Sciences po : des étudiants appellent à la démission du directeur

Par Dahvia Ouadia, publié le 07 Janvier 2021
4 min

Les révélations autour d’Olivier Duhamel, accusé d’inceste dans l'ouvrage de sa belle-fille "La Familia grande", ont un retentissement fort au sein de Sciences po. Alors que Frédéric Mion a reconnu avoir été alerté dès 2019, des étudiants demandent sa démission.

Sciences po Paris voit rouge… alors que l’affaire Duhamel soulève de nombreuses questions, la célèbre institution parisienne se trouve au cœur de la tempête. Dès les premières révélations, Olivier Duhamel mettait fin à ses missions en tant que président de la FNSP (Fondation nationale des sciences politiques) le 4 janvier. Dès le lendemain, la liste des membres du Conseil d'administration de la fondation était modifiée sur le site de l'école.

Après avoir fait part de "sa stupeur" dans un courrier adressé à sa communauté, Frédéric Mion a finalement avoué avoir été alerté dès 2019 par l’ancienne ministre Aurélie Filippetti, enseignante à Sciences po, dans un article du Monde publié le 6 janvier.

Le directeur de Sciences po "prêt à subir les conséquences"

Dans cet article, Frédéric Mion admet ne pas "avoir réagi après avoir été contacté par cette enseignante" : "Je n’ai pas percuté. Je n’ai pas entendu ce que cette personne cherchait à me dire. J’aurais dû aller trouver Olivier Duhamel. C’était un devoir élémentaire", précise-t-il au Monde.

Il annonce aussi prendre "toute la responsabilité de ce manque de prudence" et se dit "prêt à en subir les conséquences". Mais il précise que "cette faute s’arrête à [lui]", soucieux de préserver l’institution à laquelle il appartient.

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Appel à la démission

Après cette révélation, des étudiants et des syndicats appellent à la démission du directeur, sous le hashtag #miondemission. L’Unef accuse Frédéric Mion d’avoir "consciemment menti à deux reprises à toute la communauté de Sciences po".

"La première fois dans un communiqué du 5 janvier 2021, où il a affirmé avoir pris connaissance des faits 'avec stupeur'. La seconde fois, au CA de la FNSP, où il a réaffirmé sa méconnaissance des actes commis et a qualifié 'd’infamantes' toutes les rumeurs qui indiquaient le contraire", précise le syndicat étudiant dans un thread sur Twitter en date du 6 janvier.

Le collectif féministe "Garces" dénonce aussi les mensonges du directeur ainsi que le fait d'avoir choisi Olivier Duhamel pour la leçon inaugurale des élèves de première année du collège universitaire de Sciences po, en septembre 2020. "Si selon les mots de Frédéric Mion, 'le respect absolu de la personne, de la dignité, de son intégrité morale et physique, de son consentement est effectivement une valeur cardinale de Sciences po', alors il n'a plus sa place à la tête de cette école", estime le collectif.

Des étudiants se sont également rassemblés rue Saint-Guillaume, ce matin, pour appeler aussi à la démission de Frédéric Mion et dénoncer "ces comportements" qu’ils jugent intolérables pour l’école.

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