ai reçu aucun appel ou mail de la fac. Comme je ne répondais pas présent en cours et que je ne suis pas allé aux partiels, ils m'ont retiré de leurs listes", raconte Alexis.

Une période difficile s'ouvre alors. "Je n'ai pas fait grand-chose, j’étais souvent chez moi. Ce n'était pas facile de trouver un travail en plein Covid. Heureusement que mes amis et ma famille étaient là pour moi", se souvient-il. Il est finalement embauché dans la restauration, où il travaille toujours.

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Un impact de la crise sanitaire pour près d'un étudiant sur deux

Alexis pense se réorienter en BTS NRDC (Négociation et digitalisation de la relation client) en alternance ou continuer à travailler. "Avec la crise sanitaire, on ne sait pas de quoi demain va être fait. Je n'ai pas de projets de long terme. J'ai des pistes pour une alternance, mais je ne sais pas du tout ce que je voudrais faire après ce BTS".

La situation d’Alexis et Fanny est révélatrice : lors d’une étude réalisée par l’Observatoire de la vie étudiante à la fin de l’année scolaire 2020–2021, 10% des étudiants déclaraient vouloir abandonner leurs études ou l’avoir déjà fait et 13% envisageaient ou avaient enclenché un changement d’orientation. La crise sanitaire a ainsi affecté le choix d’une filière pour près d’un étudiant sur deux (45%), selon une étude 20 Minutes – OpinionWay publiée en mars dernier.

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