Un an de crise sanitaire : les étudiants témoignent

Par Clément Rocher, publié le 17 Mars 2021
6 min

Le 17 mars 2020, la France entière s'est retrouvée confinée une première fois. Cette mesure sanitaire de grande ampleur a eu pour conséquence la fermeture des établissements d'enseignement et le basculement des cours à distance. Nous avons interrogé quatre étudiants sur cette année marquée par des restrictions.

Un an déjà. Le 17 mars 2020 démarrait un confinement national par décision du président de la République afin de lutter contre l'épidémie du Covid-19. Cette mesure sanitaire exceptionnelle aura duré 1 mois et 28 jours. "La première période de confinement était la plus difficile, c'était tout nouveau, c'était presque la panique", témoigne Célia, étudiante en L1 STAPS à l'université de Lorraine.

Un an après, des restrictions sont toujours mises en place sur le territoire national comme la fermeture des restaurants et des salles de spectacle mais aussi l'instauration d'un couvre-feu à 18h. Des mesures qui limitent au minimum les interactions sociales. "Ne plus voir mes amis me manque un peu mais je me dis que ce n'est que partie remise. J'essaye de tirer du positif malgré la situation", confie Maxime, étudiant en PASS (parcours spécifique accès santé) à l'université de Grenoble.

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Cours à distance : une lassitude chez les étudiants

"Au début du premier confinement, on se disait que tout allait bien se passer et qu'on allait pouvoir repartir en cours. Je ne suis pas retourné sur le campus depuis mi-octobre" raconte Estéban, étudiant en première année du cycle ingénieur à l'Insa Centre-Val de Loire.

Mais le retour 100% en présentiel ne semble toujours pas à l'ordre du jour dans les établissements d'enseignement supérieur. "Maintenant, cela commence à faire long, c'est presque dans notre quotidien. Mais je le vis mieux parce qu'on commence à s'habituer", continue Célia, à la fois résignée et patiente.

"Je ne fais que du distanciel depuis le second confinement mais je le vis plutôt bien, raconte Maxime. Je m'étais préparé à ce que cette première année soit compliquée. J'ai envie de continuer dans cette voie-là pour devenir kiné."

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Des étudiants plus autonomes, plus organisés

Suivre les cours à distance a permis aux étudiants de gagner en autonomie. "Nous n'avons pas eu vraiment le choix. Je ne m'imaginais pas entrer à la fac dans ces conditions mais le confinement n'était pas une excuse pour rater mes études", soutient Célia.

Même combat pour Maxime qui ne veut pas que le distanciel devienne un obstacle à sa réussite. "Maintenant mon seul objectif est de réussir ma première année d'études de médecine. Le premier semestre m'a un peu mis en confiance", soutient le jeune homme.

"J'ai beaucoup gagné en organisation. Je me fais un programme chaque semaine et je me fixe des objectifs afin de tenir le rythme. Cela me permet de garder le fil. C'est quelque chose que je n'aurais pas pensé faire l'année dernière", continue l'étudiant en médecine.

Mais les étudiants interrogés reconnaissent que le distanciel a entraîné une augmentation du temps consacré aux écrans. "Le numérique c'est sympa quand on le pratique à petite dose mais on arrive à avoir des maux de tête et de la fatigue. Une vraie dépendance s'est créée depuis un an" souligne Estéban.

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Le sport en club mis sur la touche

D'autres restrictions jouent sur le moral des étudiants. La fermeture des clubs, salles de sport, des gymnases et piscines a des répercussions sur les étudiants. Pour Khalid, étudiant en première année de BTS MCO (Management commercial opérationnel) au lycée Carcado-Saisseval à Paris (75), l'arrêt du football en club lui a mis un coup. "J'y consacre beaucoup de temps d'habitude. Cela m'aurait beaucoup aidé psychologiquement d'avoir des entraînements pour garder le moral et trouver la motivation", estime le jeune homme.

Même constat pour Maxime qui pratique la natation et le tennis. "J'étais quand même quelqu’un de très sportif, mais j'ai rapidement pris du poids au début avec le distanciel. J'ai mieux réussi à m'organiser ensuite".

Les étudiants ont trouvé des alternatives pour se dépenser physiquement et pour décompresser de la journée. "Je vais courir pour bouger, c'est important de faire autre chose", témoigne Célia, qui pratiquait le tennis de table en club. "Je cours dans la forêt tous les deux-trois jours pour m'aérer" ajoute Maxime.

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Des étudiants plus que jamais mobilisés

Les étudiants veulent rester dans l'action. Esteban a rejoint le BNEI (Bureau national des élèves ingénieurs) en juin avant de prendre le poste de trésorier au sein de l'association fin novembre. "C'est un poste à responsabilité et qui demande pas mal de travail, mais comme tout est fermé, cela me laisse du temps. Je n'aurais pas pu m'investir autant dans l'associatif dans d'autres circonstances."

Khalid a de son côté intégré l'association L’Équipage Solidaire qui vient notamment en aide aux étudiants en situation de précarité par le biais de sa plateforme Delivr'aide. "Partir dans le milieu associatif m'a aidé à compenser le fait de ne plus faire de sport en club. J'ai retrouvé ce sens du collectif."

Le jeune homme livre des repas et des kits de protection Covid-19 aux étudiants de la région parisienne. "Faire six heures de bénévolat par semaine me permet de me sentir utile, d'être plus actif et de rester en contact avec des gens", poursuit-il.

Khalid envisage de terminer son BTS avant de rejoindre le domaine du social pour devenir éducateur. "Je suis allé dans cette filière un peu par défaut. Cette idée d'aller dans le social s'est amplifiée depuis que je suis membre de l'association, j'y ai vraiment pris goût."

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